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Venise avec Jean-Claude Simoën

Le 14 février 2012 à 10:00 par Olivier Bellamy

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Editeur du fameux Dictionnaire amoureux, voyageur, écrivain, Jean-Claude Simoën connaît Venise comme sa poche. Pas la cité des cartes postales et des guides touristiques, mais la Sérénissime que l’on découvre peu à peu en respectant sa noblesse et son mystère. Aucun escalier, aucun tableau, aucun fait historique ne lui échappe, car il y vit une partie de l’année, il y fait son marché, il flâne, il musarde, il baguenaude ; il a tout lu, tout vu et ne cesse de relire, de revoir, car c’est ainsi qu’on aime. Il en parle comme le Narrateur décrivant Mme de Guermantes, avec un souci éperdu du détail.
Pour les amateurs de Don Giovanni, je conseille le Leporello de Salvatore Baccaloni (version Fritz Busch 1936), car on est entre la commedia dell’arte et le cinéma naturaliste italien. Son air du Catalogue est chanté avec un naturel déconcertant, avec une fantaisie qui décuple la cruauté de la situation : http://www.youtube.com/watch?v=YP_n2-mRNCc
Voici son programme :

Classiques :

1° VIVALDI concerto en la mineur pour basson et orchestre
RN 501 Allegro molto

2° CIMAROSA quatuor avec flute n° 1 en ré majeur – allegro moderato

3° MOZART « Don Giovanni » sextuor Acte 2 : Elvira, Leporello, Dona Anna
Zerlina, etc…

4° MONTEVERDI « La Jérusalem délivrée »

et court extrait de Cecilia Bartoli HAENDEL « Lascia ch’io pianga » Rinaldo

Les madeleines :

1° MOULOUDJI « Les feuilles mortes »

2° ART TATUM “Tea for two”

3° NAT KING COLE “Besa me mucho”

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Il y a 10 commentaires pour cet article :

1 Sandrine, le 14 février 2012 à 12:56 :

Mozart, Venise, si proches. Mozart, Venise, les masques. Le masque de la gaieté sur la tristesse, celui de la beauté temporelle sur une mort annoncée. Ville de l’instant présent, fugace, entre un passé fastueux, un avenir incertain, un élan pour vivre malgré l’usure du temps, malgré tout.
Ville profondément mélancolique, musique profondément légère, toutes deux miroirs de l’infinie fragilité et de l’infinie beauté de la condition humaine.

2 Sandrine, le 14 février 2012 à 14:27 :

Merci Olivier pour la référence de S. Baccaloni : quel raffinement dans l’art de la cruauté, les ricanements et l’air narquois……délicieux (même pour moi qui suis une femme, c’est dire !) !

3 Patrick Delaunay, le 14 février 2012 à 14:57 :

Captivant.
Titien, titan… favori. Il y a un avant et un après ; Giorgione ayant lâché tôt les pinceaux. C’est le plus moderne. Il invente la touche impressionniste, dans sa dernière phase. Déjà. Des suivants, Tintoret, Véronèse et le gigantisme. Rivalité, émulation ?
Comme je l’ai écrit ici il y a un mois (à l’encontre de Fa et Renny), il n’est pas du tout certain que se rencontrèrent à Prague Mozart et Casanova, ce dont l’invité doute aussi.
On en aurait trace dans les correspondances respectives.
@ 1 : joli
@ 2 : :)

4 Patrick Delaunay, le 14 février 2012 à 15:40 :

Rectificatif : Le Repas chez Levi a lieu à la Gallerie dell’Accademia de Venise. Ce qui se donne à déguster au Louvre, de Véronèse : Les Noces de Cana.
Nous y sommes conviés. C’est plus près.

5 HOLDRINET, le 14 février 2012 à 18:40 :

Une émission que j’ai appréciée, mais un peu bavarde à mon goût. Aussi a t’elle le mérite sans doute d’avoir suscité l’envie de découvrir ce joyau à ceux qui ne connaissent pas Venise.
Venise se découvre dans l’émotion, comme la peinture, la musique, dans le silence aussi. (je pourrais dire SA peinture, SA musique).
Tout à Venise invite à la flânerie, au temps suspendu.
.
Le programme musical choisi par l’invité était magnifique et nous accompagnait agréablement dans notre rêverie vénitienne .
Personnellement ces « dictionnaires amoureux » qui fleurissent en tous thèmes me font sourire.
Je n’aime pas le concept de cette collection.

6 COURTAUT.Monique, le 15 février 2012 à 15:09 :

Le Don Giovanni de Fritz Busch de 1936 a ,pour son époque ,bénéficié d’une prise de son exceptionnelle.On peut préférer tel ou tel Leporello,plus ou moins sérieux,ou bouffe,MA,MA,MA…des oreilles converties au renouveau baroque supportent mal les récitatifs joués au piano que Mozart n’a pu connaître.
Monteverdi n’est pas QUE Vénitien;il y arrive à 46 ans après une non négligeable carrière à Mantoue.
C’est un extrait de Vespro qui a remplacé la Jerusalem Délivrée.
Intéressante la remarque:avec le Couronnement de Poppée,M. abandonne les thèmes mythologiques pour le sujet historique!

7 Roberto Livadiotti, le 15 février 2012 à 17:27 :

J.C.Simoen éditeur des “Dictionnaires amoureux”. J’ai reçu comme cadeau de mon plus jeune fils, l’an dernier le “Dictionnaire amoureux de la Bible” de Didier Decoin, très intéressant. Simoen a parlé avec amour de Venise et de sa culture,peinture,musique…Il est vrai que Monteverdi n’est pas vénitien comme Vivaldi. Il est né à Crémone,mais il a passé les trente dernières années de sa vie à Venise.

8 Patrick Delaunay, le 17 février 2012 à 21:42 :

Suite 3, coda : Casanova et Da Ponte étaient liés. Le premier a pu collaborer à la rédaction du livret de Don Giovanni. C’est probable, sans être sûr.

9 marie-alsace, le 17 février 2012 à 22:49 :

@8, cher Watson, l’enquête est un peu légère et la conclusion décevante :-) lol

10 Patrick Delaunay, le 17 février 2012 à 23:24 :

Je ne peux pas faire mieux que les exégètes et limiers dont c’est le travail, payés pour. On devrait plutôt me remercier d’apporter, brièvement, une conclusion.
Pour finir, Mozart et Casanova ne se sont pas rencontrés à Prague, rien n’attestant l’inverse. Enfin, il ferait très beau en Alsace, s’il n’y faisait pas froid.
:)


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