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Guy Carlier, haut les masques

Le 13 septembre 2011 à 15:35 par Olivier Bellamy

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“Je ne suis pas ce que l’on pense, je ne suis pas ce que l’on dit”, chantait Yvonne Printemps. Maintenant qu’il prend le risque de faire payer pour qu’on l’écoute, Guy Carlier aimerait bien qu’on oublie toutes les vacheries qu’il a pu dire sur les uns et sur les autres. Sitôt qu’il est sorti de l’anonymat, il a fait la cour aux personnalités qu’il admirait et a descendu en flammes celles qu’il détestait, ulcéré qu’elles puissent encore occuper l’espace public qu’il avait mis si longtemps à conquérir, oubliant que si elles étaient encore présentes dans le coeur du public, c’est peut-être qu’elles avaient des qualités et une utilité.
Confondant souvent méchanceté et talent, selon une habitude bien parisienne, il rentrait ses crocs et regardait l’oeil humide et le poil lustré tous ceux qui pouvaient lui être utile dans la poursuite de sa carrière. Ni Julien Lepers ni Elisabeth Teissier étaient à même de lui permettre d’escalader les marches de la célébrité, sinon en les transformant en cibles faciles de son ironie aiguisée.
Sauf si l’on a le courage de s’attaquer à des mythes, comme fait Laurent Gerra par exemple avec une verve époustouflante, s’attaquer aux faibles ou tracer une ligne entre l’axe du chic (dans lequel on veut s’inclure évidemment) et l’axe du bête (dans lequel on tombe malgré soi, car la bétaillère est indissociable des feux de la rampe) m’a toujours paru suspect.
A ce propos, une anecdote irrésistible : un jour Thierry Ardisson dit à Jean-Luc Godard : “Je vous adore, c’est grâce à vous que je fais de la télévision.” Et le cinéaste du Mépris et de Pierrot le fou de répondre : “Si vous m’adoriez autant que ça, vous ne feriez pas de télévision.”
Cela étant dit, Guy Carlier est une personne charmante, un grand affectif et quelqu’un avec lequel on ne s’ennuie pas. S’il lit ces quelques lignes, j’espère qu’il en rira, car l’humour devrait aller théoriquement dans les deux sens.
Voici son programme :

4 oeuvres classiques :

1) suite pour violoncelle de Bach par Rostropovitch enregistrée à Vézelay
2) John Dowland au choix
3) Das Veilchen de Mozart
4) Requiem de Mozart

madeleines

1- Pierre et le Loup Prokoviev
2 - Ouverture de Coriolan Beethoven
3 ‘ Air de la reine de la nuit Mozart
4 - Mouvement lent de la 7ème de Beethoven

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Il y a 15 commentaires pour cet article :

1 Guillemette, le 13 septembre 2011 à 15:52 :

Votre papier, Olivier, a la teneur que j’attendais en vous écoutant hier soir. Je vous ai senti assez peu convaincu par ce personnage qui fustige le politiquement correct - et qui pourtant en est le parangon- voire même agacé par lui quand il a égratigné un de vos amis… Quant à moi, j’ai trouvé que son discours ne passait pas du tout dans Passion Classique et que ses choix musicaux étaient archi convenus, comme si la qualité de l’émission pour une fois ne suffisait pas à racheter l’invité. Bas les masques.

2 Elise F.(36), le 13 septembre 2011 à 16:08 :

Je sors de ma réserve pour dire que je n’en attendais pas moins de notre Maestro. Je fulminais en écoutant hier ce personnage que je n’ai jamais apprécié aux propos toujours acerbes et d’une sensiblerie affligeante quand il est concerné (pleurer à 62ans parce qu’un metteur en scène lui fait remarquer qu’il est médiocre je n’en crois pas mes oreilles). Je rejoins Guillemette pour les choix musicaux.
Très cordialement.J’embrasse les ami(e)s les plus anciens de ce blog.

3 Florian Defontaine, le 13 septembre 2011 à 16:19 :

Belle émission !
l’invité faisait pourtant partie de ces hommes à la gachette facile ! Fichtre .
Mais point d’estocade sur l’onde classique dont les arias se contentent de tirer dans l’épat…ant .
Ici les ballets remplacent les balles , les lames se font archets et le bâton se fait baguette, dirigée par le maestro Bellamy , qui a joué la symphonie de la courtoisie sur les cordes de l’âme .
les versants de la provocation ont souvent donné ombrage à la pudeur selon moi .

En bref, Fût-ce un prélude à l’après-midi d’un ” fauve” ? Non, celui d’un agneau à la partition dénuée de canard .
Cordialement .

4 Erica Roche, le 13 septembre 2011 à 19:20 :

Je n’ai pas écouté l’émission et je ne connais ni les numéros de Guy Carlier ni les émissions de J Lepers - mais à lire le commentaire du Maestro et vos remarques, je n’ai pas l’impression d’avoir raté beaucoup de choses..Par contre, je suis ravie de vous retrouver, Elise, et j’espère que vous sortirez définitivement de votre réserve. Les choses et les gens qui vous ont fait du mal ne sont plus là et vous nous avez manqué.

5 Elise F.(36), le 13 septembre 2011 à 20:03 :

Ma chère Erica, mon silence est dû uniquement à mon ignorance devant la grande culture de vous tous !

6 Livadiotti Roberto, le 13 septembre 2011 à 20:32 :

Il était parfois un peu méchant,Guy Carlier,dans ses chroniques dans les émissions de L.Ruquier,mais il faut reconnaître qu’à notre époque,n’importe qui s’improvise en acteur,chanteur ou écrivain… Quant à ses choix musicaux,sans être d’une grande originalité,se trouvent presque tous chez les plus grands,Bach,Beethoven,Mozart…

7 c.holdrinet, le 13 septembre 2011 à 20:53 :

J’ai écouté, juste parce que j’étais curieuse de l’entendre dans un contexte tel que celui de PC.
Humoriste? pour ma part, il ne m’a jamais fait rire.
Un chroniqueur aux propos pour le moins acerbes, certes. La méchanceté n’a strictement rien à voir avec le talent. les humoristes talentueux n’y ont pas recours.
Un affectif, monsieur Carlier? Tendre peut être pour lui-même.

Elise, je fulminais aussi tellement, que mon message était sur word depuis ce matin, rédigé vite fait avant de m’absenter pour la journée; c’est presque un copié-collé du vôtre. Je m’en excuse.

Monsieur Carlier, que je cite:” n’est plus dans cette bétaillère; je suis passé à autrechose”.Le “bétail”, qui est-il?
Quatre madeleines pour monsieur Carlier,pour entendre trois mesures du bouleversant mouvement lent de la 7ième de Beethoven.

Quant à l’opportunisme malsain à l’extrème, auprès “de ceux qui pouvaient lui être utiles” (article d’Olivier)il ne me surprend pas non plus.
Non seulement vous n’avez rien manqué, Erica, mais ne le connaissant pas vous auriez vite abandonné. A part ses petites anecdotes, rrrrrien.

Elise, je suis moi aussi contente de vous lire.

8 marie-alsace, le 13 septembre 2011 à 22:15 :

Tous ces commentaires me laissent bien dubitative quant aux choix musicaux….j’aime bien Pierre et le Loup!!!

9 c.holdrinet, le 13 septembre 2011 à 22:24 :

Vous m’avez fait rire Marie….ça détend!
Procurez-vous le CD de Pierre et le loup, conté par Valérie Lemercier. Extra!

10 Eliane, le 13 septembre 2011 à 22:39 :

Moi aussi, je supputais les termes du papier d’Olivier, son retrait masqué et sa sympathie forcée tout au long de l’émission étaient un signe….. Je suis toujours aussi ignorante quand il s’agit de chroniques radio….madeleines particulières : on passe du rôti en croûte servi sur fond sonore de l’ouverture de Coriolan à JP Daroussin et le Pierre et le loup de Prokofiev ( l’enfance de beaucoup d’entre nous) pour déboucher sur l’air de la Reine de la nuit associé à la fameuse marque de riz et finir en beauté avec l’allegretto de la 7è de Beethoven : le triomphe de la vie., quand même!! C’est complètement surréaliste tout ce que j’ai entendu………, ce sont SES souvenirs associés à SES choix musicaux et je les respecte. Par contre La musique, il me semble, se fait de plus en plus discrète au profit du temps de parole et d’ anecdotes diverses….
Elise, coucou….revenez vite, Erica a raison et puis, plus les commentaires sont diversifiés, mieux c’est….

11 Sandrine bis, le 14 septembre 2011 à 00:13 :

N’étant pas finaude, j’avais naïvement pris le mot d’Olivier pour de l’humour « carliesque », bien que ne connaissant pas le détail de l’affaire; sinon pourquoi s’en prendrait-il lui aussi (ce qu’il condamne) à un faible (G Carlier ne me semble pas parmi les plus forts de ce monde)……sauf effectivement si l’on regarde la photo ci-dessus ! Olivier vous ne faites pas le poids et vous avez pris de gros risques…nous n’aimerions pas vous perdre dans des circonstances si dramatiques en cas de rébellion de l’adversaire…..comme je vous l’avais dit, je ne suis pas finaude… mais voulais juste apaiser les esprits qui se sont échauffés ci-dessus…

12 Renny, le 14 septembre 2011 à 03:02 :

Afin de “diversifier”, comme vous dites, Méliane (consensus étonnant de répulsion, ce mardi, envers un invité sans grand intérêt dans les billets des blogueurs, patron en tête), qu’on me permette de mettre les pieds dans le plat, si j’ose dire…: il m’a suffi d’imaginer ma très révérée reine de la nuit coiffée d’une casquette (de quoi a-t-il dit déjà?) pooussant ses hurlements dans un chaudron de riz gluant sous un kiosque des élégants jardins…bourgeois…bourguignons (?) et sous les yeux embués de la vieille diva nostalgique, pour être saisi d’une gaieté irrépressible, et sauver ainsi cette heure perdue (presque)! Tableau divin! “Surréaliste”, avez-vous dit? Merci Monsieur…Carlier(?)

13 Erica Roche, le 14 septembre 2011 à 17:54 :

Elise, vous m’avez déjà eu une fois avec votre amour de l’esquive - mais ça ne marche plus! Alors,armez vous de clavier et souris ou pavé tactile, et ne restez plus dans l’ombre.

14 christophe, le 14 septembre 2011 à 18:13 :

oui, c’est un petit monsieur, sans aucun intérêt… Ses anecdotes sont rabachées, il les racontait avec les mêmes mots le matin même sur France Musique. Gainsbourg pleurant derrière un confessionnal en écoutant “rostro”… Probablement inventée, d’ailleurs… Ses mots d’esprit sont faibles! la phrase “je suis aussi réellement méchant que Gérard Holz est vraiment gentil”… entendue aussi le matin sur FM! Ce monsieur faisait la promo de son spectacle, notre Olivier a fait de son mieux….

15 kty, le 25 septembre 2011 à 14:32 :

Intervenant peu, je n’ai pas du tout le même prisme que la plupart d’entre vous, je suis une béotienne, et je n’aborde les œuvres que par le ressenti, n’étant pas musicienne.Mais là … Attaquer une de mes idoles, je réagis …
Je suis très très surprise du papier de votre Maestro comme vous dites, le courant n’est pas passé entre eux, cela se lit et s’est entendu. J’adore le Maestro, j’aime sa générosité d’écoute si rarissime, et je ne comprends pas qu’il soit passé à côté de Carlier. Carlier a un talent d’écriture trempé dans l’acide et dans beaucoup de tendresse, ces chroniques (hors people) sont de petits scenaris, mais je peux comprendre que l’on passe à côté. Pour ma part je vais le voir sur scène la semaine prochaine et je m’en réjouis d’avance.
Cher Olivier, vous m’avez quelque peu contrariée sur ce post un peu “tendu” vous qui êtes si magnanime habituellement, mais je vous aime toujours … car vous c’est sur vous êtes un vrai gentil …


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