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A la vie, à Elie Wiesel !

Le 04 septembre 2010 à 17:52 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy reçoit Elie Wiesel sur Radio Classique

Je viens juste de rentrer des obsèques d’Alain Corneau au Père Lachaise. On parlait musique et cinéma en marchant vers le tombeau : il aurait aimé. Très beau discours de François Cluzet, qui rappelait avec beaucoup d’humour le côté maniaque d’Alain et le côté bordélique des Trintignant (Nadine et Marie). Il a eu cette jolie phrase : on aime ce qui ne va pas chez l’autre. Jordi Savall a joué de la viole de gambe, et Baptiste Trottignon a improvisé du jazz sur un beau Steinway.
C’était beau ce départ en musique.
Les juifs ne partent pas en musique. C’est pourquoi Elie Wiesel n’a pas choisi de musique “pour son enterrement”. Mais avec ses chants hassidiques en guise de “madeleines”, et surtout cette berceuse, on se sentait tous juifs. Et quelle émotion d’entendre ces belles chansons françaises au moment des “mélodies d’amour” !
Que peut-on ajouter à cette émission sans risquer d’abîmer tout ce que l’écrivain a magnifiquement dit ? Se souvenir de ce mot, peut-être : “L’âme ne crie jamais. Elle chante. Lorsqu’elle se tait, c’est grave.”
Voici son programme :

Madeleines
Traditionnel yiddish : Szol a Kakas màr (en hongrois)
Berceuse hassidique : In Beis hamikdosh
Traditionnel yiddish : « Oifn Pripitsik »
Programme
Chopin : Fantaisie-Impromptu (Evgeny Kissin)
Bach : Suite pour violoncelle seul n° 1 – « Prélude » (Yo Yo Ma)
Dvorak : Russalka - Air à la lune (Renee Fleming, Orchestre philharmonique tchèque, Charles Mackerras)
Schubert : Quatuor « La Jeune Fille et la mort » – 2e mouvement (Quatuor Alban-Berg)
Pergolese : Stabat Mater (Rachel Harnisch, Sara Mingardo, Orchestre Mozart, Claudio Abbado)
Mélodies
« A la claire fontaine »
« Colchique dans les prés »
« Tecse voda tecse » (berceuse tchèque)

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Il y a 21 commentaires pour cet article :

1 Erica Roche, le 04 septembre 2010 à 17:58 :

Vous avez raison Olivier, on ne peut rien y ajouter. Je me tais donc, très repectueusement.

2 Geneviève, le 04 septembre 2010 à 20:37 :

A cet hymne à la vie, je voudrais dire un immense “MERCI” !!! parce que nous sommes tous juifs!
Respectueusement. Geneviève

3 dom..., le 05 septembre 2010 à 17:58 :

bonjour,
j’écoutais dans la voiture, comme d’habitude cette émision…
mais… pour la berceuse tchèque… j’ai une autre version… suive les paroles copiées dans mon ”vieux” et précieux cahier de chant… donc ce ne serait pas une berceuse pour BB mais une berceuse pour l’âme! Essayez de chanter ces paroles avec cette musique: sublime. Passez un très bon moment et si vous trouvez la partition merci de me le dire, je serais ravie de faire sonner mon cello .

Le ruisseau chant tchécoslovaque

Coule dans la plaine
Doux ruisseau que j’aime tant
Viens bercer ma peine
Et calmer mon tourment bis 2 dernières lignes

Près de toi je rêve
Et s’apaise ma douleur
Que ton chant s’élève
Et console mon cœur bis 2 dernières lignes

Chante ruiseau chante
O mon doux et tendre ami
Ta voix qui m’enchante
Sait calmer mon ennui bis 2 dernières lignes
dom…

4 c.holdrinet, le 06 septembre 2010 à 14:07 :

J’émerge de la douce torpeur de l’été, en vous lisant bien sûr, même si je suis quelquefois un peu perdue… c’était très sympa.

Aujourd’hui, je voudrais adresser une pensée à Françoise de Sanguinet. Sanguinet cerné par les incendies récents dans les Landes. Françoise, donnez-nous de vos nouvelles.

Je déplore avec certains d’entre vous la programmation quotidienne de RC. Cet enchaînement d’oeuvres très différentes, nous faisant passer sans le temps d’une respiration, d’une atmosphère à une autre, finit par lasser. Il faut attendre 18h, passion classique, et les discoportraits à 23h !
Génial pour ceux qui travaillent.

Si France musique est une station trop bavarde, on devrait pouvoir trouver un plus juste équilibre,non?

Heureusement, Olivier Bellamy est là, qui nous enrichit chaque soir. Merci.

5 Françoise (40), le 06 septembre 2010 à 14:24 :

Chère C. Holdrinet, je me suis empressée de rassurer tous les amis du blog aussitôt que nous sommes rentrés dès hier soir, sur la page de Yann Q.
Merci infiniment pour votre gentillesse.
Très amicalement.
Françoise

6 Andréa, le 06 septembre 2010 à 14:40 :

Bravo

7 alain giraud, le 06 septembre 2010 à 14:46 :

Ceci n’est pas un avis mais une idée d’émission à transmetre à Olivier Bellamy.
J’ai vécu plusieurs années avec Joe Dassin à l’époque où nous étions étudiants à l’université du Michigan vers 1960. Nous faisions beaucoup de musique classique, et si cela vous intéresse de m’inviter je pourrais évoquer ces souvenirs pour vos auditeurs avec lesquels nous pourrions partager les coups de coeur classiques de Joe (qui, vous le savez, était le fils d’une violoniste élève de Sacha Schneider et Pablo Casals). Bien à vous.

8 Samuel Rosenfeld, le 06 septembre 2010 à 15:48 :

Pas facile à mon humble avis de faire une émission avec quelqu’un comme Elie Wiesel. Son passé est vraiment intimidant. Face à quelqu’un ayant vécu “cela” je ne saurais que dire. Bravo au tenancier d’avoir su trouver les mots justes, pour ne pas être dans la lourdeur et la déprime, tout en n’occultant pas “ca”.

9 CHARPENTIER Hélène, le 06 septembre 2010 à 18:58 :

Pratiquant le chant choral depuis plus de 40 ans avec quelques interruptions dues aux exigences familiales et professionnelles, je possède la partition de la berceuse tchèque et les paroles tchèques berceuse que nous avons interprétée avec l’ensemble choral des Cenelles d’Epernay ( http://les-cenelles.fr/) Il faut que je la retrouve dans mes archives. Cette partition figure à la page 221 du le volume 1 de “1000 chants” de Jean Edel Berthier publié en septembre 84 aux presses d’Ile de France avec les paroles suivantes en français :

Si tu fais le silence
Quand la nuit est tombée,
Une grande présence
Viendra tout illuminer.

Si la route est dure
Si ton ciel semble noir,
Que le ciel te rassure
Rien n’est jamais espoir.

Laisse la nature,
Quand le calme est venu,
T’apporter l’aventure
De ces mondes inconnus.

Ces paroles semblent convenir à Elie Wiesel dont je n’ai pratiquement rien lu mais et l’émission a stimulée ma curiosité pour deux raisons. J’aime lire et faire partager ce que les livres m’apportent. Ce fut mon métier de documentaliste de lycée puis de professeur de lettres. J’aime aussi le chant choral véritable quête partagée de l’harmonie et du bonheur même si ce bonheur doit se construire en surmontant d’énormes difficultés comme le montrait ce film vu hier soir sur arte :”La chorale du bonheur” où la passion du chef du choeur ressemble étrangement à la Passion du Christ.

Merci au présentateur de cette émission que je n’écoute pas systématiquement mais dont j’apprécie la préparation soignée dans les moindres détails.

10 CHARPENTIER Hélène, le 06 septembre 2010 à 19:00 :

correction : l’émission a stimulé ma curiosité.

11 Samuel Rosenfeld, le 06 septembre 2010 à 22:39 :

Samuel Rosenfeld vient de re re re re re re re re re re re re re re regarder “Tous les matins du monde” d’Alain Corneau sur Arte. Les mots lui manquent… En plus de la musique l’image est sublime… Corneau nous fait des natures mortes filmées et cela passe sans problèmes.
Arte a décidé de se tirer dans le pied en programmant suite à ce film un opéra d’un certain Macaroni ou Mascani, Samuel Rosenfeld ne sait plus, opéra nommé Cabaléria Chipolata, ou quelque chose d’approchant… Sinistre. Samuel Rosenfeld va manger une douzaine de tranxen pour ne pas finir d’achever sa télévision à coups de chaussons.

12 Samuel Rosenfeld, le 07 septembre 2010 à 10:33 :

Samuel Rosenfeld “tant chez lui ce matin Il écoute Christian Morin et Il doit dire qu’Il s’est mis le doigt dans l’oeil - si bleu, si bel oeil. Christian Morin n’est pas mal du tout, vivant et semble-t-il connaisseur en musique.

13 Ulis le Burnold le grand retour., le 08 septembre 2010 à 12:24 :

Mascagni: Pietro Mascagni, né en 1863, est un compositeur italien, représentant emblématique d’un courant musical bien critiqué en France, le vérisme.
Le jeune Mascagni, après avoir étudié brièvement la musique avec Puccini, abandonna ses études, devint professeur de piano crève la faim, composa son opéra le plus célèbre (le premier), Cavalleria Rusticana en 1889, pour un concours lancé par une maison d’éditions. Son opéra remporta le premier prix et fut joué dans le monde entier en même pas un an. Ses autres opéras ne déméritent pas et sont souvent joués de l’autre côté des Alpes (là ou les gens sont moins guindés, moins étriqués, plus naturels et plus musiciens), mais peinent à se faire connaître en France, vu la haine que voue le soi-disant mélomane français à sa musique. Il vécut néanmoins une vie heureuse et riche et mourut en 1945, à 82 ans.

Professeur Ulis le Burnold, email: ulysseburnod@yahoo.fr

14 Livadiotti Roberto, le 09 septembre 2010 à 17:05 :

Bon retour Ulis.J’ai essayé d’aller sur votre site sans succès,à partir de Google.Vous aviez dit un jour vouloir ecrire un livre sur Mascagni.C’est original comme idée,car il ne doit pas y avoir beaucoup de biographies sur ce compositeur.Sa “Cavalleria Rusticana” est pleine de belles mélodies,mais je le considérais,bien qu’étant moi-même italien,comme un compositeur secondaire,peut-être ai-je tort.

15 Françoise (40), le 09 septembre 2010 à 22:15 :

Bonsoir cher Alain,
Je viens de consulter un calendrier (pour confirmation des dates de congés scolaires … eh oui, déjà!)et je découvre que ce jour est celui de votre fête.
Ouf, il n’est pas encore minuit … je suis donc dans les temps. Je vous souhaite un tas de bonnes choses et vous embrasse très amicalement.
Belle et douce nuit.
Françoise

16 Samuel Rosenfeld, le 10 septembre 2010 à 13:17 :

Ulis nous dit à propos de Mascarponi “compositeur italien(…) Le jeune Mascagni, après avoir étudié brièvement la musique avec Puccini, abandonna ses études”. C’était dont cela! Un opéra composé par un italien en échec scolaire, ah bah bravo!

17 Alain F, le 10 septembre 2010 à 18:43 :

Quand Yo-Yo Ma a enregistré le prélude de la première suite pour violoncelle de Bach avait-il en tête pendant qu’il jouait, comme le suggère la paysagiste Julie Moir Messervy, un paysage de ruisseaux et collines ? J’espère qu’il s’agit de cet enregistrement des suites de Bach ( 1994 à 1997), car quoi de plus vivant que de l’eau et des arbres avant de basculer dans la noirceur de l’abîme. La voix du violoncelle était celle d’Elie Wiesel. J’ai écouté, j’ai pleuré et je me suis révolté à la pensée que de minables négationnistes font injure à l’humain. Point d’amende à payer mais une obligation de regarder mille neuf cent quarante quatre fois le terrible film ’’Nuit et brouillard’’ d’Alain Resnais. Que la voix du violoncelle ne se taise jamais. http://www.youtube.com/watch?v=qz0TltO3uQ8&feature=channel

18 Alain F, le 10 septembre 2010 à 19:14 :

Sandrine, tous ces noms italiens me font penser à vous demander : il faut seulement égoutter les pâtes ou les passer sous l’eau froide ? Merci pour votre prompte réponse- j’ai très faim de Farfalle !

19 CHARPENTIER Hélène, le 11 septembre 2010 à 11:48 :

Fin avril 1962. J’ai 16 ans. Ma mère et moi allons au télé-club du Foyer rural de jeunes et d’éducation populaire du village pour passer la soirée. Ce n’est pas cher,0,50 FF. Nous n’avons pas pris la peine de consulter le programme qui tient d’ailleurs une place discrète dans le quotidien régional. Les images de ” Nuit et brouillard ” me paralysent et je rentre à la maison en me crispant au bras de ma mère ce qui ne m’est pas arrivé depuis longtemps. ” Mais pourquoi, Maman, dis pourquoi ? On ne nous a pas dit à l’école que c’était comme ça les camps.”
Aujourd’hui me voici grand-mère et malgré les années passées je suis toujours aussi bouleversée.
Ce fut un apaisement et un réel bonheur que de réécouter cette émission qui exprime avec les mots justes tout ce que la musique, le chant et le chant choral en particulier peuvent apporter pour construire une vie plus belle dans les épreuves de l’existence : dépassement de soi, chanter pour le bonheur de celui qui est à côté de vous, le choeur comme image de la société ideale,sans oublier cette citation: ” L’âme ce crie pas, elle ne crie jamais, elle chante. Lorsqu’elle se tait, c’est grave.”

20 CHARPENTIER Hélène, le 11 septembre 2010 à 11:53 :

L’âme ne crie pas, elle ne crie, elle chante. Lorsqu’elle se tait, c’est grave.”
Elie Wiesel,sur Radio classique à Olivier Bellamy.
Suggestion : à afficher dans les salles de répétition.

21 Alain F, le 11 septembre 2010 à 13:12 :

Souvenirs similaires : le choc. Jeune louveteau, tous les samedi soir au vieux ciné du scout, près de la maison, nous regardions des Laurel & Hardy, les Aventures des Pieds Nickelés, un Marcelino pan y vino qui provoquait des larmes de gosse et puis un soir, ils ont osé programmer ce ‘’Nuit et brouillard’’ : Quel choc, quel impact sur nos jeunes et encore fragiles têtes mais comme ils ont eu raison d’avoir osé. Qui ose maintenant ?


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