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D’un Schönberg l’autre

Le 28 mai 2010 à 14:42 par Olivier Bellamy

 Olivier Bellamy et Claude-Michel Schönberg sur Radio Classique

Qui savait que le compositeur des Misérables et celui du Pierrot lunaire étaient rattachés par un lien de parenté ? C’est Pierre Boulez qui doit bien rigoler (ou pleurer, c’est selon). Au-delà de l’anecdote, rappelons que celui qui s’est fait connaître grâce à la musique (formidable) de La révolution française (avec les Martin Circus, cela ne nous rajeunit pas) a des racines ukrainiennes avec un grand-père né à Vienne et un père né à Budapest. Mittel-Europa, quand tu nous tiens ! Claude-Michel a levé son chapeau sur les derniers quatuors d’Arnold, ce qui suffit à prouver qu’il possède une solide culture musicale.

Mais le compositeur de comédies musicales et le compositeur tout court sont séparés par le même fossé qui distingue le journaliste de l’écrivain : l’un écrit à la commande, l’autre parce que c’est sa respiration quotidienne. Ainsi le piano est le “meilleur ennemi” de l’auteur du Premier pas. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir fait son miel de ce conseil de Richard Strauss à Georg Solti (confié par ce dernier dans l’Euro-Star) : “Imaginez que les chanteurs parlent”. D’ailleurs, les plus grands instrumentistes ne se contentent pas de chanter, ils parlent avec leur piano ou leur violon.

Pour Claude-Michel Schönberg, la musique est indissociable d’une histoire. Cela dit, tous les compositeurs n’écrivent pas de la musique descriptive ou narrative. C’est ainsi qu’en relisant les excellentes Notes sur Chopin d’André Gide,  j’ai savouré le moment où l’écrivain affirme que si Schumann part souvent d’une image ou d’un sentiment qu’il transcrit en notes, Chopin au contraire part des notes et laisse le sentiment l’envahir… Et de conclure : Schumann est un poète, mais Chopin est un artiste.

Etonnant aveu de Claude-Michel Schönberg qui s’identifie, non à Cosette ou à Jean Valjean, mais à Javert. A cause de sa pureté, qualité qui exclut les “bons sentiments”, lesquels selon Gide (toujours lui) ne donnent pas de bonne littérature. Gide qui rappelle que Chopin (qui n’était pas ce que l’on peut appeler un “gentil”) est sans doute le musicien le plus pur de toute la musique.

Voici son programme :

-Par dessus tout: Richard Strauss Im Abendrot (the four last songs)

extrait car très long (ouverture ou la fin)

  version de Luccia Popp

  -Madeleines: 1) Prélude acte I  de Lohengrin de Wagner

Entrée de Madame Butterfly  de Puccini « Spira sul mare » (Acte I)

What I say de Ray Charles

 -Sélection classique: Chopin Concerto N°2 pour piano : Larghetto par Evgeny Kissin

Fantasia pour piano choeurs

et orchestre  de Beethoven par Evgeny Kissin

Stille Tranen op. 35 n° 10 de Schumann par Jose Van Damm

(Extrait du Maître de musique)

Faure  In Paradisium (Requiem)

Guillaume Tell de Rossini : Liberté redescends des cieux (Finale)

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Il y a 7 commentaires pour cet article :

1 Livadiotti Roberto, le 28 mai 2010 à 17:51 :

C.M.Schonberg,apparemment bon compositeur de comédie musicale tirée du chef d’oeuvre du grand Victor Hugo a aussi un bon choix d’oeuvres musicales,je pense le meilleur de la semaine et meme du mois.J’avais déjà dit mon appréciation sur le blog de R.Mi.

2 Françoise (40), le 28 mai 2010 à 17:58 :

Entièrement d’accord avec vous cher Roberto.
Le matin, dans “la matinale”, mon mari m’a dit : “qui est cet invité, pour une fois il ne dit pas de c…”. Il est vrai que les invités de G. Durand ne nous plaisent pas souvent ; mais cela n’engage que nous, bien sûr !

3 Livadiotti Roberto, le 29 mai 2010 à 00:17 :

Chère Françoise,je n’écoute pas très attentivement les émissions de Guillaume Durand,parce que entre 7h et 9h,je suis plutot sur France-Inter.Nous sommes donc d’accord encore une fois pour cette émission avec C.M.Schonberg.Bonne soirée à vous et à votre mari.

4 Alain F, le 29 mai 2010 à 11:24 :

Bonjour à toutes et à tous. Une pause découverte avant d’écouter C-M Schönberg et J. Tatte ! Avant-hier j’ai été pris d’émotion en voyant à deux reprises le dvd diffusé à la tv (chaine musicale) qu’a réalisé le catalan Jordi Savall avec son orchestre « Le Concert des Nations » : il s’agit des Sept Dernières Paroles du Christ en Croixde de Franz Joseph Haydn. Les images alternent l’orchestre filmé dans une église à Cadiz et une procession dans les rues de cette ville espagnole. La musique ne devrait pas dépayser ceux qui connaissent le compositeur que par les symphonies à titres. J’ai trouvé poignant cette association, ne sachant plus si les images apportaient à la musique ou le contraire ! Le son des instruments est fruité à souhait et Savall est un musicien qui force l’admiration. Rien ne remplacera une écoute sur une chaine hi-fi mais vous aurez.-là un extrait qui peut vous mettre « la note à l’oreille » et les images, qui font voyager, aux yeux. http://youtube.com/watch?v=3L-304I-pRc&feature=related

5 Alain F, le 01 juin 2010 à 09:00 :

BEAU LA MONTAGNE ! (Traduction de Schön Berg) . Ma méconnaissance de Claude-Michel Schönberg aurait pu me faire sourire en apprenant qu’un chanteur des années 70 venait à la radio pour renouer avec le succès, si Olivier, en annonçant dès le 25 Avril son passage à Passion Classique, n’avait laissé entrevoir une émission passionnante. Qu’elle énorme sottise de ma part ! Les comédies musicales ne m’ont jamais attiré et cette obstination, je le regrette maintenant ,après avoir écouté à deux reprises le compositeur. Je n’irai quand même pas me jeter dans le Tarn pour expier ma faute ! Étant plus sensible aux voix féminines, je n’aurais jamais pu imaginer que celle de Claude-Michel Schönberg m’envoûte autant. Son propos, ses goûts musicaux-Richard Strauss-Wagner- ses madeleines si proches des miennes, ses anecdotes-la salle Tchaïkovski du Conservatoire de Moscou : la visiter vide est impressionnant car on peut tout imaginer….Ses souvenirs d’enfance-la baguette devant le phono- le magasin de disques- m’ont remué autant que de passer dans un Cumulonimbus. Finirons-nous par « pleurer comme une madeleine » à l‘évocation de tant de souvenirs ? Monsieur, votre montagne est bien belle !

6 Erica Roche, le 11 juin 2010 à 18:40 :

Je suis en train de rattraper mon retard, et j’étais très agréablement surprise par C-M S que j’avais sous-estimé. J’aime bien les bonnes comédies musicales et j’avais aimé Les Misérables (qu’on appelle “Lez Miz” en Angletere) mais franchement sans plus, et j’ai détesté “Miss Saigon”, un genre d’ersatz ennuyeux de “Madame Butterfly” avec une mise en scène trop tape-à-l’oeil et une musique qu’on oublie aussitôt.Je ne m’attendais donc pas du tout à découvrir quelqu’un d’aussi fin et sensible. J’ai adoré son programme musical-ça faisait des années que je n’avais pas entendu Stille Tranen avec Jose van Damm, et j’étais très émue.J’ai regretté le choix de Lohengrin comme madeleine, et c’était vraiment un extrait trop minuscule…

7 catherine Dubreuil dessinatrice, le 31 octobre 2010 à 15:12 :

formidable cette émission, magnifiques choix musicaux et propos passionnants et enrichissants, on frôle le très sérieux sans y tomber… ça donne envie d’aller “entendre” les Misérables…ceci dit , même si d’autres s’y sont frotté sans succès …il a un super librettiste avec Totor, même tout doué que vous soyez, cher Claude Michel, votre succès mondial est quand même plus surement redevable à Hugo , pareil pour l’actuel Mozart en disco, et Le Notre Dame de Paris, d’un de vos collègues (dont la pauvre Cathédrale de Paris fait les frais transformée en Dysneyland depuis…grrrrrrr)… autres “cartons”, tant mieux!! Je préfère, en effet, voir Wolfy (copyright AlainF-revenez Alainnnnnnn, dans quelle tessiture et avec quel orchestre faut-il donc vous le chanter!!!!!!) Wolfy donc, et Esmeralda râfler des Victoires que mesrines empocher des césars.
En tous cas Claude Michel Bravo pour votre amour de la Musique et merci de nous en avoir si bien parlé -grâce à Olivier !


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