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Georgette Lemaire, Gervaise ascendant Cosette

Le 25 avril 2010 à 16:57 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Georgette Lemaire sur Radio Classique

1. Que diable n’a-t-elle choisi l’Opéra de Quat’sous, notre brave Georgette Lemaire ! On serait resté dans la note de ses malheurs. A vrai dire, il semble que son fils Tony lui ait soufflé la substantifique moelle de son programme. A la fin de l’émission, il lui a lancé sur un ton de tendre reproche : “Pourquoi n’as-tu pas parlé de Mort à Venise pour la Cinquième de Mahler ?” Du genre : on l’avait pourtant bien répété à la maison. Elle avait l’air navrée, Georgette. Encore un coup de ce Johnny Stark qui tentait sans doute encore, du haut de son fauteuil de nuages, de lui tirer le tapis sous le micro.  ”C’est de ma faute, lui ai-je dit pour la rassurer, j’aurais dû vous lancer sur Visconti.” Mais j’avais peur qu’elle pense qu’il s’agisse du nom d’un maffioso qui aurait lui aussi tout fait pour l’éloigner des studios de télévisions pour favoriser plus encore la carrière de la docile Avignonnaise.

Mais elle était si touchante Georgette, si honnête, si vraie que l’on comprend aisément que le public populaire se soit aussitôt reconnu en elle. On comprend aussi qu’elle en ait bavé dans cet univers de requins qu’était (gardons ce pudique et consensuel imparfait de l’indicatif qui n’en pense pas moins) le milieu du show-biz.

Bien sûr, il ne fallait pas s’attendre à un cours sur la facture des violes dans la musique élisabéthaine ou sur l’importance de la septième diminuée dans l’oeuvre de Wagner. Mais remarquez qu’entre Philippe Némo et Georgette Lemaire, l’ambitus maximal a été atteint cette semaine. C’est cela Passion Classique, un lieu de partage et d’émotions pour tous. Les gagnants à l’applaudimètre ne sont pas forcément les plus savants, mais les plus généreux, les plus sincères et les plus ouverts au dialogue.

A micro fermé, j’ai demandé à Georgette Lemaire si elle était déjà allée à un concert de musique classique. Elle m’a regardée d’un air confus, sans chercher à mentir, et a secoué tristement la tête. “Mais j’aimerais bien…” a-t-elle ajouté comme si l’aveu de ce désir devait me consoler d’un hypothétique regret de l’avoir invitée.

Non, Georgette, rassurez-vous, vous étiez chez vous sur Radio Classique. Mais promettez-moi à l’avenir d’écouter un peu plus souvent notre station. Il est des musiques éternelles, sachez-le, qui guérissent les bleus à l’âme plus sûrement que d’innocentes chansonnettes.

2. Le dernier message d’Alain de Toulouse (chapitre Gérard Lesne) m’a bien fait rire.

3. Vos escarmouches autour d’Arnold Schönberg m’ont bien amusé également. D’autant que j’ai enregistré au même moment une émission avec Claude-Michel Schönberg (passionnante) que vous découvrirez bientôt en mai dans une semaine “Londres”. Vous y entendrez un court extrait du Premier Pas, qui n’est certes pas Pierrot lunaire, mais qui est bien joli tout de même…

 Voici le programme de notre Georgette nationale :

Joann Strauss - Le beau Danube bleu

3 “madeleines” musicales.

-   -André Claveau - Domino

-Al Jarreau - Agua de beber

-José Feliciano - Angela

- morceaux de musique classique.

- Les Choeurs de l’Armée Rouge - Moscow nights

- Richard Wagner: Tristan und Isolde - Prélude

- Gershwin - Rhapsody in blue

- Mahler Gustav - Adagietto Symphonie N°5 (version du film mort à venise)

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Il y a 14 commentaires pour cet article :

1 catherine Dubreuil dessinatrice, le 25 avril 2010 à 23:48 :

ça c’est sur! d’un extrême à l’autre! gratinée Georgette!!! mais plus chouette que le pénible et prétentieux Nemo -qui ne mérite pas un si chouette nom Jules Vernien- la Georgette elle dit “Wouagner”, et elle est elle-même , elle y connait rien et elle fait pas semblant! Rien à fiche ! Brut de pomme!…c’est vrai qu’elle est touchante dans son genre ….voire même sidèrante … et surement courageuse. Je recommande aux blogeurs la lecture du journal de Pascal Sevran, qu’elle a bien fait tourner en bourrique, et qui a été drôlement généreux, en livre de poche, on lit le premier tome dans un train parcequ’il n’y avait rien d’autre au relais sncf…puis on achète tous les autres parceque c’est émouvant, sensible, plein de vérités bonnes à lire, et qu’on devient accro. Je trouve qu’il manque cruellement au paysage médiatique des personnalités aussi entières …Olivier vous êtes formidable: vous nous étonnez encore! …et paraissez étonné vous-même ce qui est merveilleux et atteste une fois de plus votre écoute empathique , si c’était nécessaire…

2 Alain F, le 26 avril 2010 à 12:20 :

ÂGE TENDRE ET PAS LANGUE DE BOIS NOTRE GEORGETTE LEMAIRE COURAGE. …….. En ces presque temps des cerises, votre franc-parler sur « la vie d’artiste » dans votre monde impitoyable ne peut qu’émouvoir et ému je l’ai été. Jean Valjean j’aurai aimé être, pour vous sauver vous aussi de vos dégoûts de tous ces Thénardier. Misérables ils sont. Moi qui brocarde souvent la diffusion répétitive de l’Adagietto j’en aurai redemandé tel un Philip Glass en manque d’inspiration. Votre « Triste et Isolde » avait été parfaitement choisi aussi. J’ai relevé une phrase de votre fils Antoine « Je ne quitterai pas cette terre sans avoir fait un disque avec ma mère » C’est beau ! Très beau ! Vous pouvez Monsieur, pour très longtemps rester sur cette terre, pas toujours compatissante. Georgette, si vous le permettez, je vous embrasse très affectueusement sur vos deus joues à la fois. MADAM ! MADAM ! « Inoubliable » vous êtes.

3 Françoise (40), le 26 avril 2010 à 12:51 :

Vous avez vu (non lu) cher Alain, Olivier a trouvé un philosophe qui le “fait bien rire” !
Bonne journée à tous.
Très amicalement
Françoise

4 Alain F, le 26 avril 2010 à 13:20 :

Frère Alain est né sous X , et tente de l’oublier, un peu trop parfois… lire deuX.

5 Alain F, le 26 avril 2010 à 14:22 :

Sta Francesca Da Sanguineti, Frère Alain apprécie tous ceux qui fréquentent la Place Henri Bergson (Grand philosophe). Frère Alain ne lisant jamais les écrits qui ne sont pas les siens- hi ! hi ! hi ! - (voir ci-dessus) ne sait à quoi vous voulez faire allusion. Frère Geppetto, qui ne reste pas de bois devant votre sollicitude.

6 Françoise (40), le 26 avril 2010 à 14:37 :

Cher Alain, ne lisez-vous donc pas les toujours très intéressants commentaires d’Olivier ?
Je viens de feuilleter un programme TV trouvé dans notre boîte aux lettres. Seriez-vous au programme pour ce vendredi 30 ? J’espère que mon emploi du temps me permettra d’être devant LE poste.
En attendant, je vous souhaite un excellent après-midi.
Très amicalement.
Françoise

7 Alain F, le 26 avril 2010 à 16:39 :

Sœur Blanche de la Force (Françoise à Sanguinet) , Aucun programme ne passe les lourdes portes de notre Abbaye. Nos manuscrits enluminés sont nos seules télé visions de l’Au-delà. Curieux comme un bénédictin qui chercherait à apercevoir les sœurs du couvent voisin, j’ai emprunté l’impur programme à notre jardinier. Je n’ai remarqué qu’un film à 21h sur Ciné Premier qui pourrait correspondre à votre futée allusion « Bienvenue chez les Ch’tis » Est-cela ? Malheureusement, même si nous avions pu escalader le haut mur de pierre pour nous rendre au café du coin « CHEZ MIMI » cela nous est impossible. Notre confrérie se doit d’assister à la remise des prix du concours de labours auquel nous avons participé dans l’après-midi. Toute apparition de mon corps dans ce film ne serait que miracle. Je suis indisponible jusqu’à 18h30 devant m’entretenir avec le frère supérieur sur la prochaine réalisation d’un cd de chants Grégoriens. Frère Dany.

8 Françoise (40), le 26 avril 2010 à 16:59 :

Je fais une pause (eh oui, les vacances, finies, il faut bien remettre la maison en ordre) et vous voilà revenu. Vendredi 30, 20 H 35 - France 5 … A moins que ce ne soit pas Vous ? Dans ce cas, ce serait TG qui m’aurait trompée ! Mais je ne le crois pas.
Zorba le Grec, c’est ce que vient de passer RC. Agréable, il y avait si longtemps ! De toute façon, bien mieux - pour ma part - que des “Schonberg” (orthographe ?) ou autres dans le même genre.
Au fait, pourquoi Soeur Blanche de la Force ? “Soeur” j’aurais pu l’être (à 14 ans, j’y ai pensé - mais seulement pensé). “Blanche” ? Oui, mais nettement moins l’été ! “de la Force” ? Certains disent, effectivement, que je suis “forte” (non pas en kg ; là, ça va), donc que je résiste plutôt bien ; en fait que je prends les choses du bon côté.
C’est sur la “sérénade italienne” de Wolf que je vous quitte… pour retourner à mes saines besognes.
Françoise

9 Françoise (40), le 27 avril 2010 à 12:24 :

Alain,
“L’action se situe à Paris et à Compiègne. Elle débute en avril 1789. Blanche de la Force annonce à son père son intention d’entrer au Carmel. La mère supérieure du couvent de Compiègne la reçoit et lui demande d’exposer les raisons qui la poussent à rejoindre cet ordre religieux. Devenue novice, Blanche va vivre les derniers jours de la congrégation mise à mal par la Révolution française. La troupe envahit le couvent, mais Blanche réussit à s’échapper. Les ordres religieux sont supprimés et les religieuses sont condamnées à mort. Elles montent à l’échafaud en chantant le Salve Regina. Après bien des hésitations, des doutes sur sa raison d’être, Blanche les rejoint.”
Bonne journée. Je vous embrasse.
Votre Soeur ? Votre amie ?
Françoise

10 Alain F, le 27 avril 2010 à 16:06 :

Sainte Françoise « de Soubirous » , (vous voilà deux maintenant !) la preuve, par votre quête de spiritualité, qu’un miracle est toujours possible sur ce blog. C’est volontairement que je n’ai pas répondu à vos questions existentielles d’hier P.M (après-midi en français: restons accessible hi! hi!). Votre sainte obstination a porté ses fruits. Je vous embrasse très amicalement pour votre aptitude à l’humour. Toutefois, j’informe le médecin de Lourdes en vue d’une authentification hypothétique. Merci à Francis Poulenc. PS: J’espère qu’Olivier n’a pas « refilé » les codes d’accès à ce blog au Père Desgens ? L’excommunication me guette, ou le Père m’intime l’ordre d’y rentrer !

11 Alain F, le 27 avril 2010 à 16:24 :

Et avant tout, merci à Georges Bernanos. Mea Culpa.

12 Livadiotti Roberto, le 27 avril 2010 à 17:43 :

Dans mon Histoire,à propos du “Dialogue des Carmélites” de Francis Poulenc,j’ai ecrit que les Soeurs avaient été envoyées à l’echafaud par des “scélérats sanguinaires révolutionnaires”.Ceci dit,je ne suis pas contre la Révolution,mais contre les assassins.

13 Alain F, le 27 avril 2010 à 18:42 :

Cher Roberto, Allez voir «Andrea Chénier» à l’Opéra Bastille, place de la Bastille, à la (peine) Capitale. L’échafaud fonctionne dans cette œuvre de Giordano. L’avez-vous déjà vu ? Moi jamais, uniquement entendu en cd.

14 Livadiotti Roberto, le 28 avril 2010 à 17:56 :

Non,cher Alain,je ne connais pas “Andrea Chenier” de Giordano et n’y ai jamais assisté.Je n’en connais aucun extrait et donc je n’irai pas le voir. Je préfère assister à des operas que je connais mieux.


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