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Philippe Meyer, chroniqueur sachant chroniquer…

Le 10 septembre 2011 à 10:35 par Olivier Bellamy

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… pour des auditeurs sachant auditer, on connaît la chanson, très conseillée pour le coup. D’ailleurs, la prochaine fois, peut-être qu’il nous la chantera.
Philippe Meyer fait partie de ces invités qui nous font regretter amèrement le raccourcissement de notre rendez-vous quotidien et vespéral, car on l’écouterait des heures. Comme il semble le savoir, l’animal, il n’est pas avare de paroles, mais, plus rare, il sait aussi très bien écouter. Sa pratique de la conversation élevée au rang des beaux-arts nous rappelle un temps pas si lointain - ou certains coins de France où on la pratique encore assidûment - au cours duquel on prenait le temps, précisément, de butiner, de baguenauder, de tailler la bavette avec son interlocuteur sans avoir l’oeil rivé sur sa montre, en courant après notre propre futilité tout en croyant faire des choses très importantes.
Je l’imagine dans une famille assez exigeante sur le plan intellectuel, élevé plutôt à la dure, et lui essayant de passer entre les gouttes des obligations et des pressions, trop malin pour s’y opposer de front, et ayant gardé de ce zig-zag salvateur un goût pour les chemins de traverse (qui sentent la noise-e-ette), un dilettantisme funambulesque, buissonnier et souriant. Car on peut faire très bien plusieurs choses à la fois ou successivement et travailler dur tout en ayant la délicatesse de se faire passer pour un incorrigible paresseux se moquant de tout (sans s’oublier au passage) et n’étant dupe de rien. Philippe Meyer n’est pas un donneur de leçons comme la plupart des humoristes à la mode, mais un moraliste facétieux à la Jules Renard qui sait que l’impertinence sans un minimum de pertinence ne vaut pas cher. Car il est des vrais moralistes comme des vrais aristocrates : ils se donnent beaucoup de mal pour qu’on ne s’en rende pas compte. Noblesse oblige.
Voici son programme :
Tchaïkovski : Cinquième symphonie Orchestre de Leningrad dirigé par Mravinski 3e mvt
Tic toc choc de François Couperin par Marcelle Meyer ET par Georges Cziffra
Air de Colline dans la Bohême « Vecchia zimarra senti ».
Bach Partita N° 2 en do mineur Martha Argerich « Capriccio »

Madeleines
« La Truite » par Les Frères Jacques
L’Acte I scène 1 de Don Giovanni « Lasciatela indegno (Version Rosbaud)
Le Cantique de Racine de Fauré

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Il y a 25 commentaires pour cet article :

1 Florian Defontaine, le 10 septembre 2011 à 11:23 :

Le temps …
Ce sablier balayé par les plages entières radiophoniques de qualité comme vous en proposez, bercées par le roulis océanique musical … il est vrai que la conversation aurait pu s’étendre jusqu’aux aurores tant sa générosité et son humour ont été géniales ! Une météo pareille ne se refuse pas .
Quant au projet de monsieur Meyer, marier le TONNERRE des “orgues” avec le coup de FOUDRE des textes, cela donne ce que l’on appelle l’ECLAIR de génie ! Préserver la mémoire de ces chansons tendres , lourdes de double sens est une jolie mission .

cordialement !

2 c.holdrinet, le 10 septembre 2011 à 15:38 :

Oui, le temps … Sans doute avez-vous entendu parler de Marien Defalvard, 19ANS,
époustouflant à écouter et paraît-il à lire. Son premier roman sort maintenant en librairie: “Du temps qu’on existait”.
Peut-être le Marcel Proust du vingt et unième siècle?
Comme Eliane, je suis sous le charme de votre poésie, Florian.

Emission extra avec P.Meyer. On n’en doutait pas…intelligence, culture et drôle bien entendu.
Bon week-end à tous.

3 Livadiotti Roberto, le 10 septembre 2011 à 16:23 :

Même si je n’ai pas trop envie de parler des choix musicaux de P.Meyer,pourtant acceptables,je l’ai toujours apprécié comme chroniqueur à la radio,surtout lorsque vers la fin des années 80,il faisait une courte chronique de cinq minutes sur France Inter,tous les matins,chronique qui se terminait toujours par la phrase “Je vous souhaite le bonjour,nous vivons une époque moderne” et qui était une amusante critique des choses de notre époque. Quelqu’un s’en souvient-il parmi nos correspondants de ce blog?

4 c.holdrinet, le 10 septembre 2011 à 17:04 :

oui, moi Roberto, Sa phrase et le timbre de sa voix résonne encore à mon oreille!

5 Marie-France de Montpellier, le 10 septembre 2011 à 17:38 :

J’ai toujours apprécié Philippe Meyer sur France Inter et sur d’autres radios, j’aime particulièrement son humour ; c’est le genre de personne qui vous fait sourire, voire rire et vous met de bonne humeur et il en exsite de moins en moins. Avec notre cher Olivier, cela faisait un beau duo de personnages qui aiment rire et ne se prennent pas au sérieux. Philippe Meyer était notre rayon de soleil sur France Inter dans sa courte chronique. Roberto, je ne sais pas si la phrase qu’il prononçait à la fin était celle que vous citez, mais je n’ai pas une aussi bonne mémoire que la vôtre et c’est déjà bien de vous en souvenir. Ce fut un agréable moment, hélas trop court !

6 Marie-France de Montpellier, le 10 septembre 2011 à 17:44 :

Cher Roberto, votre citation est bien la bonne. Veuillez m’excuser. Si vous vous en souvenez, il commençait sa rubrique par : “Heureux habitants du Doubs et des autres départements français” (j’ai dû citer un département au hasard et j’aurais très bien pu dire de l’Hérault : le mien). Quel régal cet homme !!!

7 Erica Roche, le 10 septembre 2011 à 17:53 :

Justement, quand je parlais des chroniques de Philippe Meyer, c’étaient justement à celles de France Inter entre autres que je faisais allusion. Je pense qu’il existe un receuil de ces chroniques, mais sans le charme espiègle de sa voix ce n’est peut-être pas la même chose. J’ai eu l’occasion de le voir sur scène il y quelques années dans un petit spectacle où il mélangeait avec bonheur chansons, poèmes et anecdotes. Je l’adore - mais hier soir il m’a épuisé, tellement il parlait vite (et bien) - beaucoup d’effort d’oreille pour une pauvre anglaise! Merci à Olivier de l’avoir invité et espérons son retour à l’émission!

8 Erica Roche, le 10 septembre 2011 à 17:57 :

P.S. Son programme musical était parfait - surtout pour la superbe Marcelle Meyer - y aurait-il un lien de famille?

9 Eliane, le 10 septembre 2011 à 18:01 :

Enlevée, rieuse, et même chantée….Elle était si jolie la couleur de l’émission avec P Meyer : quelle énergie de parole !!! j’aimerais bien l’avoir à ma table lors des interminables soirées entre amis où nous refaisons toujours le monde jusque très tard dans la nuit pour finir le plus souvent en musique ( un petit boeuf), en chansons , en bavardages ….et….avec notre petit jeu favori ( doté de gages) : écouter un extrait de morceau et dire, le plus vite possible, le nom de l’oeuvre et du compositeur, minimum obligatoire…..
Je l’avoue, je ne suis pas une enfant de la radio, ….alors vous savez quoi? je ne connais pas l’ émission citée aux étages 3 et 4, pas plus que les autres animées par P Meyer….. Grande lacune..A la maison, quand on ne pratiquait pas la musique en famille ou que l’ on ne l’ écoutait pas religieusement …..il fallait lire, aucune radio. J’ai hérité de ce gène….j’écoute rarement la radio.

10 Marie-France de Montpellier, le 10 septembre 2011 à 18:09 :

Chère Eliane, si vous voulez un aperçu de la rubrique de Philippe Meyer sur France Inter, il y a un exemple sur You Tube.

11 Livadiotti Roberto, le 10 septembre 2011 à 23:06 :

Oui,Marie-France et Claudette,je vois que vous vous souvenez bien de ces émissions.Quelques années avant,j’écoutais tous les soirs “Les chroniques de la haine ordinaire” de Pierre Desproges et c’était vraiment le “top” dans le domaine de la dérision.

12 Françoise (40), le 10 septembre 2011 à 23:29 :

Pour faire suite au message de Marie-France (n°10), un exemple de sa chronique du matin sur you tube. Il m’arrivait de l’écouter … Bon dimanche à tous.
http://youtu.be/BA5hWMnI0oA

13 Eliane, le 11 septembre 2011 à 01:51 :

Merci youtube…..MERCI LES FILLES de venir combler cette lacune, bonne bouille effectivement ce P.Meyer…..
Je voulais vous offrir le kyrie de la petite messe solennelle de Rossini avec les soeurs Labèque au piano, elle ne figure pas dans les richesses de youtube, j’adore le tempo du piano qui rythme l’ensemble de cette messe qui n’est ni petite, ni solennelle , c’est tout à fait une messe bien dans son siècle et à l’image de son auteur gaie et ironique…
Alors je vous offre avec ce voyage d’hiver,MA version préférée du plus beau cycle Schubertien ; Schreier le ténor et Richter au piano ….ils vivent en grande complicité cette histoire désespérée de façon poignante et nous transmettent leur émotion…..un petit bijou de musique pour démarrer le Dimanche. (Il est 2H du matin…)
http://www.youtube.com/watch?v=O_eIFevlMaY

14 Itié, le 11 septembre 2011 à 10:17 :

Merci Éliane pour le lien Youtube . Magnifique interprétation d’un trés grand artiste . J’ai aussi écouté la version Dietrich F-D . Y sont attachés des commentaires vraiment pertinents de tmtstudio1983 , sur l’art et la voix de ce grand Dietrich , grand au sens propre et au figuré !

15 Eliane, le 11 septembre 2011 à 14:25 :

Oui Itié mais je préfère Schreier à Dietrich F-D…
En ce Dimanche gris et sombre ici, voici un moment de bonheur à ne pas rater. Cette Aubade de Poulenc est un plaisir à déguster…sans modération et Richter nous comble avec sa précision, son martèlement, son lyrisme, son humour décalé nécessaires à l’interprétation. La musique de Poulenc renferme une multitude de petits joyaux. Il suffit d’écouter son concert champêtre ( et c’est parti pour une journée à la campagne au bord de l’eau) interprété par Wanda Landowska……pour être convaincu. J’adore Poulenc!
http://www.youtube.com/watch?v=G-YidsN0B9A

16 c.holdrinet, le 11 septembre 2011 à 22:37 :

Merci, Eliane pour ce merveilleux “Gute Nacht”. La voix et le piano se mêlent complètement; l’un ne serait rien sans l’autre. Je l’écoute beaucoup, chanté par José Van Dam très émouvant aussi.

17 BAUDON Yves, le 12 septembre 2011 à 19:19 :

Bonsoir Olivier,
Votre émission est souvent de haute tenue, mais avec Philippe Meyer, avec qui vous avez une grande complicité, vous avez atteint des sommets, merci pour ces merveilleux instants encore bravo.
Amitiés.
Yves Baudon

18 COURTAUT.Monique, le 12 septembre 2011 à 19:36 :

La version originale voulue par Schubert est pour baryton,celle que chante Fischer -Dieskau et Hans Hotter,dans les anciens.La voix grave convient mieux au caractère sombre du texte et de la musique.De la même façon,La Belle Meunière est écrite pour tenor,le texte plus joyeux est merveilleusement interprêté par Wunderlich.

19 Renny, le 13 septembre 2011 à 03:33 :

[…]”Combien y aurait-il d’auditeurs, à l’écoute des premières mesures de la Sinfonietta de Janacek, qui reconnaîtraient immédiatement ce morceau? Disons: entre ‘très peu’ et ‘presque aucun’. Mais Aomamé, elle, pour une raison ou une autre, en était capable. […]
En écoutant cette musique, Aomamé imaginait les vents qui balayaient sans obstacle les plaines de Bohême et laissait ses pensées vagabonder sur l’Histoire. […] écoutait la musique avec attention. Elle se laissait envahir par les belles vibrations produites par l’unisson des bois. […]
Elle ferma les yeux et se concentra sur la musique. Aomamé ne savait pas quelle sorte d’homme était Janacek.” […]

Haruki Murakami. 1Q84. (Traduit du japonais par H. Morita). Ed. Belfond.

Cela vient de sortir. Livre sur la musique? Non. Livre musical? Certes. Livre double, à tous points de vue: deux volumes, deux univers parallèlement troubles, deux lunes, deux destins décalés mais curieusement harmonieux. Livre sur la dissonance. Le dernier de mes vacances, le premier de ma rentrée, dissonance aussi.

J’ai lu le blog aujourd’hui (plutôt hier, vu l’heure). Dissonance? Courage des opinions, frottements, résolution consonante, comme il se doit, et rétablissement harmonique ( et comme soulagé…on dirait) autour du brave Meyer, rassembleur sans le savoir: “waouh” (oui, je me contente de citations cette nuit, douce paresse) quelle sagesse, mes amis!
Quelques bribes poétiques, aussi. Ma foi, ça ne repart pas si mal!
Voyage d’Hiver: Monique a formellement raison, mais Eliane a saisi quelque chose de rare, dans la version Schreier/Richter: deux tourments frères sur le fil du rasoir, plus haut, plus clair, plus fragile avec, je me plais à l’imaginer, une réminiscence…rêvée du ténor Schubert!
Ecoutez aussi la version ( quasi blasphématoire pour certains révérends schubertiens) de Mademoiselle Stutzmann; matité, chaud-froid subtil de la voix, étrange masculinité, perfection d’atmosphère, “piano-soeur” de Södergren. A entendre plusieurs fois: pas de coup de foudre dans ce cas, ca prend du temps, ça vaut la peine, c’est étonnant, c’est à part.
La musique nous traverse de mille voix possibles.

20 Eliane, le 13 septembre 2011 à 11:21 :

juste un mot rapide pour faire une grosse bise à Renny (Solly me le permet…) son retour parmi nous ME COMBLE.;
J’ai écouté récemment chez Busnel avec grand plaisir, l’auteur de 1Q84, son bouquin, acheté aussitôt, se tient sur le dessus de la pile en attente…..de dégustation, vous lire va précipiter le geste.

21 c.holdrinet, le 13 septembre 2011 à 12:08 :

Qu’il est bon de vous retrouver Renny, comme Eliane, je suis COMBLEE en vous lisant. Je vais justement à la FNAC aujourd’hui…Merci pour ce conseil de lecture musicale.
Chez moi Eliane, il y a la pile en attente de lecture, et la pile déjà lue, en attente de trouver une place dans la bibliothèque…. Les piles de livres ne me dérangent pas.

22 COURTAUT.Monique, le 13 septembre 2011 à 13:20 :

J’ai découvert Janacek à Prague ,en chantant la Messe Glagolitique,à la salle Smetana,avec le chef de choeur de la Philharmonie Tchèque:Lubomir Matl.D’abord découverte d’une langue ,le slavon,de sonorités nouvelles,d’une orchestration puissante,avec des unissons de cordes caractéristiques,dans leur rythmique nerveuse.Le chef avait la seule partition éditée et qui tombait en lambeaux.A deux ,nous avons décidé ,pendant les pauses vocales de consolider la relique à l’aide de colle ,scotch…Notre émotion était grande de lire les annotations de Talich, Kubelik, Neumann,Ancerl,de couleur différente,avec la date,les indications de tempi,et ,autre joie, après le concert ,le chef m’a appelé dans sa loge pour me remettre ,les différentes versions discographiques!
Il y a 2remarquables livres sur Janacek,et surtout sa musique:écoutez les choeurs d’hommes par le choeur des instituteurs moraves chez Supraphone !

23 Eliane, le 13 septembre 2011 à 18:52 :

Claudette, c’est la même chose chez moi, il y en a partout, dans tous les sens, seul le temps me manque, je n’ai, pour l’instant, dans la semaine, que la nuit, après l’écoute du Maestro….je suis aussi une cinéphile, je vous conseille, en toute amitié, d’aller voir “Habemus Papam” Nanni Moretti se surpasse avec ses saynètes satiriques et son ton pince -sans -rire, quant à M Piccoli il est bouleversant. Je ne suis pas hors sujet puisque cinéaste fait partie du panel d’invités de notre Maestro préféré;

24 RENAUD, le 17 septembre 2011 à 00:25 :

un petit mot pour dire que j’apprécie beaucoup l’émission malheureusement je trouve qu’elle est de plus en plus saccagée par la pub et les annonces diverses. Cela est-il fatal ??? Il y

25 croizet jacqueline, le 21 septembre 2011 à 18:46 :

hélas trois fois hélas, je n’ai pu entendre
le duo Philippe MEYER et Olivier, ce devait être éblouissant avec ces deux orfèvres de la langue et de la culture musicale,j’espère pouvoir entendre la rediffusion prochaine!!!cordialement;jacqueline


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