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Xavier Darcos, “De la musique avant toute chose”

Le 29 avril 2011 à 10:03 par Olivier Bellamy

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Ambassadeur, ancien ministre, organiste et pianiste, Xavier Darcos vient de publier une Anthologie historique de la poésie française, intelligemment commentée, qui va de Guillaume d’Aquitaine à notre confrère et ami Alain Duault.
La feuilleter, c’est retrouver son enfance, lorsque nous récitions sur les bancs de l’école :
“C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.”
N’avons-nous pas frémi de découvrir ces “deux trous rouges au côté droit” infligés par Rimbaud au jeune soldat, tête nue, en guise de dérisoires décorations pour son courage.
N’avons-nous pas éprouvé nos premières impressions musicales qui “fixent le vertige” en ânonnant maladroitement :
“Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur”
maudissant Verlaine et jetant des regards désespérés, à la première hésitation, vers les bons élèves des premiers rangs qui refusaient obstinément de nous aider avec une joie muette, pour rendre plus éclatant leur triomphe à venir.
Ne nous sommes-nous pas identifiés à cet Albatros baudelairien “Qui hante la tempête et se rit de l’archer / Exilé sur le sol au milieu des huées”, n’avons-nous pas fait nôtre la mélancolie mallarméenne en lisant “La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres”, nous qui ne connaissions rien de la chair et qui avions lu si peu de livres, n’avons-nous pas connu la peur de perdre nos proches et entrevu le désespoir en répétant inlassablement :
“La biche brame au clair de lune
Et pleure à se faire fondre les yeux
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.”
Rachmaninov a eu bien raison de dire que la soeur de la musique est la poésie et que sa mère est le chagrin.
Voici le programme de Xavier Darcos :

J.-S. BACH
La première des Sonates en trio pour orgue, en mi majeur, BWV 525
ou
Une des grandes fugues (par exemple celle de Toccata, adagio et fugue en do maj., BWV 564)

Giacomo PUCCINI
La fin du premier acte de Tosca

Francis POULENC
Concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales (1er mouvement)

Gustav MALHER
Das Lied von der Erde (« Le chant de la terre »), notamment Von der Jugend (« De la jeunesse »), et Von der Schönheit (« De la beauté »)

Johannes BRAHMS
Symphonie n° 3 (3ème mouvement, poco allegretto)

3 madeleines

Gabriel FAURÉ
« Les roses d’Ispahan », mélodie sur un texte de Leconte de Lisle

Franz SCHUBERT
Un des Moments musicaux ou le premier lied du cycle « Die schöne Müllerin »

Un air de Fado

La vie
Ludwig van BEETHOVEN
Symphonie n°6, 2ème mouvement (« Scène au bord du ruisseau »)

L’amour
Camille SAINT-SAENS, Samson et Dalila
« Mon cœur s’ouvre à ta voix »

La mort
Franz SCHUBERT
Trio piano, violon, violoncelle n° 2 en mi bémol, op. 100, 4ème mouvement

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Il y a 17 commentaires pour cet article :

1 de La Fresnaye Eric, le 29 avril 2011 à 10:30 :

Olivier, un vrai régal que cette interview de Xavier Darcos et là encore quel talent vous avez pour le mettre en valeur, le rendre intelligent et par là même nous donner l’illusion que nous même le sommes.
J’ai bien une suggestion pour vous : pourquoi ne pas inviter une fois par quinzaine un anonyme devenant l’”anonyme de passion classique”. Il prépare et choisit son programme, il travaille quelques sujets avec vous (vous lui faites d’ailleurs passer un premier entretien test et éliminatoire) de 10mns et vous lui donnez l’occcasion unique de partager ses émotions. Pour vous c’est une nouvel angle de vue que de pouvoir apprécier la passion de vrais amateurs anonymes. Et bien sûr, je suis le premier volontaire… Au plaisir de vous lire et de vous entendre. Eric.
PS Même si ma suggestion ne se fait pas, pas d’inquiétude, je continuerai de vous écouter…

2 Dominique, le 29 avril 2011 à 11:49 :

Je me permets de rajouter une strophe des “Méditations poétiques” de Lamartine, lues et apprises aussi à l’adolescence. Rachmaninov avait tellement raison !
“Aimons donc, aimons donc ! De l’heure fugitive
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule et nous passons!”

3 Dominique, le 29 avril 2011 à 12:31 :

Ou Victor Hugo pour Léopoldine dans “Les contemplations”, mais là sans musique, puisqu’il n’en voulait pas sur ses vers :
“On déjeune en lisant son journal ; tout le jour
On mêle à sa pensée, espoir, travail, amour ;
La vie arrive avec ses passions troublées ;
On jette sa parole aux sombres assemblées ;
Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend,
On se sent faible et fort, on est petit et grand ;
On est flot dans la foule, âme dans la tempête ;
Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fête ;
On arrive, on recule, on lutte avec effort…
Puis le vaste et profond silence de la mort !”
[…]
…Que de larmes et poignantes douleurs Nous ont appris nos maîtres professeurs…

4 Dominique, le 29 avril 2011 à 12:38 :

Pardon pour la faute, je corrige :
Que de sanglots et poignantes douleurs
Nous ont appris nos maîtres professeurs…
Amicalement et sans prétention.

5 Livadiotti Roberto, le 29 avril 2011 à 14:53 :

C’aurait pu être un bon programme,accompagné de commentaires intéressants sur la poésie,si X.Darcos avait choisi un autre morceau de Brahms que ce 3e mvt de sa 3e Symphonie,archi-entendu sur radio classique et sur leurs pubs répétitives et lancinantes!Il y a tant d’autre belle musique dans l’oeuvre de Brahms.Par contre son choix de la fin du 1er acte de “Tosca” de Puccini est bon,car c’est sans doute un des plus beaux passages de cet Opera.

6 dominique ALLARD, le 29 avril 2011 à 18:05 :

quelle merveilleuse idée que d’avoir associé musique classique et poésie, qui mieux que Xavier DARCOS pouvait faire passer autant d’émotion autour de ces morceaux choisis pour le plus grand plaisir de vos fidèles auditeurs.
Bravo.
Dominique Allard

7 marie-alsace, le 29 avril 2011 à 20:28 :

Finalement, je préfère mille fois écouter X.Darcos en poète et musicien que lors d’un discours politique!!! J’ai bien aimé son programme musical. Roberto, le choix de la 3ème symphonie de Brahms -peut être n’a t-il pas pu résister, à « cette démagogie du politicien » envers les électeurs(euh non les auditeurs….!!), par habitude. Mes choix préférés étaient le concerto pour orgue…. de Poulenc prématurément interrompu, par les «indispensables informations barbantes » et le Chant de la Terre de Mahler, sans oublier Saint Saëns (même si …..il y avait encore un peu de démagogie « envoyée » aux auditeurs….ah quand la politique me tient). Enfin c’était une émission plaisante à écouter, à la différence de ce soir avec un G.Musso « bof bof » ennuyeux, banal…..

8 Guillemette, le 29 avril 2011 à 21:56 :

J’en ai longtemps voulu à Xavier Darcos, comme ministre de l’Education Nationale d’avoir laissé tomber la réforme de son prédécesseur ( Monsieur de Robien, si mes souvenirs sont bons)qui avait courageusement tenté d’”éradiquer” la méthode de lecture globale, alors que celle-ci a fait des ravages sur des générations d’élèves. Mais, comme invité de PC, je l’ai trouvé très agréable voire même assez passionnant !

9 c.holdrinet, le 29 avril 2011 à 22:43 :

Un beau moment culturel, cette émission,litteraire et musicale.
J’ai été moyennement sensible à ses choix musicaux toutefois, mais il a commenté chacun d’eux avec érudition et de manière tellement intéressante.

10 Erica Roche, le 30 avril 2011 à 19:04 :

Si tous les professeurs de littérature française et même d’initiation à la musique classique avaient le même fougue talentueux et la belle voix de Xavier Darcos, il y aurait beaucoup plus d’élèves dans les sections littéraires et musicales dans les lycées. Oublions le ministre, et saluons le pédagogue! Superbe programme à part le Brahms - là je rejoins tout à fait l’ami Roberto.

11 Itié, le 30 avril 2011 à 19:54 :

Excellente émission pour moi aussi . L’expression de son amour pour son épouse (2 fois ) m’a particulièrement touchée .

12 Livadiotti Roberto, le 30 avril 2011 à 20:52 :

Oui,chère Erica,nous sommes d’accord,et je le suis aussi avec vous à propos de la voix d’Evgeny Kissin qui m’aurait semblé être la voix d’un autiste,par la façon qu’il avait de prononcer les mots.Quant à son programme musical,j’ai plus ou moins apprécié sans plus.Je n’arrive toujours pas à aimer la musique de Chostakovitch.

13 Erica Roche, le 30 avril 2011 à 22:45 :

Je pense que pour commencer un peu à apprécier Chostakovitch, cher Roberto, il faudrait l’entendre en concert avec un bon orchestre et un bon chef - ça change totalement la donne par rapport au disque. C’est arrivé comme ça pour moi, pas par calcul, et j’adore écouter ce compositeur en concert mais je ne l’écouterais jamais chez moi!

14 weber, le 02 mai 2011 à 17:10 :

De jeunes enfants à fond de cale pour le trie de poissons…Bien sûr que cela plombe l’émission mais l’information nous poursuit dans ce cauchemar!

15 c.holdrinet, le 02 mai 2011 à 18:15 :

Weber, pardon mais je ne comprends pas de quoi vous parlez?

16 Djeff, le 08 mai 2011 à 19:08 :

De très agréables moments, et surtout à l’opposé extrême de ceux qu’un ” dégraisseur” a pu tenir quelques jours plus tard.
Cela ne doit pas faire penser que ma sensibilité soit TOUJOURS en accord avec celle de M.l’Inspecteur Général DARCOS devenu Ministre, sous couvert de M.le Ministre Luc Ferry et en compagnie de sa Collègue Claudie Haigneré (loin de là), mais j’avoue avoir écouté avec passion quelqu’un qui m’a rappelé un peu M.l’Inspecteur Général Laurent MICHARD -de la collection bien connue- , avec lequel j’avais même pourrait-on dire des relations familiales par l’intermédiaire d’une très proche parente…
Merci, Olivier, pour ce bon moment !

17 Ducros Marc, le 08 mai 2011 à 21:52 :

Vous aimez je crois la poésie; La poésie contemporaine a parfois du mal a émergé. Je peux vous envoyer avec plaisir et en espérant que vous aurez peut-être le temps de les écouter, deux disques que nous avons produits: “L’Oeil en Clin” de Denis Jaillon, lu par Francis Lalanne et Sophie Loubière, et “Pensées d’un homme” de Jean de Baulhoo.


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