Accueil  >  C’est Caussé qui sait…
Flux RSS

C’est Caussé qui sait…

Le 02 septembre 2010 à 11:10 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy reçoit Gérard Caussé sur Radio Classique

… qu’on s’est cassé et gaussé en Ecossais. Pur plaisir de l’allitération. Après tout, Ravel n’a pas fait autre chose avec Pavane pour une infante défunte.
La première fois que j’ai entendu Gérard Caussé, j’étais tout jeune, c’était au théâtre d’Angers. Il jouait avec François-René Duchâble la Sonate Arpeggione de Schubert et la Sonate pour alto et piano de Chostakovitch. J’ai cru entendre Maria Callas chanter, tellement il tirait de son instruments des sons inouïs, sombres et rauques, et des sanglots fauves. Plus tard, je l’ai longuement interviewé dans le cadre du Journal de la Création, une émission sur la Cinquième. Chaque conversation ressemblait à une confession libre et profonde, où il n’était question que de choses essentielles.
Mais Gérard est aussi un être très étourdi. Nous avions rendez-vous la semaine dernière à 10 h du matin pour enregistrer cette émission. Je rentrais de Sicile la veille, crevé par une journée dans les aéroports, avec de longs changements, des retards… Bref, à 10 h, il n’était pas là. On l’a appelé : il était encore en Corse, persuadé que l’interview se ferait par téléphone ! Finalement, nous nous sommes retrouvés dans les studios (heureusement libres) de Radio Classique vers 17 h.
Quand il parle de son luthier, c’est extraordinaire. On a l’impression d’être dans l’atelier, de sentir l’odeur du vernis, d’entendre le va-et-vient de la râpe sur l’érable…
Voici son programme :

Madeleines
Le Barbier de Séville de Rossini, l’air ” Una voce poco Fa”, la 2de
partie, dans la version de Cécilia Bartoli,
enregistrée a l’hôtel SAVOY en récital avec piano.
Pianiste : Georg Fischer
Quatuor a cordes de Maurice Ravel, le mouvement lent, dans la
version du Quatuor CALVET.
Les pêcheurs de perles de Bizet, l’air ” La Romance de Nadir”, chanté
par georges Thill, ou Rolando Villazon.
-Mélodies d’amour
Massenet : Werther – « Pourquoi me réveiller »
Bach : Variations Goldberg (Gould)
Jacques Brel : ” Sur la place”
Programme
-Beethoven, “triple Concerto”, le Mouvement lent.
- Max Bruch : “Romance” Gérard Caussé , Alto”
Bela Bartok, 2eme concerto de Violon, 1er Mouvement, version Ivry
GIitlis
-Hector Berlioz : La Damnation de Faust, l’air ” D’amour l’ardente flamme”
Susan Graham, Voix, Pappano, direction.
Brahms : Rhapsodie pour contralto, chœur d’hommes et orchestre (Kathleen Ferrier)

Tags :
Lien permanent | Rétrolien

Il y a 12 commentaires pour cet article :

1 Bernard Gensane, le 02 septembre 2010 à 16:36 :

De nombreux grands musiciens (j’ai des noms) ne savent pas parler de musique : soit ils sont trop techniques et leur parole passe au-dessus de nos têtes, soit ils croient devoir vulgariser à outrance et ils ne nous apportent rien. Mais, après tout, ils ne sont pas payés pour cela. Ce n’est pas du tout le cas de Gérard Caussé, qui nous a merveilleusement communiqué son rapport profond à la musique et à son instrument.

Son programme musical, sa play list, comme on dit sur les antennes de Radio Classique, comportait une œuvre dont je ne connaissais pas l’existence, la Rhapsodie pour contralto, chœurs d’hommes et orchestre de Brahms. Quelque chose d’in-ouï pour moi, au sens propre du terme. Avec ce questionnement tout bête : comment cela a-t-il pu être conçu, comment cela a-t-il pu exister ? J’avais éprouvé cette même sensation la première fois que j’entendis, dans les années cinquante, la Deuxième Rhapsodie hongroise de Liszt enregistrée par Horowitz après la guerre. Ou, dans un autre genre, il y a maintenant 43 ans, quand je découvris “ A Day in the Life ” des Beatles ([->http://blogbernardgensane.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/08/02/sgt-pepper-s-lonely-hearts.html#more]).

Il faut dire qu’Olivier sait faire s’exprimer ses invités. Dans un entretien récent, il explique qu’il n’a pas «l’arrogance de penser » que les musiciens vont venir à lui, alors il va vers eux. Contrairement à quantité de gens de radio et de télé qui amènent le monde jusqu’à leur petite personne et leur ego boursouflé.

Caussé expliqua que, s’il s’était tourné vers l’alto, instrument plus grave que le violon, c’est peut-être parce que sa mère avait sangloté pendant les neuf mois de sa gestation. Elle avait pleuré parce qu’elle l’avait conçu instantanément après avoir perdu un enfant. Il nous dit que ses parents lui donnèrent le prénom du bébé mort.

Tous les dimanche, Vincent Van Gogh enfant dut se recueillir avec ses parents sur une tombe qui portait son nom, celui d’un Vincent qu’il ne remplacerait jamais, chaque enfant étant unique. D’où, peut-être, sa “ folie ”.

Merci tout de même, Olivier…

2 Erica Roche, le 02 septembre 2010 à 17:20 :

J’ai beaucoup apprécié cette émission, sauf justement toute la partie concernant sa gestation etc. Je me suis alors sentie très mal à l’aise presque comme si j’étais coupable de voyeurisme, tellement il semblait ému et au bord des larmes, et pourtant j’avais l’impression qu’il souhaitait beaucoup en parler.

3 Samuel Rosenfeld, le 06 septembre 2010 à 16:56 :

Samuel Rosenfeld, de retour chez lui, est en train d’écouter Passion Classique consacré à G. Caussé pendant qu’il fait gouter les petites demoiselles. Vu le succès de passion classique Samuel Rosenfeld ne comprend pas pourquoi cette émission n’est pas disponible en podcast, ce qui permetrait de l’écouter sur sa radio en voiture, sur son IPod en faisant son footing etc… Il serait temps que le tenancier tape du poing sur la table pour obtenir que son programme soit enfin podcastable.

4 Erica Roche, le 06 septembre 2010 à 17:47 :

Bonjour la circulation routière lilloise avec SR au volant en train de podcaster lorsqu’un malencontreux extrait d’opéra ose se glisser dans ses oreilles! Heureusement que RC a passé un contrat avec Bison Futé pour empêcher ce genre d’inconvénient aux pauvres chtis qui ne se doutent pas du danger!

5 Samuel Rosenfeld, le 06 septembre 2010 à 17:50 :

Savez-vous, Erica, qu’il faut malheureusement prendre ce que vous dites au premier degré? Lorsque Samuel Rosenfeld tombe sur de l’opéra en voiture, Il klaxonne systématiquement avec une frénésie toute Rosenfeldienne qui laisse accroire aux usagers de la route que Samuel Rosenfeld est fou, surtout quand Samuel Rosenfeld traverse un village de campagne semi désert en klaxonnant à tue-tête.

6 Erica Roche, le 06 septembre 2010 à 17:54 :

J’imagine tout à fait la scène! Je continue par une citation de François Mitterrand, ce qui n’est pas du tout dans mes habitudes, mais pour une fois j’y vais parce que ça vous concerne,peut-être mon cher Samuel : “Les chercheurs qui cherchent on en trouve. Les chercheurs qui trouvent on en cherche”

7 Françoise (40), le 06 septembre 2010 à 20:12 :

Chère Erica, si F. Mitterrand l’a dit, c’est qu’il a répété ce qu’avait dit … le Général de Gaulle !
Bonne soirée.
Très amicalement.
Françoise

8 Erica Roche, le 06 septembre 2010 à 22:56 :

Autant pour moi!!

9 Lepauw Nicole, le 10 septembre 2010 à 10:17 :

Cher Monsieur Bellamy, je suis une de vos grandes fidèles depuis … ! Par ailleurs votre émission reste le seul lien qui redonne “vie” à ma mère qui souffre d’un Alzheimer avancé. Là elle reconnaît les oeuvres, les noms d’artistes puisque ce monde fut sa/notre vie, mon père Roger Lepauw était altiste solo de l’OdP, altiste du quatuor de l’OdP etc …
J’en arrive à cette passionnante émission avec G.Caussé qui connut bien mon père. En plus de ses belles qualités d’altiste (et je suis hyper difficile) il sait partager sa passion d’une manière toute simple et évidente, il nous fait entrer dans son monde, celui de l’alto au son si chaleureux et envoûtant et celui de la musique, de la voix. Ce qu’il a justement “partagé” de sa gestation m’a beaucoup touchée et intéressée car en effet cette période nous marque pour la vie et cela m’a éclairée concernant la passion de mon père et de moi-même pour l’alto et les voix graves. Je l’en remercie.La musique est l’expression de nos émotions profondes et intimes, elle est faite de la vie du compositeur comme de l’interprète, aucun voyeurisme pour moi à recevoir cette confidence mais un cadeau pour lequel je dis merci à G. Caussé et à O. Bellamy. Les choix musicaux furent également très riches, je serais rester l’écouter parler trois fois plus longtemps.
MERCI

10 Livadiotti Roberto, le 11 septembre 2010 à 16:45 :

Des choix musicaux assez bons,mais encore une fois,les “Variations Goldberg” de Bach!Ne peut-on trouver dans l’abondante oeuvre du “Grand Jean-Sébastien”,d’autres morceaux plus représentatifs et plus exaltants que ces variations? Je dirais la même chose pour le choix du mvt lent du triple concerto de Beethoven.

11 catherine Dubreuil dessinatrice, le 12 septembre 2010 à 21:29 :

…bon …alors…j’étais concentrée sur cette belle émission , magnifique morceaux, belle simplicité , évidence , partage…lorsque lisant les autres commentaires avant de composer le mien, toute recueillie par cet échange généreux et vrai, je tombe sur le sketche : “Erica et Samuel Rosenfeld dans la circulation routière” : éclat de rires!!!! Bravo : on y est ! Paf : me voilà totalement ailleurs ….Reprenons-nous: c’était beau, sa voix est aussi agréable que ce qu’il dit est beau: sur le luthier, sur la chanson de Brel….j’ai eu du mal avec l’émission d’A.Corneau : débit angoissant, je me suis forcée à aller jusqu’au bout-par acquis de conscience, et aussi parce qu’on ne le réentendra pas, le pauvre - je dis cela affectueusement- mais les musiques toutes dans le même registre c’était un peu too much…là avec Caussé le temps est passé vite, on serait bien restés plus avec une programmation pareille chaque morceau magnifique (…une réserve pour Bartok - he oui Samuel …j’ai du mal: je ne suis pas assez “calée” ! pourtant Ivry Giltis j’adore!!!!!!…Erica vous m’étonnez?!…c’est votre coté “anglaise imprévisible”!?! Ayant moi-même horreur de l’exhibition et du “psy” à raz les pâquerettes, je l’ai trouvé bien pudique son évocation personnelle, et en plus c’est Olivier qui l’a poussé! C’est merveilleux, grâce à Passion Classique de faire des rencontres d’artistes aussi investis dans la Musique et qu’on n’entend jamais, ils disent de bien belles choses, et ils les disent bien.

12 catherine Dubreuil dessinatrice, le 13 septembre 2010 à 10:39 :

PS: ceci dit je ne suis absolument pas d’accord au sujet des sopranos, voire colorature , “volatiles” d’un charme infini dont la Musique ne saurait se passer


Donnez votre avis !






ombre