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Eric-Emmanuel Schmitt, compositeur des mots

Le 04 avril 2010 à 10:36 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Eric-Emmanuel Schmitt sur Radio Classique

Eric-Emmanuel Schmitt est un mélomane bien plus curieux et cultivé que Philippe Sollers. Alors que ce dernier a ses marottes qui ne varient guère, le premier est friand de raretés, de plaisirs exotiques. Tandis que Sollers trompe son impuissance romanesque en couchant dans tous les lits de la littérature, Schmitt honore sa muse de manière méthodique, régulière et efficace. L’un a besoin d’un carburant dont la formule est établie une fois pour toutes, l’autre recherche des harmonies plus diversifiées pour égayer sa monogamie.

Sollers tutoie les grands de la littérature, s’invite à leur table et les met en valeur. C’est son orgueil et son humilité. Schmitt s’empare des grands sujets pour alimenter sa petite musique. C’est son orgueil, la clé de son succès international et, pour certains, sa vulgarité. Il convoque Dieu, le Diable, les grands mystères de la vie, les grands chef-d’oeuvre de l’art (Mozart et moi, Le concerto à la mémoire d’un ange…) et les livre à tous. Son humilité ressemble à celle d’un grand compositeur de musiques de films. Follement doué, intelligent, caractériel, grand travailleur, connaissant tout des arcanes de son art et intarissable comme une fontaine.

La vraie valeur d’Eric-Emmanuel Schmitt, c’est son talent d’équilibriste entre profondeur et légèreté. Il donnerait toute son oeuvre pour une valse de Strauss. C’est sa grandeur. “La tête la plus musicale d’Europe”, disait Brahms du compositeur du Beau Danube bleu. Un titre que pourrait accepter Eric-Emmanuel Schmitt sans rougir.

Voici son programme :

LE MORCEAU ADORE

Le morceau que j’aime par-dessus tout : le chœur de Maurice Ravel, Trois beaux oiseaux du Paradis, la deuxième des Trois chansons pour chœur mixte.

LES MADELEINES

- Pizzicati de Sylvia par Leo Delibes.

- Amour et Printemps (valse), d’Emile Waldteufel.

- éO souverain, O juge, O père », extr. Du Cid de Massenet par Georges Thill.

LES 6 ou 7 MORCEAUX (et leurs interprétations) :

- Le prélude à l’après midi d’un faune, Debussy. Version Boulez ou Abbado

- Concerto n°4 pour piano et orchestre en sol majeur, Beethoven. Deuxième mouvement. Direction Ivan Fischer. Budapest Festival Orchestra.

- Bacchus et Ariane. Suite n°2, Roussel.  Bacchanale et Couronnement d’Ariane, Royal Scottish national orchestra, dir. Stéphane Denève, Naxos. (4.30)

- O Lieb, so lang du lieben kannst, S 298, Liszt (poème Ferdinand Freiligrath). Thomas Quasthoff baryton, Justus Zeyen piano, DG. (5:33)

- Nannas Lied, de Kurt Weil et Brecht. Diane Dufresne, accompagnée par Yannick Nézet-Séguin, Atma Classique (3 :45) Ou bien, dans le même disque, Surabaya Johnny, ext. De Happy End, 1929, Brecht aussi, avec orchestre Métropolitain du Grand Montréal. (5 /19)

- Le songe d’une Nuit d’été, Mendelssohn (et Shakespeare), Lied avec Chœur, « Bunte Schlangen, zweigesüngt) . (4 :12) La Chapelle Royale, Collegium vocale Gent, Orchestre de Champs Elysées, Philippe Herreweghe. (Harmonia Mundi)

- Vêpres solennelles d’un Confesseur, extrait :  Laudate dominum, Mozart. Lucia Popp, Ambrosian Singers Philharmonia Orchestra sous la direction de Georg Fischer.

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Il y a 7 commentaires pour cet article :

1 Alain F, le 04 avril 2010 à 15:56 :

ERIC-EMMANUEL SCHMITT PASSEUR DE MUSIQUES
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« Un jour, pendant l’année de mes quinze ans, il m’a envoyé une musique.
Elle a modifié ma vie. Mieux : elle m’a gardé en vie. Sans elle, je serais mort »
Tel commence le livre « Ma vie avec Mozart » d’ E-E Schmitt.Ce n’est pas
E-E S. qui m’a fait connaître Mozart, c’est Mozart qui m’a présenté E-E Schmitt.
En l’an 2005, à sa sortie , le titre m’a fait « double accroche ». Livre original avec
son cd d’extraits d’œuvres les plus connus de W.A.M. ( plages à écouter quand l’auteur
vous y invite en adéquation de l’écrit) . Chez E-E S. j’aime son éclectisme pétillant .
Avec Eric-Emmanuel Schmitt la musique française fut à la parade dans sa programmation.
L’Après-midi d’un Faune ! Musique poétique qui suscite des rêves fascinateurs.
Petit-grand souvenir que d’avoir vu et entendu cette beauté sur une chorégraphie de Serge Lifar
vu en coulisses et dirigée par un vieux maître qui a tant œuvré pour la musique française :Ernest Ansermet. Ce soir-là la magie mystérieuse de la musique flottait dans le théâtre……..
A la vue des programmes des salles de concerts et des grandes institutions je suis dubitatif : 80%
des compositeurs ne sont pas français !
Quand F.M déclarera l’année 2012 année de la musique française ?
F.M :Pas la radio ! Le ministre ! Prions STE RITA;

2 Françoise (40), le 04 avril 2010 à 22:59 :

E.E. SCHMITT a déjà été invité et j’avais beaucoup aimé. Je me demande toujours ce qu’une “deuxième invitation” apportera … Eh bien, en ce qui concerne E.E. SCHMITT (tout comme M. LEEB d’ailleurs), ce fut encore une bien belle prestation. Et un programme qui devrait en avoir séduit beaucoup parmi les bloggers grâce à des morceaux que nous “n’entendons pas à longueur de journée”.
Bonne soirée.
Très amicalement.
Françoise à Sanguinet
P.S. D’accord avec vous Olivier pour votre comparaison avec P. Sollers. Ce dernier, je ne l’apprécie pas beaucoup moi non plus.

3 Mohammed Moudjou, le 05 avril 2010 à 05:49 :

Il était une fois, un grand écrivain qui partit en voyage dans un train. Il prit place à côté d’un autre voyageur plongé dans la lecture d’un livre. Ce dernier ne reconnut pas l’écrivain et continuait sa lecture. Qu’elle ne fût la surprise de l’écrivain lorsqu’il réalisa que son voisin de voyage lisait un de ses livres. A un moment, il lui demanda quand même, peut-être par curiosité ou pour engager une discussion : « Dites monsieur, vous en pensez quoi de ce livre ? ». Le voyageur lui répondit : « Ce n’est pas terrible, je ne vous le conseille pas ». L’écrivain se tût et ne dit plus rien. C’était 2E.S.*

Si ce voyageur n’a pas aimé le livre de 2E.S (c’est comme en musique, tous les goûts sont dans la nature), moi je trouve qu’à lui tout seul, 2E.S une “Œuvre d’Art” à l’image de ses écrits. Ils invitent toujours à la réflexion et mettent la Philosophie à la portée de tout le monde. L’émission fût un agréable moment tant au niveau de l’échange avec O.B. que celui de son choix musical. C’est normal, 2E.S est un connaisseur passionné de musique.
(*histoire vraie racontée par lui-même dans une émission de télévision)
Bonne journée
2M

4 Renate, le 09 avril 2010 à 11:01 :

Félicitations, Olivier, pour la comparaison Sollers - E.E. Schmitt. C’est bien ça. Belle émission, à tous les niveaux. Merci particulièrement pour “Le songe…” de Mendelssohn.
Quand vous voulez (ou lui) pour une nouvelle invitation de ce - vrai - écrivain.

5 Livadiotti Roberto, le 09 avril 2010 à 23:45 :

Personnage intéressant à écouter et à lire.Il avait fait sa première émission sur Mozart,rien que Mozart.Cette fois-ci,il a heureusement diversifié et comme Renate,j’ai aimé le choix du “Songe d’une nuit d’été” de Mendelssohn.

6 Alain F, le 10 avril 2010 à 02:21 :

Vous avez de la chance Roberto,Mozart est mort à trente cinq ans.Immaginez qu’il ait vécu cinquante ans de plus? C’était Schmitt
tous les mois!

7 catherine Dubreuil dessinatrice, le 10 avril 2010 à 12:21 :

c’est vrai , tous nous avons dit la même chose : c’était vraiment agréable.Illumination du premier morceau , pour moi : je ne n’avais jamais entendu! Quelle beauté!!!!!!!!!!!! et puis de la douceur de la gentillesse dans l’entretien, lui il connait : EES … pas besoin d’étaler…. de prouver, il est né dedans (je crois sa mère était pianiste ?! ou jouait beaucoup…je ne sais plus ….du moins il a du passer des heures d’enfance sous le piano, comme un indien dans son tipi- enfin ,…je l’imaginerais assez ainsi…il peut revenir quand il veut. Trés beau programme…coule de source…on se laisse porter…
ps: je suis assez ravie -bien qu’ayant choisi de ne pas l’écouter ( voir commentaire of Bibi dans “Sollers” que le “pape” - ou le cardinal - le pape c’était Robe grilléeeeeee- si je ne m’abuse, du “nouveau” roman (tu parles! ) ait exaspéré… ça m’étonne pas! même dans le commentaire d’Olivier en ouverture d’EES …on sent un certain agacement héhé ! …Au fait : où est passé Samuel ?


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