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François Zimeray, idéalisme et réalité

Le 27 avril 2011 à 14:45 par Olivier Bellamy

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Ambassadeur de France en charge des Droits de l’Homme, François Zimeray semble avoir trouvé le ton juste, entre conviction, et modestie, idéal et réalisme, pour mener à bien une mission qui évoque tour à tour les Douze Travaux d’Hercule, le Tonneau des Danaïdes ou le Rocher de Sisyphe.
Son langage n’est pas trop pollué par le prudent sabir du Quai d’Orsay. Il sait raconter avec justesse et émotion les scènes qui l’ont le plus marqué : la souffrance des enfants, l’humiliation des femmes, la misère ; mais nous rappelle deux vérités fortes que l’on se doit de méditer : 1. Il faut avoir le souci du mot juste pour éviter, avec ses mots excessifs, “d’ajouter au malheur au monde” (Albert Camus). Ainsi, François Zimeray a rappelé que plus on s’éloigne géographiquement d’un conflit réel fortement médiatisé, plus on trouve une violence verbale hors de propos avec la réalité et une récupération moralement indigne - 2. On trouve l’expression d’un grand bonheur et d’authentique joie de vivre dans les régions les plus pauvres du monde. Lorsqu’un amiral anglais est arrivé en Australie, il a été surpris par le fait que les Aborigènes semblaient beaucoup plus heureux que ses compatriotes ; on connaît la suite… Ajoutons que le prestige de notre modèle occidental en prend un coup lorsqu’on voit avec quelle humaine douceur les Africains traitent leurs personnes âgées. Cela dit, pas de romantisme ou d’idéalisation forcenée, le Mal et la brutalité rôdent partout, simplement le bien-être et le niveau de vie ne sont pas forcément deux routes parallèles, n’en déplaise aux beaux esprits qui pérorent sous nos latitudes et dont l’angélisme narcissique ressemble à s’y tromper à un cynisme renversé.
Pour en revenir à la musique, je me souviens subitement de ce qu’avait dit Christian Jacq, dans Passion Classique, avec une grande justesse : “le génie de Mozart repose sur une connaissance et une acceptation du réel”, palier indispensable pour parvenir à une réelle transcendance, qui ne doit pas servir à travestir une fuite du réel, précisément. Car sinon, c’est la névrose, voire la psychose.
Les opéras de Mozart parviennent au sublime tout en racontant des choses très simples : un couple qui mesure sa chambre à coucher, un seigneur qui tente de séduire une paysanne, etc. C’est cette connaissance du réel qui aura manqué à Beethoven dans son Fidelio, qui est un opéra raté (même si la musique est belle et que Beethoven est un génie) pour cause d’idéalisme forcené sans une acceptation préalable du réel. N’en déplaise à ceux qui, comme Gérard Mortier, portent cet opéra au plus haut parce qu’une vision idéologique de l’art (donc des choses humaines) conduit irrémédiablement à obscurcir son jugement.
Voici le programme de François Zimeray :
morceaux classiques :
- Mélodie hongroise de Schubert
- Nocturne op. 55 n°1, Chopin
- 1ère Gnossienne, Erik Satie
- Symphonie n°5 de Mahler

3 madeleines :
- “Alger, Alger” de Lili Boniche
- “School”, Supertramp
- “Heure exquise”

Musiques pour la vie, la mort, l’amour :
- la vie : “Le temps qui reste”, Serge Reggiani
- l’amour : “The Greatest”, Cat Power
- la mort : “La Mémoire et la mer” de Léo Ferré

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Il y a 3 commentaires pour cet article :

1 Dominique, le 27 avril 2011 à 19:25 :

Pour rebondir à votre riche compte rendu, Olivier, “la connaissance et l’acceptation du réel”, passent chaque jour sur terre par un bonheur de vivre tout simple dans certains milieux et familles, y compris en France, comme dans certaines régions pauvres du reste du monde : la vie est alors emplie de tendresse, d’attention, de respect et d’humanité, symboles d’une richesse infinie que beaucoup de personnes “nanties” devraient prendre comme exemple… envers les personnes âgées, les enfants, tous les hommes en général dont on reconnaît réellement et simplement les droits !
Et la Musique peut ne pas être là …
J’ai été très émue par les paroles des souffrances dont Monsieur Zimeray a pu être témoin et sa mission est digne de notre profond respect, le mien en particulier.

2 thierry joubin, le 28 avril 2011 à 12:49 :

Bonjour.

C’est par hasard que je suis tombé sur votre émission dont M.Zimeray était l’invité. Je dois vous avouer que, malgré plusieurs et louables tentatives, j’ai renoncé à faire un arrêt à votre station dont le caractère élitiste et l’absence de modestie ont des effets néfastes sur ma tension. Les propos de votre invité ont confirmé cet état de fait.
Je n’ai pas compris comment un ambassadeur, qui représente notre pays, peut s’exprimer avec tant de condescendance et de mépris à propos de personnes qui ne partagent pas sa conception des droits de l’homme et sa démarche pour qu’ils se développent. L’histoire, ne serait-ce que récente, nous montre qu’une dictature reste une dictature quand bien même elle autorise les déplacements et donne du riz à chacun. La formule de notre ambassadeur, je cite de mémoire “avoir bonne conscience revient à ne pas avoir de conscience” traduit l’absence de respect envers ceux qui oeuvrent aussi en faveur des droits de l’homme.
Votre commentaire “On trouve l’expression d’un grand bonheur et d’authentique joie de vivre dans les régions les plus pauvres du monde.” comblerait les nostalgiques de la colonisation.
Je regrette de ne pouvoir répondre à M. Zimeray, car j”aurais encore beaucoup à dire.

Je vous remercie pour votre attention.

3 Dupuis Patrice, le 30 avril 2011 à 23:00 :

Formidable émission comme d’habitude, merci Olivier BELLAMY mais Monsieur ZIMERAY ne connait pas les alliances Françaises, ce qu’il a dit sur ce sujet est mensonge car les alliances françaises dans le monde sont à l’abandon et très loin de ce qu’il en a dit, moi j’en connait quelques-unes et ça ne correspond pas du tout à la présentation idyllique qu’il a faite.
Merci pour le bonheur procuré à l’écoute de Radio Classique


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