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L’idée fixe de Michel Plasson / Australie (2)

Le 23 mars 2011 à 16:58 par Olivier Bellamy

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1. Comme Berlioz (Symphonie fantastique), Michel Plasson a eu une “idée fixe” pour la musique française tout au long de sa carrière. Comme il l’a dit, ce n’est pas la plus grande partie de la musique, mais c’est l’une des plus belles et des plus fragiles, voilà pourquoi il a passé une bonne partie de sa vie à la défendre et à la jouer mieux que personne. Malgré les Français… “qui ont tué Berlioz, qui n’aiment pas les leurs, qui ont presque honte de leur musique.” On sent qu’il égratigne au passage, sans le nommer, un certain Pierre Boulez : “Pour être musicien, il ne faut pas être trop intelligent.” Et son corollaire : “La mauvaise musique, comme disait Ansermet, c’est d’abord de la musique bête”. La sensibilité musicale se trouve donc entre l’intelligence et la bêtise, ou plutôt au-delà.
Il a des formules magnifiques : “Si on fait ce qui est écrit, ce n’est plus de la musique !” Ou alors : “Si tout est préparé à l’avance, si ce n’est pas dans l’instant, alors c’est fichu !” Et encore : “La musique est le langage ultime.” Il est bien un disciple du grand Charles Munch.
Voici son programme :

Nous demandons à l’invité de choisir cinq oeuvres musicales classiques.
- BRUCKNER Symphonie n° 7, 2 mvt / Böhm
- BEETHOVEN Co pour violon Menuhin/Furtwängler (2ème mvt)
- DUTILLEUX Symph 2 “Double” le final
CHABRIER, JOYEUXE MARCHE (enr. Plasson)

Mais aussi trois “madeleines” musicales
MILES DAVIS, HOW DEEP IS THE OCEAN
BRASSENS, L’ AUVERGNAT
BREL , MATHILDE

Et enfin

- la vie : BACH 2ME MOUV BRANDEBOURGEOIS MAURICE ANDRE
- l’amour ROMEO ET JULIETTE SCENE D’AMOUR
- la mort ERIC SATIE 1 ERE GYMNOPEDIE
2. Une charmante guide française, qui vit en Australie m’a été affectée pour la journée par Tourism Australia. Elle travaille pour Opera Australia, fait visiter la ville à des voyageurs de passage, et possède son propre blog où elle raconte ses découvertes, les bonnes adresses, les nouveaux cafés et restos sympas. Son mari travaille chez Moët et Chandon. Il sont heureux de vivre à Sydney, même si les loyers sont chers (790 $ par semaine pour un trois pièces), car la qualité de vie y est excellente : il fait beau toute l’année, la nourriture est excellente, les services publics très bien conçus. Elle habite Manly, un joli quartier de Sydney qui possède l’une des plus belles plages prisée par les surfers. Chaque matin, elle se rend au travail en prenant le ferry (18 mn d’une traversée de rêve pour 6 $). Le chômage est très bas, ce qui permet de trouver un travail facilement. Les Australiens ont peu de vacances, mais tout est fait pour qu’ils soient heureux dans leur job, à condition d’être bosseur, même si les habitants de Melbourne considèrent leurs voisins de Sydney comme des fainéants et des privilégiés (comme Sao Paulo vis-à-vis de Rio). Le cadre de vie agréable concourt à un stress minimum.
Myriam m’a emmené dans un café bio construit dans un container recouvert de verdure et de graffitis, une enseigne très à la mode où tout est recyclé (tables, chaises, gobelets etc.) La canne à sucre est pressée sur place, les larges fenêtres donnent sur la mer. Cela s’appelle Greenhouse (Circular Quai). Nous sommes allés ensuite à Customs House, un lieu génial où l’on peut lire des journaux du monde entier, surfer sur Internet, emprunter des livres, rencontrer des gens, prendre un café et même déjeuner au 5e étage (Café Sydney) avec une superbe vue sur la baie. Nous sommes allés visiter le quartier Paddington, résidentiel et agréable, avec des petites maisons à l’anglaise. Des boutiques de mode ou des cafés ouvrent sans arrêt dans ces maisons. C’est plus cosy et plus friendly que dans une boutique. Ensuite Oxford Street, le quartier branché et plutôt gay. Chaque année, à la Gay Pride de Sydney (une véritable attraction familiale), les pompiers, les policiers, les maîtres nageurs ont leur propre char. Ensuite, nous nous sommes rendus à Surry Hills. Même style de quartier que Paddington, très bobo, mais irrésistible, on s’y voit vivre toute l’année sans problème. A noter, un restaurant où l’on peut lire des livres de cuisine (The Book Kitchen, 255 Devonshire Street) et une excellente boulangerie française, juste en face. Et toujours ces petits cafés sympathiques, à l’anglo-saxonne, où l’on se sent comme à la maison.
Myriam m’a assuré qu’il est facile pour un Français de s’installer ici, surtout si l’on sort de l’école hôtelière ou qu’on est boulanger, coiffeur, esthéticien… L’obtention du visa de travail est un parcours du combattant, mais, une fois que c’est bon, tout est fait pour que vous réussissiez à créer votre entreprise. On vous soutient, on ne vous laisse pas tomber.
Nous avons déjeuné à Manly, face à la baie, dans un super restaurant (Manly Pavilion) : cuisine inventive, à base de poissons, d’huile d’olive (excellente) et de légumes frais. Un vrai bonheur. La suite au prochain numéro.

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Il y a 12 commentaires pour cet article :

1 Dominique, le 23 mars 2011 à 18:11 :

Quel programme et quel accueil en Australie ! Vous devez en avoir plein la tête… mais pas plein le dos !!! (c’est pourtant ainsi qu’on explique le mal de dos !). Merci encore Olivier pour ce partage des paysages,de la vie locale, des cafés, des restaurants… tout cela dans la convivialité ! Auriez-vous par hasard envie de demander un visa pour vous installer là-bas, avec une charmante interprète pour vous éviter de travailler l’anglais ?!!! Vous savez susciter l’envie de découvrir ce pays en tout cas !
Les formules de Michel Plasson m’avaient complètement “parlé” également et sa reconnaissance de la musique française est extraordinaire. Merci à ce grand Maître pour la défense incontestable de notre patrimoine musical. Remettez-vous bien Olivier.

2 Eliane, le 23 mars 2011 à 18:52 :

Après Tugan Sokhiev, Michel Plasson, son prédécesseur, grand serviteur de la Musique française illustré pour ma part, par un souvenir de pur bonheur lors du concert qu’il a donné à Pleyel en 2007 à la tête non pas de l’Orchestre du Capitole mais de celui de Paris.
Saint-Saëns- Dutilleux et Ravel, qui dit mieux?? Toujours pour les mêmes raisons, je suis allée à plusieurs” Générale “à ses débuts de Maestro à Toulouse…..le temps est passé et nous avons bien senti qu’il garde une blessure liée à son départ de la direction de l’Orchestre du Capitole, formation qu’il a d’ailleurs portée “au sommet de son art” en lui bâtissant une réputation d’excellence et de qualité aujourd’hui reconnue dans le monde entier. Pas un mot sur ses nombreuses années passées au sein de l’orchestre, pas un mot de sa relation avec les musiciens : L’ Omerta.
C’est peut être la raison de cette pulsion de parole, de cet enthousiasme débordant, la passion au ventre, le ton rieur et enjoué ….. de cette bonne humeur peut-être pour masquer une vilaine madeleine avec souffrance sous jasante……En tous cas, Il s’est montré drôle, plein d’humour et de fantaisie, d’ailleurs j’ai ADORE le “si on fait exactement ce qui est écrit, c’est le repousse musique”. ………

3 Eliane, le 23 mars 2011 à 23:48 :

sous- jaçente bien sûr.

4 Itié, le 24 mars 2011 à 09:12 :

En tout cas , moi je suis bien contente que tout le monde soit de retour !
Avec Olivier aux antipodes , le silence de ce blog était fort triste .
La musique continue…

5 Marithé, le 24 mars 2011 à 12:13 :

Cher Olivier,
en tant que très fidèle auditrice de Radio Classique et de votre émission, Je suis particulièrement heureuse (et fière aussi, il faut l’admettre, la fierté maternelle n’est pas un vain mot),que Myriam vous ait fait partager son amour de Sydney et ait rendu ce rapide voyage aussi agréable que possible… si je pouvais, j’irais bien passer une partie de ma retraite la-bas : peu de stress, du soleil, une belle vie artistique et musicale , “What else?”

6 Eliane, le 24 mars 2011 à 14:38 :

Il est devenu fort triste le blog, il a connu des jours meilleurs, une richesse d’échanges et des moments jubilatoires grandioses…….

7 Dominique, le 24 mars 2011 à 20:00 :

Merci Eliane pour votre accueil des “nouveaux” ! Je pense simplement que nous n’avons peut-être pas la même conception de l’origine de la création de ce blog ; cela dit, je suis très heureuse de vous lire toutes et tous, dans le respect et l’écoute des connaissances de chacun en musique, notre passion commune, non ? Bien cordialement

8 marie-alsace, le 25 mars 2011 à 00:17 :

‘Il est bien un disciple du grand Charles Münch”, il n’y a pas de doute, il est.

9 Eliane, le 25 mars 2011 à 00:53 :

Dominique, je m’excuse auprès de vous car, très sincèrement, j’aime vous lire et je n’ai pas pensé, une seule seconde pouvoir offenser quiconque……Vous n’étiez pas des nôtres l’été 2010, j’ai eu la chance d’arriver à une période bénie où le blog était réellement très riche musicalement et en même temps très drôle, c’est vrai…. certes, c’est à nous de lui donner le ton…Je reste nostalgique de cette période et Alain et son immense culture musicale me manque toujours autant…….Samuel revient,OUF! il nous faut des plumes masculines n’est-ce-pas?
C’est le problème des échanges virtuels, il faut bannir toute susceptibilité ai-je écrit un jour et je le répète.
Ce n’est pas dans mes habitudes de m’excuser……..de remercier, d’encenser ……..je parle musique quand l’invité m’inspire ou si je fait une découverte extraordinaire et que j’i envie de vous la faire partager, c’est tout.

10 Dominique, le 25 mars 2011 à 08:59 :

Merci Eliane de votre réponse. Aucune susceptibilité pour moi, simplement l’impression que de nouveaux auditeurs découvrent seulement le blog d’Olivier maintenant et ont envie d’y participer également; il faut toujours avancer… Je pense que ce blog est déjà très riche par les commentaires et les programmes que nous donne Olivier, et je ne peux que le remercier, d’autant que sans lui, nous ne pourrions rien écrire du tout ! Mais j’apprécie également les connaissances plus pointues et les découvertes musicales des “blogueurs” actuels, les vôtres et les autres… Le respect de chacun étant pour moi fondamental, je participe lorsque les commentaires y répondent… je crois qu’il n’en a pas toujours été ainsi d’après certaines archives… alors essayons de vivre au mieux le temps présent, déjà bien fragilisé, et à bientôt ! Bien cordialement.

11 Eliane, le 25 mars 2011 à 11:31 :

Superbe réponse……..OUF! je retourne à mon cours

12 Françoise (40), le 25 mars 2011 à 21:22 :

N’ayant pu écouter l’émission avec M. Plasson, j’avais complètement omis de lire cette page.
Ma chère Eliane, mon amie, toujours à craindre de faire de la peine ! Vous en êtes incapable. D’ailleurs Dominique l’a constaté.
Bonne soirée à tous.


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