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François Morel, de Molière à Schubert, et Flers de l’Orne

Le 17 janvier 2012 à 15:02 par Olivier Bellamy

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Il faut souvent être bigrement intelligent pour savoir bien jouer les andouilles. Ainsi, si François Morel n’aime rien tant que d’incarner les sots et les bécassons, et tellement bien qu’on le croirait montré du doigt dans sa cambrousse comme l’idiot du village, c’est un artiste complet, un être éduqué et fin qui aime faire le pitre de manière à révéler une face (farce) profonde de la condition humaine.
Les “comiques”, les vrais, les beaux, les grands, pas les censeurs médiatiques qui ont pris l’habit des modestes chansonniers pour faire ricaner une partie de la France contre l’autre, aiment se moquer des choses graves avec légèreté et générosité.
François Morel parle très bien de la légèreté, celle qui survole l’abîme avec hauteur, mais à hauteur d’homme, donc il est proche de Schubert, de Molière et de tous ceux qui regardent la vie et mort en face, c’est-à-dire l’essentiel des choses, avec le sourire.
Il faudra peut-être, cependant, qu’il aille un jour vers des rôles plus noirs, pas forcément pour avoir son “Tchao Pantin” comme on met une plume à son chapeau, mais pour élargir sa palette, car qui peut le plus peut le moins.
Voici son programme :
Ravel, Pavane pour une infante défunte, par exemple interprété par Alexandre Tharaud
Lully Marche pour la cérémonie des turcs
Schubert Fantasy D 940 opus 103 allegro molto moderato
La fileuse de Mendelsohn

Mes madeleines:
Carmina Burana
Les marionnettes de Christophe
Juanita Banana de Henri Salvador

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Il y a 2 commentaires pour cet article :

1 Renny, le 17 janvier 2012 à 18:37 :

Carmina Burana, pour moi, c’est le Codex Buranus, chants profanes et religieux composés par les Goliards dans la première moitié du XIII° siècle, chansons à boire et magnifiques chants d’amour accompagnés au luth, de préférence dans la version du Clemencic Consort (mais je ne connais pas celle d’Organum). Rien à voir avec la “division” Carl Orff.
(Harmonia Mundi, 1990).
François Morel demeure pour moi lié aux aventures théâtrales de Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps, avec Yolande Moreau et Cie. Je ne l’ai pas vu ailleurs.
Beaucoup ri avec Olivier de l’anecdote sur R. Bacri entendant à l’opéra l’air de Gilda et disant à son voisin: ah, mais je connais ça, c’est Juanita Banana! Mais pourquoi pas?
Et aimé: on n’est pas toujours obligé d’afficher le syndrome Tchao Pantin pour justifier le noble état d’artiste comique.

2 Patrick Delaunay, le 18 janvier 2012 à 15:36 :

Je pense depuis des années que c’est parce que la France a perdu son sens de l’humour, a peut-être même perdu tout humour (il y a à cela d’excellentes raisons, déraisonnables ?), que fleurissent, pullulent les comiques — qui, moi, souvent, me dépriment. Le côté métier (rentable ?) Chercher à faire rire toutes les quinze secondes. Le rire obligé fabriqué.
Il y a un manque à combler.
Ce qui sape le moral des Français, à mon sens, ce sont les journalistes, avec leurs infos !
:)
(Les derniers comiques fédérateurs : Coluche et… Gainsbourg.)


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