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Papageno alias Jean-Christophe Spinosi

Le 24 novembre 2010 à 20:47 par Olivier Bellamy

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Telle les Trois Dames, Radio Classique a enlevé (sans beaucoup d’effort) le cadenas qui fermait (approximativement) la bouche de Jean-Christophe Spinosi. “Hum, hum, hum, hum” (air connu). C’est vrai qu’il est parfois agaçant ce chef d’orchestre très doué (comme il nous arrive de l’être tous, à tour de rôle, sur ce blog), mais l’une des leçons cardinales de La Flûte enchantée de Mozart, c’est qu’il faut de tout pour faire un monde et qu’il vaut mieux avancer ensemble vers la lumière que tout seul dans l’obscurité. Ajoutons en outre que s’il n’y avait que des Tamino et Pamina autour de nous, on s’ennuierait à périr. Quand il cherche ses mots, notre Corse adopté par la généreuse Bretagne, il ne fait que bégayer d’émotion (”Pa-pa-ge-na”, autre air connu), car la musique est si grande et l’humanité si complexe que toute phrase trop bien tournée et trop policée en devient suspecte.
Et puis, quelqu’un qui aime Mozart, qui envoie des baisers à sa Ker-Constance à lui, qui a cinq enfants, qui a baptisé son chat Papageno, et qui reconnaît ses propres faiblesses ne peut être foncièrement mauvais.
Voici son programme :
- Agnus dei de Mozart / messe du couronnement / Harnoncourt
MADELEINES
- Quid sum miser de Requiem de Verdi par Harnoncourt
- Berceuse corse : polyphonie / A filetta / A Paghjella Di
L’impiccati
- Les Beatles : Come together
MELODIES D’AMOUR
- Cantate 140 BACH 1er Mvt
- Je t’aime moi non plus de Gainsbourg
- Frankie Valli / Can’t take my eyes off you
PROGRAMMATION Classique
- Magnificat des Vêpres de Monteverdi / Le Gloria
- Symphonie du nouveau monde / Dvorak / début du 2ème mvt /
Harnoncourt et concertgebouw
- La Flute de Mozart / air de Papageno : Ein Mädchen oder Weibchen /
Harnoncourt

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Il y a 5 commentaires pour cet article :

1 Camille Acristem, le 25 novembre 2010 à 02:22 :

Mince! Peut-on supprimé le post au dessus? Quel maladroit! Voici le “bon”, en prise de note:

Une voix surprenante et immature, presque enfantine, avec une pudeur, une timidité effrayantes et belles. Est-il très/trop jeune? J’ai découvert l’Agnus dei de Mozart – très souple, onctueux et crissant dans ses courbes hautes ; quelque chose de très sensuel et de très féminin. Une grâce veloutée, beaucoup des imaginations cristallines que j’attribuerais à Dieu, j’imagine. Je ne connais pas la tradition des Agnus Dei, hélas. Mais ce fut superbe et comme un baume à mes migraines vrillantes.

Sa voix est amusante, intrigante, elle a une uniformité ronde ou souple mais dynamique tout de même. Je suis persuadé qu’une voix dénonce l’âme, un peu comme les visages parlent aux physionomistes, sans parole. Sa voix à Monsieur Spinosi est donc douce, vive et enfantine ; je trouve.

S’il-vous-plait, quelle est la référence de ce petit vidéo avec le chef d’orchestre qui embête les gros violonistes?

Ah ah, les Beatles, enfin un invité qui n’est pas en voie de fossilisation!

J’insiste sur sa voix (les vêpres sont magnifiques), mais il paraît lumineux et fulgurant, comme dérangeant de lumière dans la poussière. C’est horrible de lire un poème juste en se limitant aux mots, aux rimes.

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/correspondances.html

Dvorak est magnifique, j’ai ressenti non pas les parfums d’un nouveau monde mais les tranquillités lointaines et promises d’une terre intérieure. Comme la musique est suprême, je l’avais déjà oublié. Mes catacombes vomissent des rangées de squelettes en guise de mes seuls amis à qui lire des poèmes gris (pour reprendre la métaphore de ce cher Il), et les chandelles sont éteintes. Ne reste que l’âcreté de la cire chaude et de la mèche soufflée. Mais Dvorak est une lueur verdâtre qui flotte entre les paumes et l’on se prend à danser, à s’illuminer doucement, timidement. Et l’on se prend à guetter les sons argentins, les promesses, les renforts de chagrin tendre. On dirait un coeur en fée clochette. Ou les fées lutines de Fantasia, qui éveillent l’automne dans la forêt.

Lors de la redif’, comme l’auditeur émerveillé se retrouve soulagé du poids huileux et sale de la publicité, les morceaux sont plus longs, n’est-ce pas? Monsieur Spinosi est entier, constant, simple, profond, drôle et gentil. Et puis comme d’habitude, une complicité presque intime et même ici « potes », entre le Maestro et le damoiseau invité. Je suis d’accord avec lui sur la construction de la musique de Frankie Valli : elle incline l’âme à l’amour. Un plongeon gaie, un regain de courage.

Aaah Gainsbourg en 69 <3 Bon, ça nana de l’époque m’énerve. A cause de ses violons d’aujourd’hui, d’ailleurs. « Ah bah oui mais alors ça c’est pas du jeu, hein !». « Eh vous êtes très fort ! », vous a-t-il dit, Olivier. J’ai beaucoup aimé toutes les blagues autour du Papageno. Ce fut encore une rencontre très instructive pour l’auditeur catacombo-nombriliste (ou nombrilo-catacombesque) que je suis! Merci les grands!

PS: « comment la chair, comment le sacré peut être dans l’élévation avec tous ses défauts et sa vie, sa vie, sa viiiiie brute, voilà ». Ah ah. Adamov dans l’Avertissement de la traduction de Le livre de la Pauvreté et de la Mort, de Rilke : « Témoin signifie martyr. Tout homme qui témoigne est écartelé, doublement déchiré dans sa chair et son esprit. Déchiré d’abord à l’intérieur de lui-même entre le témoin suprême au sommet de son être et le pitoyable individu dont il assume la vie au long des jours. Déchiré encore par l’abîme qui sépare la vérité dont il témoigne du monde qui ne veut pas recevoir son témoignage. » C’est dingue comme tous les Artistes Véritables vont dans le même sens. Il existe le Beau selon la Nature, alors. Je refuserai de l’appeler Dieu ; ce n’est qu’un idéal immanent, universel et instinctif. C’est le plus beau des instincts de l’Homme. Bref, je voulais juste dire, la phrase que je cite de Monsieur Spinosi : entendue depuis sa bouche, c’est d’une pure beauté musicale. Simplement. On y entend le sacré profond et grandiose des anciens prêcheurs de Jérusalem, à l’époque où tout cela était encore beau. Et innocent. Ah, ah, un scriptum qui double la taille de mon intervention! Son concert s’est-il bien passé?

2 Eliane, le 25 novembre 2010 à 12:12 :

J’aime l’ensemble Matheus et Jean Christophe Spinozi pour ses interprétations personnelles de Vivaldi, compositeur qui lui sied à merveille!
Tant pis pour les détracteurs, j’aime les musiciens qui “osent” et donc peuvent déranger ( nous y revoilà) !!Spinozi fait partie du lot : sa façon de diriger, c’est un spectacle à lui tout seul, une gestuelle exubérante, une énergie folle, un dynamisme débordant, une direction pleine de fougue et très physique : on le sent ivre de musique, et pour moi cette immersion totale dans l’art , son art, c’est merveilleux. J’imagine facilement l’état de fatigue à la fin du concert !!
“L’Orlando furioso” de Vivaldi est, pour moi, lié au nom de Marylin Horne absolument fascinante, cet opéra dirigé par Spinozi fut un régal.
Emission très sympathique, à l’ambiance feutrée, au micro, comme sur scène, on sent un homme jeune et dynamique, passionné par son métier, au discours agréable, simple, limpide……
Très beau commentaire de Camille A, un peu long certes mais qui dégage une telle sensibilité dans son analyse des oeuvres. Je partage son impression des Vêpres en percevant toutefois une pointe “morbide” dans ses propos sur la symphonie du Nouveau Monde, c’est son ressenti à lui et je le respecte.
Bon, cette fois je file…………

3 Françoise (40), le 25 novembre 2010 à 13:12 :

Son programme du matin m’avait bien plu. Le Requiem de Fauré si beau … entre autres. A PC, découverte d’une personnalité attachante avec, encore, un programme agréable. Sauf « je t’aime moi non plus ». A cause de « sa nana de l’époque » que je ne supporte pas. La Symphonie du Nouveau Monde : pour moi, une des plus belles œuvres qui aient été écrites !

4 Livadiotti Roberto, le 25 novembre 2010 à 21:11 :

Je n’ai pas écouté son programme du matin,mais celui-ci n’était pas mal avec la “Cantate” de Bach,l’Agnus Dei de la Messe de Mozart,le “Requiem” de Verdi et…pour saluer Françoise,l’extrait de la Symphonie du “Nouveau Monde” de Dvorak,que j’aime bien,même s’il n’est pas un de mes compositeurs préférés.Je constate une fois de plus la verve de Camille Acristem qui ecrit de très longs messages et celle d’Eliane,pianiste et mélomane affermie,dont les messages sont toutefois plus succints que ceux du “précédent”.

5 catherine Dubreuil dessinatrice, le 25 novembre 2010 à 23:02 :

Ha! voilà quelqu’un qui vibre et qui est simple (être simple est la chose la plus compliquée et être compliquée la plus simple) moi je l’ai trouvé super! enthousiaste, heureux …d’être heureux….J’avoue avoir éclaté de rire à l’arrivée impromptue de la pub pour les saucisses en plein milieu des “mélodies d’amour” faut le faire! Merci à tous ces Papagueno Papaguena et petits Paguagneni….on était en famille ! J’ai bien aimé quand il expliquait ses rapports avec l’orchestre, j’ai tout compris, j’y étais, c’était vrai!…et au diable la diplomatie (réf. à mon post OPA). Beau programme, trés intéressant le rapprochement Muezzin, berger Monteverdi…ça coule de source…


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