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L’art, les gens, l’argent selon Nicolas Seydoux

Le 21 mai 2011 à 09:09 par Olivier Bellamy

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Président de la Gaumont, Nicolas Seydoux est issu d’une famille d’industriels alsaciens et protestants, les Schlumberger, qui lui ont transmis des valeurs d’une grande fermeté morale : c’est par son travail que l’on réussit, quel que soit le patrimoine de la famille. Contrairement à la tradition catholique, qui considère l’argent comme un tabou, les protestants enseignent à leur progéniture, dès le plus jeune âge, le soin de gérer ses profits et de les utiliser à bon escient. L’argent n’est pas honteux, il n’est pas défendu d’en avoir, il est simplement vulgaire de le montrer. Les catholiques ont tendance à le cacher, à culpabiliser et à dissimuler leurs appétits en la matière. D’où des déchirements à la Mauriac dans certaines familles. Les protestants n’ont pas ce problème. On connaît l’histoire : un bateau protestant et un bateau catholique sont partis d’Europe, le premier s’est installé à New York, le second à Rio. Voilà aussi pourquoi le Canada anglais est plus riche que le Canada français (qui est plus imaginatif) ou que les Wallons sont moins puissants financièrement (mais plus créatifs) que les Flamands.
Chez les juifs, pour des raisons historiques dues en grande partie au mépris pour l’usure des catholiques, l’argent est devenu, par la force des choses, un moyen de domination. On se souvient de Marek Halter nous expliquant dans Passion Classique que “la seule manière de réussir pour un juif était de devenir banquier ou violoniste”.
Nicolas Seydoux a également parlé de l’image de la femme pour les protestants. Elle est plus idéalisée dans les pays catholiques (l’image de Marie mère de Dieu), mais sans doute plus respectée, mieux intégrée dans les pays protestants. D’ailleurs, Marguerite Schlumberger, l’une de ses ancêtres, a été présidente des Droits de la Femme et a défendu la cause des prostituées.
L’argent, les femmes, la religion, autant d’éléments qui sont au centre de la tragédie Strauss-Kahn qui agite autant les esprits actuellement. Oui, ce qui nous est présenté comme une série télévisée est une vraie tragédie. Il faudrait un Eschyle pour la raconter, nous n’avons que des journalistes.
Voici le programme de Nicolas Seydoux :

1°) Jean Sébastien Bach : Cinquième concert Brandebourgeois

1 er morceau Allegro

Nikolaus Harnoncourt

2°) Georges Bizet : Carmen

L’amour est un oiseau rebelle

Maria Callas & Georges Prêtre, Orchestre de l?opéra de Paris

3°) Georg Friedrich Haendel : Le Messie

O thou that tellest good tidings

Kathleen Ferrier & Adrien Boult, London Philarmonic Orchestra

4°) Franz Joseph Haydn : Concero N°1 pour violoncelle

Troisième mouvement Allegro molto

Mstislav Rostropovitch & Iona Brown, Academy of St Martin in the fields

5°) Wolfgang Amadeus Mozart : Don Giovanni

Acte II, scène 3, N° 6 : Deh, vieni alla finestra mio tresoro

Ruggero Raimondi & Lorin Maazel, Orchestre national de l’Opéra de Paris

Trois madeleines musicales (Enfance, adolescence)

1°) Jean Sébastien Bach : Jésus que ma joie demeure

Marie Claire Alain, organiste

2°) Charlie Parker Mood (1948)
Charlie Parker et son orchestre

3°) Charles Gounod : Faust

Le grand air des bijoux

Kiri te Kanawa & Sir Colin Davis, Orchestre des Bayerischen Rundfunks

Trois thèmes

1°) La vie

Beethoven IX ème symphonie

Ode à la Joie, Choral

Karajan et l’orchestre de Berlin

2°) L’amour

Certains l’aiment chaud

I Wanna Be loved by you

Marylin Monroe & Matty Malneck et son orchestre

3°) La mort

Schubert : Ave Maria

Barbara Hendricks & Sir Neville Marriner, Royal Philarmonic Orchestra

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Il y a 14 commentaires pour cet article :

1 Renny, le 21 mai 2011 à 10:19 :

Un beau programme. Surtout le concerto de violoncelle de Papa Haydn, et Rostro: le sang se met tout de suite à circuler plus vite dans les veines, le coeur se réjouit, le cerveau s’éclaircit, le ciel est plus bleu, l’air plus léger, le soleil plus doré, les gens plus beaux, l’imagination plus vive, vous pouvez repartir à vos occupations: rien n’est plus ennuyeux, vos gestes sont fluides, vous faites les choses gaîment, vous devenez meilleur, tout réussit, vous devenez le Slava, le Joseph de votre propre vie. Vous vous appelez Amadeus!

2 Dominique, le 21 mai 2011 à 11:16 :

… Après toutes ces merveilles de la Vie, Renny, je vous souhaite un très bon week-end, ainsi qu’au Maître de ce blog et à tous ses intervenants. Bien amicalement.

3 Anne., le 21 mai 2011 à 15:13 :

j’allais mettre un petit mot à propos du concerto pour violoncelle, mais Renny a dit les choses infiniment mieux que moi! Bon week-end à tous!

4 Samuel Rosenfeld, le 21 mai 2011 à 21:37 :

Bien parlé Renny, concernant le concerto pour violoncelle de Haydn, Samuel Rosenfeld vous bénit et lira votre billet demain comme sermon du dimanche à l’Eglise Nouvelle Samuel Rosenfeld. Dans un mois, pour l’arrivée de l’été, il est d’usage comme chaque année que l’Eglise Nouvelle Samuel Rosenfeld immole un chanteur de variété. Viendrez-vous? En prime Samuel Rosenfeld peut vous promettre qu’Il vous laissera vous-même crever les pneus de Michel Sardou et entartrer Francis Cabrel.
Puisqu’il est question des Juifs dans le billet toujours brillant du tenancier, Samuel Rosenfeld partage avec vous, petites gens, vous qui lisez Guillaume Musso et Marc Levy, Samuel Rosenfeld, donc, vous donne à lire un peu d’Albert Cohen, qui est l’écrivain favori de Samuel Rosenfeld. Nous sommes dans le premier roman de Cohen, “Solal”, à un moment où les juifs de la famille du jeune Solal viennent lui rendre visite au ministère où ce dernier travaille. Face au cortège de ces Juifs hauts en couleurs, attifés comme des guignols, complètement pieds nickelés, drôles, le futur beau père de Solal, Monsieur de Maussane, est scandalisé. C’est donc de ce peuple-là que vient Solal… “Dans la pièce obscure, Solal songeait à ce que venait de lui dire Maussane. “Vous allez déguerpir avec votre smalah. Naturellement, ces histoires de fiançailles, une plaisanterie. (…)”. Pourquoi ce réveil de Maussane, pourquoi cette brusque méchanceté? Un peuple rieur, poétique, famélique, excessif et désespéré ne méritait-il pas autant de respect que leurs cohortes mécaniques et policées?”. Dieu que cela est bien dit!

5 Livadiotti Roberto, le 22 mai 2011 à 00:09 :

Pas mal comme programme,mais pourquoi s’acharnent-ils,comme aussi la belle Carla Bruni-Sarkozy,à mettre l’Ave Maria de Schubert dans une musique évoquant la mort,alors qu’au contraire,l’Ave Maria devrait symboliser la vie?

6 Livadiotti Roberto, le 22 mai 2011 à 00:09 :

Pas mal comme programme,mais pourquoi s’acharnent-ils,comme aussi la belle Carla Bruni-Sarkozy,à mettre l’Ave Maria de Schubert dans une musique évoquant la mort,alors qu’au contraire,l’Ave Maria devrait symboliser la vie?

7 Eliane, le 22 mai 2011 à 00:35 :

Dans la tétralogie des livres d’A Cohen, “Belle du Seigneur”est considéré comme le grand chef d’oeuvre du xxè siècle. IL nous raconte une flamboyante passion entre Solal (le juif séducteur) et Ariane (la protestante) passion qui peu à peu va se détruire. Si ce livre est un hymne à la femme , à sa beauté c’est aussi et un merveilleux roman d’amour qui se tient sur ma table de chevet en compagnie d’un autre chef-d’oeuvre “l’homme sans qualités” de R Musil.

8 Lily, le 22 mai 2011 à 08:14 :

Ah il est diablement fort Samuel Rosenfeld de l’EN car il s’est parfaitement bien fait comprendre.
J’applaudis … et pour Solal et pour Albert Cohen bien sûr.

9 Lily, le 22 mai 2011 à 09:34 :

et pour qui aura la chance de pouvoir la fêter bientôt, « le livre de ma mère » du même A. Cohen, bel hommage à l’amour d’une mère, ( pardon si vous connaissez déjà).

10 marie-alsace, le 23 mai 2011 à 18:24 :

Un petit commentaire sur la religion et la musique, ne soyons pas matérialiste….
En pleine tourmente anti juive en Prusse, un ami de Goethe disait de Felix Mendelssohn « eppes rores (une chose rare) qu’un petit juif devienne artiste » et il est attribué cette phrase à Mendelssohn lorsqu’il a bataillé pour « ressusciter » la passion selon St Matthieu de Bach « il fallait que ce fût un juif qui ressuscitât la quintessence de la musique chrétienne… »
Felix Mendelssohn était de confession chrétienne (protestant) mais le petit fils du premier grand philosophe juif allemand
A méditer, je trouve !!!!

11 Livadiotti Roberto, le 23 mai 2011 à 21:31 :

Oui,Félix Mendelssohn était le petit-fils d’un philosophe juif allemand,mais le père du grand compositeur qui était banquier,je crois,s’était converti au christianisme(protestant)et avait rajouté au nom de famille,”Bartholdy”. C’est pourquoi on dit Félix Mendelssohn-Bartholdy

12 Livadiotti Roberto, le 23 mai 2011 à 21:39 :

…Le rectangle dans lequel j’écrivais s’est bloqué et je n’ai pu continuer mon commentaire. Félix Mendelssohn,était aussi un remarquable chef d’orchestre et l’ami de Robert Schumann. Non seulement il a révélé “La Passion” de Bach,mais il a aussi composé des oratorios chrétiens “Paulus” et “Elias”.Pas étonnant qu’un juif converti au christianisme ait révélé une chef d’oeuvre de musique sacrée chrétienne. Monseigneur Lustiger était aussi d’origine juive.

13 marie-alsace, le 23 mai 2011 à 22:01 :

Roberto, sans vous vexer je l’espère, pour moi, cela relève de l’absurdité de notre monde (et je m’arrête là pour éviter toute polémique). Je me permettrai juste de rappeler que le juif du 19ème siècle vivant en Prusse se convertissait pour exister et plus précisément pour accéder à la langue, à la culture allemande et à des professions interdites!!! Point d’histoire rapide et incomplet ( le parallèle avec Mr Lustiger…..j’avoue !!!!)

14 Livadiotti Roberto, le 23 mai 2011 à 22:48 :

Oui,Marie-alsace,j’allais rajouter que le père de Félix Mendelssohn s’était converti pour pouvoir mieux mener ses affaires et non par conviction religieuse,probablement,ce qui le différencie de Monseigneur Lustiger,qui en parlant des juifs,les appelait “nos frères ainés”. Vous avez raison de le remarquer.


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