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Boris Berezovsky, il est passé par ici, il repassera par là

Le 24 mai 2011 à 17:14 par Olivier Bellamy

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Les grands artistes nous donnent de grandes émotions en concert… et quelques frayeurs dans la vie. Alors que Boris Berezovsky attendait sagement l’heure de Passion Classique dans nos locaux, lisant, baguenaudant, bavardant pendant une bonne partie de l’après-midi, il a soudainement disparu à 17 h 40. Nous l’avons cherché partout, inspectant plusieurs fois de suite les toilettes, fouillant les moindres recoins. Nada ! Le fait qu’il avait laissé toutes ses affaires (cartes de crédit, livres, partitions, argent) dans un sac plastique, sur une table, nous a indiqué qu’il y avait peu de chances (élémentaire, mon cher Watson !)pour qu’il se soit sauvé en courant, pris d’un trac irrépressible et insurmontable. Véronique, Justine et Charlotte, nos fins limiers, se sont lancées sur ses traces et ont écumé le moindre bistrot, le moindre boui-boui dans des rues coupe-gorge du quartier Saint-Lazare. Finalement, il a franchi à nouveau le seuil de la radio à 18 h 40, pensant de bonne foi bénéficier de vingt minutes d’avance avant de passer sur le gril. Tout le monde a pu enfin respirer. A quand des bracelets électroniques pour les pianistes en goguette ?
Quant à son programme, ce ne fut pas une mince affaire de l’obtenir puisque les morceaux ont été choisis à la dernière minute par notre tsar et star du piano.
En bref : Shura Cherkassky, Vladimir Sofronitzki, Stasnislav Neuhaus, etc.

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Il y a 12 commentaires pour cet article :

1 Dominique, le 24 mai 2011 à 17:50 :

On entendait sourdre l’inquiétude à travers les propos (qui se voulaient rassurants) de notre journaliste préféré… “Le petit Boris est attendu au studio de Radio Classique… il ne lui sera fait aucun mal, il sera juste enfermé à clé pour ne plus s’échapper !”…
Finalement, IL est arrivé ! Oh oh! Mieux que Zorro ! Un sacré “gentleman” que ce sublime pianiste : pour l’émission qu’il pensait débuter à 19 H, il s’est présenté avec une demi-heure d’avance !…Chapeau ! Ouf ! On est en France, pas en Amérique!…
Merci Olivier pour cette émission qui m’a enchantée du début (et oui!) à la fin !

2 Dominique, le 24 mai 2011 à 18:03 :

Soyez indulgent, cher Olivier… il n’était à mon horloge que 18H35 et B.B. était déjà arrivé ! Bonne émission avec M. Malavoy… qui est là !!…

3 Eliane, le 24 mai 2011 à 18:06 :

C’est toujours plus confortable d’écrire au premier étage……à chaud, au coeur de la nuit surtout ……..lorsqu’il s’agit d’un pianiste…… dans une autre vie, je n’ai qu’ un seul souhait : atteindre un tel niveau de piano.
L’invité, se fait “désirer” ce soir, Boris Berezovsky : c’est géant, je pourrais en parler longuement pour l’avoir entendu de nombreuses fois et pour avoir eu la chance de discuter avec lui 2 fois à La Roque et surtout pas à une dédicace….il a un sens de l’humour remarquable !! Boris, il a le gabarit d’un joueur de rugby à l’ancienne et est capable de jouer, dans la même soirée dans, à peu près, toutes les configurations possibles : piano solo, piano avec violon et violoncelle, duos de pianos, quatre mains…….cet athlète du piano est doté d’une énergie formidable et d’une fougue toute russe, c’est un musicien sensible au toucher délicat capable de la plus subtile des finesses. il s’attaque à des oeuvres techniquement redoutables , comme Medner , Godowski et ses passages de virtuosité pour la main gauche, compositeur qu’il trouve beaucoup plus facile à interpréter que Chopin….c’est lui qui le dit.
Son nom est auréolé d’une immense réputation justifiée par sa virtuosité pianistique mais aussi par sa compréhension de la musique, notamment russe….Et comme il possède le goût du partage, avec Brigitte Engerer sa partenaire, il y a une admiration réciproque, une grande complicité, un respect, une grande amitié, tous deux font preuve de la même bravoure, du même appétit d’ogre quand ils s’emparent d’une oeuvre et emmènent le spectateur …….vers des sommets.
S’appeler Evelyne Berezovsky, suivre les traces de son père et se faire une place à l’ombre du merveilleux géant n’est pas choses aisée…et pourtant j’ai été impressionnée par le récital de cette jeune fille qui suggère si bien la féminité de Chopin, la sensualité de Schubert, la ferveur de Scriabine, avec le temps, les belles couleurs et sonorités s’affirmeront.
Un Chopin plein d’émotion sous les doigts du grand maître et magnifique pianiste S Neuhaus, Gershwin lui- même qui nous conduit dans cette contrée étrange entre classique et jazz avec Rhapsody in blue, V Sofronitsky dont les enregistrements sont à présent introuvables…..et un Boris modeste, sympathique, drôle, une émission à l’atmosphère décontractée, rieuse, pimentée par ce retard inattendu, et……. un Maestro qui gère avec panache toutes les situations……On en redemande ……………

4 Itié, le 24 mai 2011 à 19:51 :

Heureusement , depuis son studio transformé en ” panic room ” Olivier avait tout plein de bonnes choses pour nous sustenter !

5 Nelly, le 24 mai 2011 à 22:08 :

Non non! je n’ai pas abandonné le blog! mais pour ‘X’tarcas je ne pouvais venir! et hier première vrai reécoute avec mes nouveaux casques et…B.Bérezovsky pas là! J’ai souri puis j’ai ri sur tout quant il a dit: non! je croyais plus tard, 19h ou quelque chose comme çà.
Cela me fait plaisir de passer à nouveau. De toutes les façons impossible d’oublier Olivier Bellamy quand je croise régulièrement l’avenue du même nom à Royan en venant de Bordeaux ou bien en faisant les courses ici. Clin d’oeuil à vous cher Olivier et à tous mes amis.

6 Renny, le 25 mai 2011 à 01:18 :

Quel flegme et quelle flemme, ce charmant et désinvolte B.B.! Surtout imaginé en short et chemisette, tranquillou Baptistou touristou! Et que je te dis “tu”! Et que je rigole en catimini de ma bonne blague! Et que je te descends malicieusement et en douce les collègues: les tâtillons (Michelangeli!), les petits marteaux mécaniques (Sokolov), les légendes retardataires - 12 ans - et donc poussives (Richter!…oui, ça s’entend,dit-il - moi, je n’entends rien du tout!). Vive les libres, les faciles, les virtuoses (Martha, Nelson). Laissons aux autres quatre heures d’étude quotidienne, allons, nous, les libres, les faciles, musarder dans Paris jusqu’à plus d’heure!
Et, là, je m’agace un peu: faisons entendre les Grands Anciens, Sofronisky, Cherassky…, ça réveille les mémoires, c’est beau, ça rend un programme moins banal quoiqu’apparemment improvisé, et surtout ça ne fait pas d’ombre! (C’est une manie, incompréhensible pour moi, chez les Grands Invités Musiciens: qui sont vos idoles? Réponse récurrente: les Grands Morts Lointains). Presque tous font le coup: Jessye Norman, Jonas Kaufmann, j’en passe. Qu’ont-ils donc à perdre, ces Géants, à citer et faire entendre les “collègues” de leur génération ou mieux encore, les musiciens qu’ils trouveraient prometteurs?
Ah, ces génies! (Je me répète, je crois).
A part ça, sympathique, belle voix russe joyeuse, et bien sûr…immense pianiste, je ne l’oublie pas!( Eliane dit tout là-dessus)
Et il y avait la multivalse trilogique (nouveau titre) de Ravel, par les libres, les faciles, ceux du minuscule clan des hypergrands d’aujourd’hui…suivez mon regard! Hypnotique.
Méliane, n’ayez aucun regret: vous êtes sans doute une excellente pianiste, cela ne vous suffit-il pas? J’avais une amie, elle s’appelait Denise, qui était une pianiste amateur extraordinaire, pas parfaite, non, un petit accroc de temps à autre, un petit sourire, pas pro du tout, soulignant l’erreur minuscule, mais elle nous faisait pleurer, Schubert, Beethoven, Chopin et Liszt, ses dieux, la remerciaient de là-haut. Je revois ses mains potelées, si agiles, si raffinées…

7 Lily, le 25 mai 2011 à 13:26 :

Renny je suis en accord parfait avec vous,
et pour Richter je citerai Prokofiev « Richter le meilleur pianiste d’Union soviétique et en fait du monde entier »

8 Dominique, le 25 mai 2011 à 16:45 :

Bonjour Renny , comme l’a si formidablement présentée notre Méliane, trop modeste en ce monde, B.Bérézovsky “superbe” eût pu commencer par faire entendre sa fille, Evelyne, aux “belles couleurs” et “sonorités” prometteuses (je reprends volontairement certains termes de Méliane)…
Les relations père-fille, comme certaines ont pu les connaître, ne seraient apparemment pas toujours parfaites ?…
Bien amicalement.

9 Renny, le 25 mai 2011 à 21:12 :

Je ne m’aventurerai pas dans ce type de réflexion, chère Domino, je pensais plutôt aux jeunes pianistes en général. En l’occurence, pour Evelyne que je ne connais pas, je trouve assez naturel que B.B. demeure réservé, silencieux, peut-être par modestie, voire délicatesse. La question, de plus, n’a pas été posée. Amitiés.

10 Renny, le 25 mai 2011 à 21:14 :

…occurrence…

11 Dominique, le 25 mai 2011 à 22:30 :

Vous avez peut-être raison Renny, alors dans le doute, il faut s’abstenir… Pas de polémique, juste de la Musique. A bientôt.

12 Erica Roche, le 17 juin 2011 à 12:21 :

Hier j’ai pu entendre une œuvre de Shura Cherkassky - mais pas interprété par BB. Après 6 semaines d’internement forcé, j’ai donc donné l’ordre hier soir à mes pieds, toujours sensibles, de m’amener séance tenante Salle Pleyel. D’un pas hésitant, mais le cœur décidé, j’y suis donc arrivée sans encombre, accompagné non seulement de mon mari et de mes pieds mais aussi de mes énormes baskets “destroy”. Je m’étais dit que personne n’y prêterait attention, d’autant plus que le soliste de la soirée étant Jean-Yves Thibaudet, et que mon look destroy irait assez bien avec son look à lui. Pour commencer, l’Orchestre de Paris -en très grande forme - a interprété l’agréable ouverture “Russlan et Ludmilla”de Glinka. Le titre ne m’évoquait rien du tout avant, mais en fait la musique est très connue. Ensuite, J-Y T a interprété le Concerto pour piano en Re bémol majeur de Khatchaturian, autre œuvre que je ne connaissais pas du tout. J’avais envie d’entendre ce pianiste depuis très longtemps, tellement j’avais apprécié son enregistrement magistral de l’œuvre complète de Satie, entre autres. J’étais un peu déçue hier soir, pas du tout par lui mais plutôt par cette œuvre qui s’avère être une pièce virtuose d’où la sensibilité brille par son absence dans une avalanche d’effets arméno-hollywoodiens. Heureusement, en bis, il a interprété une courte mais superbe pièce écrite par Shura Cherkassky lorsqu’il avait 14 ans - avec une très grande délicatesse et sensibilité. Pour moi, l’incontestable point fort de la soirée n’était pas du tout en fait J-Y T, mais le très jeune chef d’orchestre japonais Kazuki Yamada. Du haut de ses 32 ans, il nous est apparu timide et souriant, arborant toutes les facéties de la politesse traditionnelle asiatique. Une fois la baguette en main il s’est transformé en personnage de manga, tantôt en danseur, tantôt en félin ou en guide spirituel, avec un charisme qui a transcendé l’Orchestre de Paris ainsi que le public, dans une interprétation magistrale de la “Pathétique”, ronde, belle et sensible, qui restera longtemps dans mon souvenir. Après la fin de la symphonie, la salle est restée totalement silencieuse et sans tousser pendant un long moment avant d’applaudir. Je pense que nous allons beaucoup entendre parler de Kazuki Yamada dans les années à venir.


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