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Denis Tillinac, l’ombre d’un doute

Le 15 février 2011 à 15:46 par Olivier Bellamy

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1. La foi en bandoulière, Denis Tillinac musarde dans son Dictionnaire amoureux du catholicisme entre l’église de Saint-Germain des Prés et Avila, salue joyeusement Chateaubriand et Mauriac, retourne sur les traces des Croisades et rend hommage à Godefroy de Bouillon, évoque respectueusement l’érudition théologique de Benoît XVI, dévoile les racines chrétiennes de Tintin, dépeint Don Quichotte comme un héros crucifié… Un gai savoir qui nous relie à l’histoire de notre civilisation, sans chicaneries ni repentance, mais avec émotion (la Vierge de son enfance).
Il parle peu de Dieu, mais retrace l’épopée de l’Eglise romaine, des premiers martyrs aux aurores nouvelles. Il rappelle que “le doute est l’ombre de la foi” ou que “savoir et piété ont toujours gagné à faire bon ménage.” Sans cacher les erreurs et les crimes de l’histoire de la chrétienté, il tient à en souligner les beautés, les grandeurs, jusque dans ses personnages les plus humbles.
Certes, on peut écouter Bach ou Mozart comme de la musique pure, admirer Fra Angelico pour ses couleurs, mais il manquera toujours une dimension spirituelle essentielle pour comprendre le message de ces grands artistes.
2. Chère Erica, vous n’avez pas compris ce que voulait dire Denis Tillinac et ce que j’ai écrit. Il n’est pas question d’avoir la foi pour mieux comprendre Bach ou Monteverdi. Il est simplement question de ne pas éluder cet aspect essentiel de leur message pour comprendre ce qu’ils voulaient nous dire profondément. A chacun ensuite de l’accommoder à sa propre esthétique, sa propre vision du monde, sa foi ou sa non foi. Il n’est pas question de dire que ceux qui non pas la foi sont moins profonds que les autres : Fauré était incroyant, cela ne l’a pas empêché d’écrire l’un des plus beaux requiems de l’histoire de la musique. Il s’agit simplement de connaître, de savoir et de ne pas éluder parce que cela ne répond pas à l’idée qu’on s’en fait. La beauté des Evangiles n’est pas seulement réservée aux croyants. C’est un texte fondateur de notre civilisation, qu’on le veuille ou non.
Voici son programme :

Le Dialogue des Carmélites « Salve Regina » (J. P. Marty)
Pour les “madeleines” :
. Deuxième Rapsodie hongroise de Liszt (Cziffra)
. Une Valse de Chopin - la Valse Brillante
. Saint Louis Blues par Louis Armstrong

Pour les 5 “classiques” :
. Concerto de Torelli par André Bernard à la trompette
. Veni creator en grégorien
. Tantum ergo en grégorien
. Début de La Sonate à Kreutzer (titre de Tolstoi aussi) de Beethoven par
Ivry Gitlis
. Sonate de Scarlatti par Chu Fang Huang

Pour “Les deux ou trois mélodies d’amour” :
. It’s now or never par Elvis Presley.
. The young ones par Cliff Richard

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Il y a 2 commentaires pour cet article :

1 Erica Roche, le 15 février 2011 à 17:43 :

Denis Tillinac est un fervent catholique, ce que naturellement je respecte même si je ne partage pas sa foi. Ce qui me déplaît en lui, c’est qu’il s’imagine que les non-croyants sont incapables de comprendre le véritable sens des ouvrages sacrés, que ce soit en musique, en peinture ou sculpture. A l’écouter, on pourrait penser qu’il souhaite interdire l’accès aux églises pour les impies. Au risque de paraitre prétentieuse, je conteste formellement son point de vue. Si on n’est pas croyant, on l’a peut-être été, et même si on ne l’a jamais été, on peut avoir suffisamment d’intelligence et d’imagination pour se mettre en phase avec l’inspiration qui a motivée les artistes, des plus grands maîtres aux humbles anonymes à l’origine de ces œuvres magnifiques. C’est comme si, pour aimer et comprendre la musique il fallait obligatoirement savoir lire les partitions. Je le trouve bien intolérant et étroit d’esprit sur ce sujet, ce qui semble contradictoire avec sa profession de foi.
En fait, je me rends compte en écrivant qu’il s’agit là d’ un vaste débat, et je vous invite à faire vos commentaires et à éclairer ma petite lanterne par la même occasion.
J’étais très étonnée, après un programme tellement riche en musique sacrée (que j’ai beaucoup appréciée à ma façon) d’entendre Cliff Richards dans “The Young Ones” -cette chanson est tirée d’un film un peu tartignole que j’ai adoré à 14 ans - c’est toute mon adolescence. En fait Cliff Richards (bien anglais et pas du tout indien, juste né dans les colonies de l’époque) continue toujours sa carrière en Angleterre ayant renoué avec les Shadows, où il a gardé toute sa popularité, un peu à l’instar de Johnny et d’autres yé-yé, en France.
La voix de grand fumeur impénitent et impertinent de Denis Tillinac m’a plue - c’est toute une époque aussi!

2 Livadiotti Roberto, le 15 février 2011 à 19:17 :

Les choix musicaux de Denis Tillinac m’ont assez plu,y compris ce Tantum Ergo qui m’a rappelé les cérémonies du Jeudi Saint de mes jeunes années,bien qu’il y ait de plus belles musiques sacrées que celles qu’il a choisies,mais j’ai surtout apprécié la profondeur des echanges de paroles entre lui et Olivier Bellamy. Une bonne émission!


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