Accueil  >  Angelo Rinaldi, le style, sinon rien
Flux RSS

Angelo Rinaldi, le style, sinon rien

Le 04 novembre 2010 à 02:28 par Olivier Bellamy

Quand on a la chance de recevoir un écrivain tel qu’Angelo Rinaldi, autant ne pas se priver du plaisir gourmand (zut, un adjectif) lui faire parler du style, c’est-à-dire du coeur battant de la littérature. C’est si rare, au fond, d’entendre un écrivain parler de son métier, de sa technique, de ses secrets. Proustien dans l’âme, il considère la métaphore comme le summum de l’art.
C’est toujours émouvant d’entendre un écrivain chercher le mot juste. On sent chez Rinaldi une (belle) souffrance à se prêter au jeu de la conversation à bâtons rompus, en direct, devant un micro, quand habituellement, à sa table de travail, alors que le monde pourrait s’écrouler et le ciel lui tomber sur la tête, il continuerait malgré tout à mâchonner son stylo et à fouiller dans sa mémoire, la formule définitive, étincelante, qui dit tout.
Des musiciens, il se souvient surtout des lieux (noms de lieux, Proust encore !) : le récital de Catherine Sauvage au Vieux-Colombier… Les visages, eux, s’effacent, se perdent et se brouillent dans sa mémoire ; l’émotion de les avoir perdus de vue, ou perdus tout court, perdus haut et court… De Mozart, il se souvient de l’église Saint-Eustache, où la pauvre mère du Salzbourgeois a été enterrée, et la rue François-Miron, où il fut si mal reçu, et où un restaurant, l’Amadeo (existe-t-il encore ?) conserve “à la française”, c’est-à-dire “à table”, le souvenir de son triste second passage dans notre frivole capitale.
Ce qui était beau aussi, c’était la modestie d’Angelo Rinaldi. Ce prince des Belles-Lettres, cinglant à l’écrit, hautain par trop (trop est juste assez pour lui) d’exigence, mais drôle aussi, a montré le visage d’un homme rongé par la recherche de la perfection si rarement atteinte.
Voici son programme :
Le pâtre sur le rocher de Schubert (Barbara Bonney)
Madeleines
Catherine Sauvage : Et je cousais
Milva : Volpe d’amor
Ella Fitzgerald : One note Samba (scat)
Impromptu op. 90 n° 3 de Schubert par Philippe Cassard
Piazzola : Liebertango (Astor Piazzola et ses amis)
Nino Rota : La Strada
Mozart : Concerto « Jeunehomme » 3e mvt (M. J. Pires)

Lien permanent | Rétrolien

Il y a 3 commentaires pour cet article :

1 Eliane, le 05 novembre 2010 à 01:57 :

Désolée, je n’ai pas écouté Angelo Rinaldi.
En ce moment même, rediffusion de l’émission avec Bertrand Tavernier, j’approuve ++++cette réaction vive de l’invité (confirmée par le maestro) concernant la musique imposée dans les restaurants, c’est insupportable!!
J’approuve le choix du Sacre du printemps de Stravinsky dirigé par Boulez ( coucou Françoise, c’est
pour vous!!!)
Evocation de Coup de torchon film absolument
inoubliable avec du grand Noiret dans le rôle d’un policier lâche et faible et un Eddy Mitchell dit Nono dans celui d’un amant demeuré, c’est grandiose…..
Le requiem de Campra cité ce soir et que j’affectionne
particulièrement sera parfait à une heure du matin en
attendant la fin de l’émission.
http://www.youtube.com/watch?v=CO1US9RoFnE&feature=related

2 Noushin Dolatshahi, le 05 novembre 2010 à 07:55 :

Angelo Rinaldi n’aurait pas pu être décrit mieux que selon Olivier. Ce qui est étonnant, c’est que toutes les qualités qu’ Olivier reconnaisse et admire dans ses invités comme Angelo Rinaldi ou Philippe Labro sont les mêmes qu’il possède lui-même.
L’émission avec Bertrand Tavernier était vraiment magnifique avec telle richesse! J’ai même aime la pièce de Stravinsky que j’ai toujours détesté pour la première fois!

3 Françoise, le 05 novembre 2010 à 13:54 :

Merci pour votre “coucou” chère Eliane ! Je l’aime … Lui (le coucou bien sûr).


Donnez votre avis !






ombre