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Alexandra Vandernoot, le retour de la fille prodigue

Le 21 septembre 2010 à 09:43 par Olivier Bellamy

  Olivier Bellamy reçoit Alexandra Vandernoot sur Radio Classique

  “Encore une fille de”, vont dire certains. Peut-être, mais dans le cas d’Alexandra Vandernoot, l’histoire mérite d’être racontée. Elle est la fille de Duska Sifnios, la danseuse serbe pour qui Maurice Béjart a créé son fameux Boléro, interprété par la suite par Claude Bessy, Pietragalla, Sylvie Guillem, Jorge Donn, Patrick Dupont, Charles Jude, Jean-Yves Lhormeau et tant d’autres… Et son père n’était autre que le chef d’orchestre André Vandernoot, ancien directeur musical de l’Orchestre national de Belgique, chef titulaire du théâtre de La Monnaie et partenaire de Béjart au Ballet du XXe siècle. Enfant, Alexandra Vandernoot ne se sentait ni musicienne ni danseuse, alors elle est entrée au Conservatoire d’art dramatique de Bruxelles. Mais surtout, elle en voulait à la musique et à la danse de lui avoir “volé” ses parents. C’est avec André Delvaux, le plus grand réalisateur belge de son temps qu’elle a fait ses débuts devant la caméra. Au cinéma, on a pu la voir dans “Le dîner de cons”, “Le souper”, à la télévision dans la série “Highlanders” ou dans plusieurs sagas de l’été comme “Tramontane”.

  Elle n’avait jamais réécouté les disques de son père, mort en 1991, ni même ouvert le papier transparent qui recouvre les CD des concertos de Mozart par Murray Perahia qu’André Vandernoot lui avait offert avant de mourir en lui disant : “Il n’y a rien de plus beau au monde”. Elle écoute rarement de la musique, comme si c’était ouvrir la boîte de Pandore.

Son émotion était palpable. Quand nous avons préparé cette émission au téléphone, elle hésitait à venir : “Vous savez, je ne suis pas une mélomane.” Mais quand elle m’a parlé des concertos de Mozart, elle a étouffé un sanglot, cette belle jeune femme qu’on dit lisse et que les metteurs en scène ont voulu froide, comme une nouvelle blonde hitchcockienne. Peut-être est-est venue pour avoir enfin la force d’accomplir la dernière volonté paternelle près de vingt ans après.

C’est l’un de vous, Alain F, qui, dans un commentaire, m’a soufflé le nom d’Alexandra Vandernoot. Son intuition était la bonne. Puisse cette émission le faire sortir du silence où il semble s’être retranché.

Un auditeur s’est agacé quand l’actrice a dit qu’elle ne pouvait pas écouter la musique en faisant la vaisselle. “Elle ne doit pas la faire souvent !”, a-t-il pesté par Internet. Ne peut-on pas comprendre qu’il s’agit d’une chose trop importante pour elle, presque sacrée ? Heureusement, d’autres ont été touchés.

Après l’émission, Alexandra Vandernoot était bouleversée. “J’ai envie maintenant d’écouter de la musique avec mes enfants”, m’a-t-elle confié. On ira la voir et l’applaudir d’un autre oeil dans “Le président, sa femme et moi” à la Grande Comédie à partir du 21 octobre.

Voici son programme :

Sonate « Clair de Lune » de Beethoven – 1er mvt (Brendel)

Madeleines

Quatre Saisons de Vivaldi « L’hiver » mvt lent (Nigel Kennedy)

Sarabande de Haendel (BOF Barry Lyndon)

Boléro de Ravel

Programme

André Vandernoot dirige Concerto pour violon de Tchaïkovsky avec Leonid Kogan 1er mvt

Mozart : Concerto n° 21 mvt lent par Murray Perahia, English Chamber

Liszt : Concerto n° 2 par G. Cziffra, l’Orchestre Philharmonia et André Vandernoot

Bach : Suite anglaise n° 6 Gavotte I & II

Mélodies

Sara perche ti amo (Ricci et Poveri)

Roméo et Juliette de Prokofiev (notre générique !)

Jacques Brel : Madeleine

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Il y a 21 commentaires pour cet article :

1 Bernard Gensane, le 21 septembre 2010 à 10:06 :

Alors, Olivier, on ne serait pas un peu tombé amoureux…?

2 Samuel Rosenfeld, le 21 septembre 2010 à 10:11 :

Ah, il est malin le tenancier! Il invite Alexandra Vandernoot sous prétexte qu’Alain Effe lui a soufflé cette idée, mais il n’aura pas échappé à l’auditeur - surtout masculin - qu’Alexandra Vandernoot est d’une beauté proprement effarante, elle est à la gent féminine ce que Samuel Rosenfeld est aux hommes: un demi dieu vivant. Sérieusement, la beauté poussée à ce niveau c’est quand même quelque chose…
Trêve de plaisanteries, l’émission était bonne et Samuel Rosenfeld a pu découvrir une personnalité attachante, bien éloigné de l’image de froideur qu’a mentionné le tenancier. Et puis elle a dit une chose essentielle: elle n’écoute pas de musique parce que la musique la bouleverse trop. La meilleure amie de Samuel Rosenfeld est comme elle, elle n’écoute jamais de musique et dit qu’elle n’aime pas cela, que c’est “déprimant”, mais après de longues discussions elle s’est aperçue qu’en fait elle rejetait la musique pour les émotions trop vives qu’elle suscitait en elle. Une fois, nous étions dans une bergerie de montagne, en haute provence, loin de tout, sans l’eau courante, sans l’électricité. Le soir venu, Samuel Rosenfeld a passé sur son radio cassette à piles la symphonie concertante de Mozart. Les larmes se sont mises à couler sur ses joues, elle était chamboulée. Cette fille dont je vous parle a failli être emporté à l’adolescence par une forme de leucémie. Depuis, elle est totalement remise et vit une vie de femme à cent à l’heure et de mère épanouie, mais depuis, elle ne peut plus écouter de musique autre que pop, la musique classique la rapproche trop de l’idée de la mort (ce qui est compréhensible car écouter par exemple Schubert nous confronte directement à l’idée de l’acceptation de la mort). Merci pour cette belle émission.

3 Samuel Rosenfeld, le 21 septembre 2010 à 10:16 :

Quant à Alain Effe, il ne faut pas s’inquiéter outre mesure. Les services secrets à la solde de l’Eglise Nouvelle Samuel Rosenfeld ont des informations. Alain Effe suivrait actuellement un stage “Diète hyper protéiné à base de graisse de canard et siestes pour récupérer” organisé par l’Amicale Foi Gras et Crise Cardique de Toulouse.

4 Samuel Rosenfeld, le 21 septembre 2010 à 10:19 :

Au fait, l’interprétation du Boléro de Ravel qui a été diffusée est d’une lourdeur et d’un immobilisme peu communs. Je me demande bien qui était à la baguette? Cela ressemblait à du Manuel Rosenthal dans ses mauvais jours.

5 Françoise (40), le 21 septembre 2010 à 21:27 :

“Fille de …”. Et alors ? Elle a du talent et en plus elle est belle (j’aimerais bien savoir ce que veut dire “lisse”).
J’ai beaucoup aimé son programme.
Cher Samuel, en lisant ce que vous nous confiez concernant votre amie, mes yeux se sont embués… Je la comprends, mais toute la musique classique n’est pas triste.
Je suis allée voir la programmation, et voilà ce que j’ai trouvé concernant l’interprétation du Boléro de Ravel.
Direction Musicale : Munch Charles
Ensemble : Orchestre de Paris
Bonne soirée à vous.
Amicalement.
Françoise

6 Livadiotti Roberto, le 21 septembre 2010 à 23:03 :

C’est vrai qu’elle est très belle,mais j’aimerais aussi savoir ce que veut dire “lisse”.Comme elle l’a dit,elle n’est pas musicienne mais plutôt actrice.

7 Livadiotti Roberto, le 21 septembre 2010 à 23:21 :

Je corrige ce que j’ai dit d’une façon rudimentaire.Je voulais dire que,fille d’un musicien,elle n’a pas trop cultivé la musique mais s’est dirigée vers l’art dramatique.

8 Eliane, le 22 septembre 2010 à 00:43 :

Cette femme est plus que belle,” è bellissima”, elle est vivante, rieuse, spontanée et sincère voire touchante et émouvante quand elle parle de son père et qu’elle écoute des oeuvres dirigées par ce dernier. J’imagine la montée en puissance d’adrénaline, heureusement qu’il y a les pauses “pub” pour respirer un grand coup!!
Toutefois, chère Françoise, je n’ai pas été ” emballée ” par le programme musical, qui ne comporte que des oeuvres très connues. Je ne supporte plus les 4 saisons de Vivaldi, cette musique est liée à un souvenir personnel cauchemardesque de danse classique, et le 1er mouvement de la sonate au clair de Lune, tellement entendu sur les ondes et, au passage, massacré par ma soeur au piano, ne me procure plus grande émotion! Je préfère de beaucoup le mouvement rapide .Bon, s’ajoute un boléro de Ravel d’une lourdeur épouvantable et insupportable ne ressemblant en rien à ce que j’ai entendu cet été avec l’orchestre de l’ Oural et son chef Dimitri Liss plein de fougue!! Je suis “en harmonie” avec le demi Dieu (je dirai aussi sous Dieu) Samuel Rosenfeld sur cette interprétation.
Disons pour conclure que j’ai eu l’impression de partager un peu d’intimité , c’est un beau cadeau. Faites l’essai, écouter l’émission une première fois dans la nuit, vous verrez,la perception est entièrement diffèrente

9 Martine, le 22 septembre 2010 à 10:40 :

Je n’ai pu écouter qu’un passage de l’émission en direct, et j’ai le temps de réécouter l’ensemble, j’ai bien aimé, c’est toujours émouvant d’entendre un invité s’ouvrir à ses émotions et les relier à son enfance, on sentait bien que ce n’était pas feint.
Mais j’ai aussi compris l’agacement -partagé pour ce qui me concerne - quand elle s’est offusquée des personnes qui écoutent la musique classique en faisant leur vaisselle (d’ailleurs à la réécoute, où est passée la petite phrase d’Olivier sur ceux qui l’écoutent même en passant l’aspirateur ? ;-) je préfère penser que pour Alexandra Vandernoot la musique est encore trop sacrée pour ça et surtout trop chargée en émotions par rapport à son père.
Et bien moi ça m’arrive, beaucoup d’airs de musique classique sont joyeux et ne nécessitent pas de rester assis concentré dans son fauteuil… il m’arrive même de l’écouter en voiture, et pourtant je ne saurais pas lire Balzac en conduisant :-)
Ceci mis à part, je l’ai trouvée bien sympathique et surtout humble dans sa façon de parler de sa profession

10 Livadiotti Roberto, le 22 septembre 2010 à 11:02 :

Comme vous,Eliane,j’ai trouvé que le programme de la “bellissima” n’avait rien d’original:les 4 saisons de Vivaldi,la Sarabande de Haendel,l’adagio du Concerto de Mozart,le Bolero de Ravel!Que diable,n’y a-t-il pas tant d’oeuvres magnifiques en musique classique,romantique,etc…qu’on entend si peu!Et cette nouveauté des “Mélodies d’amour”…(je trouve ça bling bling)!

11 Martine, le 22 septembre 2010 à 12:03 :

Roberti,je suis assez d’accord avec vous sur les mélodies d’amour, sauf que pour moi ça ne fait pas “bling bling” mais “gnan-gnan” ;-)

12 Samuel Rosenfeld, le 22 septembre 2010 à 13:24 :

Effectivement la nouveauté des mélodies d’amour, euh… bof bof…

13 Françoise (40), le 22 septembre 2010 à 13:44 :

… d’ailleurs aucun des bloggers n’a répondu à l’invitation qu’avait faite Olivier de faire part des leurs. Bizarre !

14 Eliane, le 23 septembre 2010 à 00:16 :

Alors moi, je dois être un peu “obtue” car je ne saisis pas bien la différence entre les “madeleines” et les “mélodies d’amour”, ces dernières donnent un peu trop dans le “pathos” vous ne trouvez pas? Ce n’est pas le grand enthousiasme, Olivier aurait du consulter la “vox populi” que nous représentons?

15 Dan, le 23 septembre 2010 à 01:55 :

Boff…oui, encore une “fille de”.

Pas de commentaire ; je vais être censuré ou validé aux calendes grecques…

16 sandrine, le 23 septembre 2010 à 09:53 :

ça y est j’ai retrouvé mon PC…tout fonctionne de nouveau! Tant mieux car moi aussi je trouve ces mélodies d’amour un peu “nunuche” et puis les madeleines elles-mêmes ne sont elles pas déjà des mélodies d’amour?
Très belle journée d’automne à tous!
Sandrine(84)

17 catherine Dubreuil dessinatrice, le 05 octobre 2010 à 14:57 :

Alors ma mère elle trouve que Vivaldi c’est bien pour repasser (les torchons, les pantalons, les chemises etc…) et c’est vrai! Mais c’est pas du tout péjoratif : c’est du bon sens , repasser c’est fatigant, avec l’énergie de la musique c’est plus facile, comme le chante Henri Salvador : copié/collé
PARCE QUE ÇA ME DONNE DU COURAGE
(Paroles: Mireille / Musique: Jean Nohain)
Quand le facteur part en tournée
On l’entend toute la matinée fredonner
Parce que ça lui donne du courage
Ça lui remet le coeur à l’ouvrage
Et le peintre en bâtiment
Quand il repeint l’appartement
Chante gaiement
L’air de Guillaume Tell
Sur sa grande échelle

Parce que ça lui donne du courage
Ça lui remet le coeur à l’ouvrage

bon, pour Alexandra, dont, n’ayant pas la télé je n’avais jamais entendu parler-mais qui est extrèmement sympathique et naturelle-et dont le rire m’a séduite de suite-comme le dit Martine c’est une histoire tellement personnelle et tellement belle: l’histoire de la création du Boléro moi ça m’a mis la chair de poule, et Maurice Béjart (qui était tellement chouette même trés vieux, quand je pense que Lang et consort ont financé des troupes d’illustres nuls tartignoles et le pire : prétentieux et sans humour et que Béjart a du faire ce qu’il pouvait en Suisse!!!c’est lamentable!!!!honte aux ministères de la Cult Urrr-bref …où j’en étais: indication de Maurice chéri à la danseuse inspiratrice sortant des flots, telle Ursula Andress dans James Bond, en 1000 fois mieux : “…et là tu appelles le chef d’orchestre, tu l’appelles vers toi…” , ils ne se connaissaient pas et paf : le chef d’orchestre épouse la danseuse et Alexandra vient au monde. Moi je trouve ça trop trop trop bien, …y’a de quoi avoir des séquelles …et des sensibilités exacerbées à la Musique Classique vous trouvez pas?
Pour ce qui est de la nouveauté “mélodies d’amour” …on pourrait dire “madeleines salées” “madeleines sucrées”…c’est pour pour faire un petit changement peut-être ? … un truc un peu plus perso…mais ça ne change pas grand chose : de toutes manières la Musique c’est de l’Amour, non ? Cette histoire de coffret ouvert des années après c’est très émouvant, Olivier doit être fier . Je trouve cette femme bien trempée d’affronter son émotion en direct, mais c’est aussi son métier d’actrice, une Danseuse étoile et un chef d’Orchestre ne peuvent pas pondre quelqu’un qui va vers la facilité…j’étais contente de la connaître!

18 catherine Dubreuil dessinatrice, le 05 octobre 2010 à 15:10 :

le problème c’est que ça n’a pas fait revenir Alain F !!!!?????

19 Erica Roche, le 05 octobre 2010 à 18:09 :

Bon retour, Catherine. Non, comme vous dites, tout ça ne fait pas revenir Alain F. Je me suis souvent demandée s’il ne se cache pas derrière des “pseudos” qu’on a vus dernièrement un peu bizarres, mais qui lui ressemblent, comme Ulysse ou Dr. Pari par exemple. Alain, si vous me lisez, sortez dans la lumière! J’ai ramené des photos d’Anif rien que pour vous…

20 Françoise (40), le 05 octobre 2010 à 22:30 :

Très, très contente de vous relire chère Catherine. J’espère que vous avez bien profité de vos vacances. A vous lire, je vois que vous avez la forme !
C’est vrai qu’Alain nous manque. S’il nous lit, qu’il nous donne vite de ses nouvelles.
Erica, à mon avis, même si Alain s’amusait à se cacher (pourquoi d’ailleurs ?) derrière des “pseudos”, ce ne serait certainement pas pour écrire les commentaires - “un peu bizarres” comme vous le dites trop gentiment - que nous avons lus récemment.
Elise, Martine, Mohammed. Vous aussi vous nous manquez.
Bonne soirée à tous.
Très amicalement.
Françoise

21 Erica Roche, le 05 octobre 2010 à 22:45 :

Françoise - j’ai dû mal m’exprimer -justement, je ne parlais pas du tout de Dan….


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