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La jeunesse éternelle des soeurs Labèque

Le 17 novembre 2010 à 11:13 par Olivier Bellamy

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Katia et Marielle Labèque m’épatent, car elles n’ont cessé d’évoluer, de se remettre en question, d’élargir leurs rencontres musicales. D’abord la musique baroque. Elles ont travaillé avec les meilleurs (Reinhard Goebel, Robert Levin, John Eliot Gardiner, Giovanni Antonini du Giardino Armonico) pour s’imprégner des dernières découvertes musicologiques et pour saisir l’esprit de ce répertoire. Du coup, elles sont devenues très critiques avec les enregistrements qui les avaient rendues si populaires. Elles ont revu toute leur technique, elles se sont mises à apprendre le clavecin et le pianoforte comme des écolières. Ensuite la musique contemporaine. Rares sont les artistes de ce niveau qui acceptent de passer autant de temps pour un résultat public assez peu payant, mais passionnant. Et puis les rencontres hors des sentiers battus avec la musique populaire, le jazz, la musique du monde. Elles n’en ont pas oublié pour autant les oeuvres phares du répertoire pour deux piano (Mozart, Ravel, Debussy…) qu’elles ont enregistré dans une perspective moins clinquante qu’autrefois, plus raffinée, mais dans un label qu’elles ont créé, sans la force de frappe médiatique des majors de l’industrie phonographique. Du coup, leur position est devenue paradoxale en France, car le grand public ne les a pas suivies dans leurs aventures pointues et la presse spécialisée ne s’est pas fait suffisamment l’écho de leur métamorphose.
Humainement, elles sont restées aussi fraîches et enthousiastes qu’autrefois, avec cette star quality inentamée. En public, Marielle est toujours discrète, Katia est toujours enflammée. Mais, dans l’intimité, Marielle peut se montrer intarissable, passionnée et Katia secrète et fragile. Toujours unies, aimantes et sincères. De belles retrouvailles.
Voici leur programme :
Madeleines
1) Chopin Fantaisie Impromptu, Samson François
2) Schubert Impromptu en La B Majeur D 935, Radu Lupu
3) Chant Basque
4) Mozart Concerto numero 5 en re M Rondo K 382 Allegretto Gracioso
(Decca), Robert Levin / Christopher Hogwood
Programme
1)Albeniz Iberia Evocation Alicia de Larrocha
2) Bach sonate en B mineur BWV 1014 Adagio, Mullova / Dantone
3) Bach Concertos Brandebourgeois numero 3 en Sol majeur BWV 1048
Allegro, Reinhard Goebel
ou
3) Bach, Concerto brandebourgeois n°2 en fa majeur BWV 1047Fa M BWV 1047
Andante
4) Chopin Concerto en mi mineur premier mouvement, Krystian Zimerman “
5) Beethoven, concerto numéro 4 deuxième mouvement, Levin / Gardiner
Mélodies d’amour
1) Handel, Alcina Ah mio Cor Venice Baroque, Magdalena Kozena
2)Wagner, Lohengrin Prelude Semyon Bychkov
Et puis : Sonate pour deux pianos de Mozart par K. et M. Labèque

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Il y a 11 commentaires pour cet article :

1 Eliane, le 17 novembre 2010 à 11:52 :

AOUT 2009 : La Roque d’Anthéron : carte blanche à Katia et Marielle Labèque offerte par……….Rene Martin !! Deux soeurs pleines de talent et à la personnalité très différente. Soirée absolument INOUBLIABLE, elles ont le chic pour bousculer les oreilles des mélomanes, et en déranger certains : elles n’ont jamais hésité à braver tous les conformismes et ce, jusque dans leur tenue de scène et moi, j’ADORE cela. Ce soir là, elles en ont fait l’éclatante démonstration dans le cadre unique et magique du parc de Florans , je sais, je l’ai dit à plusieurs reprises et je recommence, j’appartiens à cette catégorie de “pianophiles” accro à La Roque. Je ne connais, à ce jour, aucun endroit (pas même Glyndebourne) qui me procure une telle émotion.
J’ai retenu de cette soirée estivale une interprétation toute en finesse de la fantaisie pour 2 pianos de Schubert, une agilité, une souplesse de jeu, une complicité évidente dans ma “Mère l’Oye” à quatre mains, c’est quasi fusionnel cette façon de se frôler, de se regarder en plein jeu. Puis vinrent quelques moments d’émotions notamment dans Granados et Falla avec, en plus, la chanteuse de flamenco Mayté Martin, même si, je pense, le son un peu “brillant”du piano n’est pas le plus approprié pour accompagner la voix intérieure et profonde de cette chanteuse. Pour moi, le sommet de cette longue nuit du piano fut un étonnant, surprenant, déroutant , troublant et imprévisible Boléro de Ravel pour 2 pianos et percussions traditionnelles basques, de l’inédit pour moi et une pure merveille d’originalité, Ravel aurait certainement adoré………….
16 NOV 2010 minuit: Belles et touchantes confidences de la part de ces deux soeurs-passion, au parcours sans faille, aux répertoires éclectiques qui s’ouvre aux musiques variées.
Petit clin d’oeil au “Novecento pianiste d’Alessandro Baricco”, je vous conseille vivement ce livre.
J’aimerais tant avoir la chance de les entendre dans le concerto pour 2 pianos de Poulenc et ……………de les voir car leur jeu est très physique, Katia frappe du pied avec une énergie fulgurante tellement elle est possédée par ce qu’elle joue.
Une fois de plus le temps s’est envolé pendant l’émission toujours si bien menée par le “Maestro di qualita”.

2 Lily, le 17 novembre 2010 à 17:34 :

Mon avis sera plus nuancé que celui d’Eliane sur les sœurs Labeque, peut-être parce que je n’apprécie pas particulièrement le répertoire à 2 pianos, (sauf le Poulenc et quelques œuvres).
Le côté visuel et tabageur des concerts de ces deux sœurs anti-conformistes, aux répertoires électiques, m’amuse beaucoup sans plus, même dans des cadres enchanteurs.
Ceci dit j’irai quand même les écouter à Paris au printemps prochain, pour découvrir leur métamorphose, et comme l’a dit Olivier «dans une perspective moins clinquante qu’autrefois et plus raffinée ».

3 Erica Roche, le 17 novembre 2010 à 17:47 :

Chère Lily, J’attendrai vos conclusions avant d’en faire autant. Moi aussi, je suis restée sur l’image clinquante de leurs débuts, et j’ai été profondément agacée par leur coté “star” dans l’émission - tout était “in-croy-able” ou “mer-veill-eux”. Je les verrais bien dans ce célèbre restaurant des Champs-Elysées, où la moitié de la salle va pour y être vu et l’autre moitié pour voir la première moitié, et tout ça pour manger très moyennement à un prix de 3 étoiles! Autrement dit, j’ai besoin d’être convaincue.

4 marie - alsace, le 17 novembre 2010 à 18:18 :

Je suis assez d’accord avec le commentaire de Lily. Habitant l’Alsace, mon lieu de concert est le festspielhaus de Baden, les 2 soeurs n’étant pas “programmées” pour la saison, j’attendrai vos commentaires, mais…

5 Eliane, le 17 novembre 2010 à 19:36 :

Désolée, après ce que j’ai entendu l’an passé, je confirme mon commentaire et j’adhère entièrement au papier du Maestro. Je trouve Erica sévère, Je pourrais citer un grand pianiste que vous avez déjà encensé et qui descend toujours au Négresco et alors!! Ce qui compte à mes yeux, c’est avant tout le talent de l’artiste, et cela, elles en ont à revendre toutes les deux. Après, certes, on peut préférer un jeu à un autre, on peut ne pas aimer le répertoire pour 2 pianos bien sûr!! Avez-vous déjà vu Fazil Say en concert? Moi à 2 reprises dont au Liban où il est adulé, une salle debout en effervescence. Je vous assure que c’est tout un spectacle à lui tout seul, il sort également de la norme et à chaque fois j’ai adoré.

6 catherine Dubreuil dessinatrice, le 18 novembre 2010 à 00:12 :

ouh la ça chauffe sur le blog! enfin des controverses qui animent un peu tout ça, et bien moi les copines, puisque les mecs ont d’autres chats à fouetter, je vais vous dire ce que j’en pense, en béotienne, je m’occupe + des sensations provoquées par l’expression des invités,… c’est sur que quand Marielle dit “absolument” on dirait la “Catherine” de Sylvie Joly !!!! après… le programme je l’aime ou je l’aime pas, celui là je peux dire il m’a fait plaisir…très beau.. Il est vrai que deux soeurs riches belles douées baignant dans la Musique depuis leur plus tendre enfance , totalement en dehors de toutes préoccupations matérielles, restant au fil du temps juvéniles et énergiques, vivant (qui plus est!!!! dans un palais à Rome!!!! croisant les plus grands artistes, partageant la vie de guitaristes pas mal du tout , en ne faisant que ce qu’elles aiment (càd jouer du piano)….ça peut énerver…. mais les contes de fées de temps en temps j’aime bien , c’est pas si mal

7 Marie-France, le 18 novembre 2010 à 10:44 :

Je préfère entendre les soeurs Labèque que les voir. J’ai pu assister à un de leurs concerts à Montpellier en 2009. Marielle est la discrétion même dans sa façon de jouer. Quant à Katia, la plus délurée, elle ne cesse de jouer en tapant du pied et en faisant des jeux de cheveux : c’est crispant. Elle se prend vraiment pour la “STAR”. Peut-être aurait-elle dû faire de la comédie!!!

8 Samuel Rosenfeld, le 18 novembre 2010 à 15:41 :

Concernant Fazil say, Samuel Rosenfeld a eu la hcance de boire une bière avec lui et madame Rosenfeld qui avait servi d’appat. En plus d’être un pianiste génial, il est complètement abordable.

9 Nelly Bailly-Maître, le 18 novembre 2010 à 17:21 :

Pour moi Katia et Marielle Labèque en jouant, éclatent de mille pépites colorées. Je les aime beaucoup depuis longtemps. Bien sûr Eliane je partage ce que vous écrivez mais avec beaucoup moins de connaissance! seulement ce que je peux ressentir et le commentaire de Catherine me plait car toujours plein d’images.
La santé de mon a été très défaillante et mon temps réduit comme une peau de chagrin.
J’espère revenir plus souvent partager avec vous quelques lignes sur ce Passion Classique que j’aime beaucoup en compagnie d’Olivier que j’aime beaucoup-beaucoup. A bientôt. Nelly. Bordeaux.

10 Nelly Bailly-Maître, le 18 novembre 2010 à 17:22 :

La santé de mon ordinateur…

11 Françoise (40), le 18 novembre 2010 à 19:39 :

Heureusement que vous précisez chère Nelly !


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