Dans Discours parfait, Philippe Sollers voyage dans la littérature. Un moyen comme un autre de se retrouver. Ou d’échapper à notre époque “d’analphabètes”. Le voyage est l’état naturel de son signe astrologique (Sagittaire) et la littérature est son métier. Mais ce n’est pas un Wanderer comme Schubert. Nulle errance, nulle mélancolie, nulle familiarité avec la mort. Philippe Sollers est du côté de la vie. Celle d’un Casanova : libertin vénitien, mais écrivain français, il l’a rappelé. C’est ainsi qu’il se rêve et rêver sa vie, c’est peut-être la vivre deux fois, surtout lorsqu’on est écrivain. Si De Gaulle (qui était Scorpion) n’a eu qu’une maîtresse, la France, Sollers en a des milliers et elles se nomment les Belles Lettres.
En musique, il est moins polygame et plus fidèle : Cecilia Bartoli, Martha Argerich (deux Gémeaux) ont ravi son coeur. Glenn Gould (Balance - que d’air ! que d’air !) est là pour les plaisirs coupables. Il a besoin de ce vent frais pour alimenter son feu intérieur. Ou pour égayer son lupanar littéraire. Il baise à droite et à gauche (Péguy et Aragon), en haut et au fond (Shakespeare et Cioran) et se demande si un jour l’Université reconnaîtra pour lui tous ces enfants illégitimes qu’il laisse sur le bord du chemin.
Voici son programme :
Voici les “petites madeleines ” de Sollers :
Les messages brouillés de Radio Londres qu’il
écoutait enfant et qui le fascinaient “Ici
Londres, les Français parlent aux Français …”
Du flamenco:La nina de los peines
Louis Amstrong du début
Ensuite, ses choix: Martha Argerich : Partita n° 2 et Suite anglaise n° 2
Cecilia Bartoli, un extrait de “Sacrificium” et dans “Mozart portraits”, Cosi fan tutte
Glenn Gould : Variations Goldberg
Ajouté en cours d’émission : Fleurs solitaires (Scènes de la Forêt de Schumann) par Clara Haskil et Fandango (La mort aux trousses de Bernard Herrmann)



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