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Sandrine Bonnaire : lucidité, légèreté et courage

Le 14 mars 2010 à 22:52 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Sandrine Bonnaire sur Radio Classique

1. Elle ne se raconte pas d’histoires, ne fait pas de cinéma (pour une actrice, c’est rare), elle parle juste, elle dit les choses. Avec son rire d’adolescente, son regard aigu et sa voix naturelle, Sandrine Bonnaire nous a touchés. Le beau récit de son enfance, entre une mère témoin de Jéhovah, une mère d’adoption musulmane, des frères et des soeurs en pagaïe, évoque une vie d’aujourd’hui à laquelle chacun peut s’identifier et fait naître sans chichis un regard tendre, un message de respect et une invitation au courage. Les douleurs de la vie ont frappé Sandrine Bonnaire ; une soeur autiste, un père puis un frère décédés. A aucun moment, dans l’émission, elle n’a cherché à éveiller la compassion. C’est comme ça. Il y a son métier (on n’est pas inspiré tous les jours) son existence de femme (libre), d’amie (fidélité avant tout), de mère (ne pas chercher à être parfaite, chacun fait comme il peut) et la vie avec ses bobos plus ou moins lourds. Un message fort : on peut tous (on doit ?) faire quelque chose de notre malheur. Ne pas se lamenter, le surmonter et si possible le transformer en positif. C’est-à-dire se tourner vers les autres. Elle dit tout cela avec simplicité car elle a gardé sa légèreté de l’enfance. La musique, elle la découvre petit à petit, par des amis, des rencontres, la famille. C’est un patchwork où cohabitent Brigitte Bardot, Gabriel Fauré et la musique des touaregs. Bref, une fille formidable qu’on aimerait avoir comme amie.

2. Merci à Cécile Chardon pour son long, beau et passionnant message. To play or not to play Chopin, that is the question. Michel Dalberto n’est pas le seul à se tenir à distance de ce compositeur ou à le jouer très épisodiquement : on peut citer aussi Alfred Brendel, Aldo Ciccolini, Stephen Kovacevich… Pourquoi devrait-on jouer Chopin ? Personnellement, je trouve qu’on le joue trop ou plutôt que trop de pianistes le jouent. Daniel Barenboïm pour qui j’ai la plus grande admiration ne devrait pas. C’est un monde tellement à part. Certes, le Polonais incarne l’âme du piano, mais l’âme de la musique que l’on trouve chez tous les grands compositeurs est bien suffisante pour remplir une vie d’artiste. Certains compositeurs ont bien besoin qu’on les défende et que de bons pianistes plaident leur cause auprès du public. Schumann par exemple, oui ! Mais Chopin éveille la sympathie du public, à cause de ses souffrances, alors que la folie de Schumann fait peur. D’ailleurs, c’est étrange tout le monde aime Chopin alors que lui n’aimait personne (ou si peu de monde). Schumann, lui, comme le disait Piotr Anderszewski de manière excessive mais juste, a tout raté. Sauf son mariage ! Mais sa carrière de pianiste, sa carrière de chef d’orchestre, son suicide… Il semble difficile à écouter si l’on en croit les ventes de disques, alors que Chopin est très difficile à jouer pour des raisons, comme le dit Maurizio Pollini, qui tiennent à la complexité de son caractère. La discussion reste ouverte.

Voici le programme de Sandrine Bonnaire :

Morceau préféré :

Trois pièces de style ancien ( la troisième) de Gorecki

Madeleines musicales :

  Al atlal de  Oum Kalthoum

Brigitte Bardot : Le soleil de ma vie

Programme :

Istambul de Jordi Saval Album  La tradition Arménienne( morceau 16) Sayat

Nova  Dimitri Cantemir le livre de la science de la musique

Izlafag Adagh Yalle d’ikewan

Nocturnes Numéro 10 en mi mineur de Fauré

Gymnopédie D’Eric Satie

Ouverture tragique opus 81 de Brahms

Prélude (premier) de Bach

Toi qui sait d’Anouar Brahem

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Il y a 14 commentaires pour cet article :

1 Moudjou Mohammed, le 15 mars 2010 à 07:33 :

Bonjour,
Un grand merci à vous pour l’excellente émission qu’est “Passion Classique”. On y découvre toujours plusieurs facettes des invités, et on se délecte à partager avec eux leurs madeleines, leurs choix musicaux… La dernière invité m’a particulièrement émue. Lorsque j’ai entendu, dans mon petit train au retour de mon travail, la première madeleine choisie par Sandrine Bonnaire, j’ai pleuré d’émotion tellement ce choix était proche du mien. Ecouter l’ouverture d’Alatlal (Les ruines)d’Oum Kalsoum m’a permis de revivre de grands moments de ma petite jeunesse au Maroc. Curieusement, il y a juste quelques jours, je me disais que si par le plus grand des hasards, je passerais un jour chez Olivier, ma première madeleine serait exactement le même morceau choisi par Sandrine. Que dire aussi de ses autres morceaux choix, aussi originaux qu’éclectiques. Voyager entre l’Egypte, la Turquie, l’Arménie dans une émission de musique classique (que j’adore) est une preuve d’extrême ouverture et je vous en remercie, vous Sandrine et Olivier.
Bravo
MM

2 Alain F, le 15 mars 2010 à 13:07 :

MUSIQUES TRAGIQUES POUR TRAGEDIES

Troublante expérience d’avoir écouté pour la première fois l’émission de nuit casque ,sur la tête.
Les récits, les musiques, ont pénétré mes oreilles de manière fulgurante.
Mal à l’aise, je l’ai été ,non par lâcheté d’entendre les “choses de la vie”mais par l’incapacité immédiate d’adresser un mot, un seul petit mot si modeste soit-il.: lequel? Comment? sincérité de ma part: je la revendique, vanité peut-être.
Que faire ?? Rien..surtout se taire, écouter, respecter.
Critiquer sa profonde sève ne serai qu’indécence.
Critiquer sa voix ne serai que frivolité, inconsistance (certains s’y risqueront)
Une seule question je poserai sans vouloir de réponse.
Est-ce que dans le rire le cœur est triste?
Terribles affrontements!
Seule, la femme, l’artiste doit savoir…

En feuilletant furtivement, juste après l’avoir acheté, le livre d’Olivier j’ai remarqué une photo d’Arthur RUBINSTEIN avec Martha. J’imagine alors une rencontre avec le pianiste à l’accent si particulier et Sandrine.
En roulant les RRR « Madame, je suis navré que vous eussiez eu à parler autant de la mort, vous qui êtes si jeune, si belle »
Tard dans cette nuit si particulière je m’en suis allé dubitatif…Dans un sommeil incertain j’ai écouté “OMBRA MAI FÜ”

“LA VIE, C’EST UNE GRANDE RECLAMATION QUI N’EST PAS FACILE D’APAISER.”
(ARMAND SALACROU)

3 Alain F, le 15 mars 2010 à 20:30 :

Monsieur MOUDJOU,

Votre texte nous a touché ma femme et moi :
Le petit train….l’enfance.
Le train source de nostalgie . Il arrive en laissant derrière lui un quai, une histoire….
Vous nous avez guidé sur un sentier inhabituel. Nous ne regrettons pas de l’avoir emprunté.
Des paroles des “RUINES”nous avons retenu deux extraits dans un ordre volontairement différent :
« Sache que lorsqu’une blessure se referme, le souvenir en fait saigner une autre »
« Et puis voici la lumière qui annonce le jour et l‘aube dont le ciel s‘embrase».
Il y a longtemps ,en passant par le détroit de Gibraltar en direction du Maroc, au petit jour ,des milliers de lumières scintillaient et j’ai cru entendre depuis le pont une musique venant des côtes.
Était-ce OUM KALSOUM ?
MERCI .
Très cordialement.

4 Livadiotti Roberto, le 15 mars 2010 à 20:47 :

Comme vous Olivier,j’ai apprécié le choix de “L’ouverture tragique” de Johannes Brahms,oeuvre magistrale que je mets en parallèle avec “Egmont” de Beethoven et qu’aucun invité n’avait demandé jusqu’à présent et un peu de musique orientale,ce n’était pas pour deplaire.

5 Cecile Chardon, le 16 mars 2010 à 00:15 :

Olivier Bellamy, merci pour vos mots. C’est plutôt réconfortant de voir que tous les pianistes ne sont pas forcément formatés pour jouer Chopin…. Qu’ils ne sont pas formatés tout court! Brendel jouait Schubert… Décidément, Schubert et Chopin ne font pas bon ménage. Je veux bien croire que le “caractère complexe” de Chopin soit à l’origine de cette difficulté à l’interpréter. Pourquoi pas? C’est comme si je n’arrivais pas à le cerner totalement, d’une façon plus intime, plus vraie que celle que je parviens à trouver en l’écoutant, ou en “essayant” de le jouer.
Le charme de Sandrine Bonnaire, dans ses fossettes, ses incisives (si si!!)et ses sourcils gravement froncés, dans sa personnalité, oui!… et son talent d’actrice, s’est reconnu dans son programme sympathique, éclectique.( Quant à Gould, je l’aime, bien sûr…mais pas dans le premier prélude!).

6 Moudjou Mohammed, le 16 mars 2010 à 14:54 :

Bonjour,
Je reviens juste pour remercier très chaleureusement M. Alain F et son épouse pour leur gentil mot; j’en suis profondément touché. C’est ça aussi la magie de l’émission d’Olivier B : faire rencontrer, même virtuellement, des personnes d’horizons différents (et à juste titre, dans le nom d’O.B. il y a deux références de taille : Beauté et Amitié).
Merci aussi pour les deux petits extraits d’Alatlal, qui font partie des dernières strophes de ce magnifique poème.
Bien cordialement à vous tous Blogueurs passionnés.
MM

7 Alain F, le 16 mars 2010 à 21:14 :

Merci à Monsieur MOUDJOU pour sa mansuétude.
Nous serons toujours ravis de connaître ses goûts musicaux et c’est avec grand plaisir que nous (usagés de ce blog) échangerons notre passion.
Cala devient “Radio Courtoisie” ! ………..

En ce jour de plein soleil, je reviens sur mon commentaire ébauché à chaud à la suite de la rediffusion.
Après avoir relu j’ai vérifié immédiatement la nature de l’encre de mon stylo : résultat = ENCRE SYMPATIQUE !…Aussitôt je me suis précipité sur un tube de PROZAC ® .
Avant “d’avaler la pilule” j’ai consulté la définition et les nombreux synonymes de cet adjectif.
J’ai été rassuré y trouvant plusieurs interprétations. J’ai stoppé sur le champ ou plutôt sur le prés (j’habite à la campagne) cette envie de me soigner.
Les musiques résonnent différemment sur les corps, caisses de résonance .Je dois être du signe “contrebasse” dans l’horoscope classique.

Je félicite OLIVIER BELLAMY pour son livre que nous nous disputons ma femme et moi et je craint que nous en perdions les pédales…
Pour en finir avec les remerciements et les compliments , dorénavant ,je m’abstiendrai à chacun de mes commentaires d’en faire à Olivier en écrivant : quelle belle voix!…quel talent!…Quel professionnalisme!…etc..etc…Il finirait par nous répondre façon Martha « MAIS CA JE LE SAIS… »
Sachez cher Olivier que ces compliments amplement mérités vous sont alloués “AD VITAM AETERNAM”. Merci à vous pour tous les bonheurs induits que votre émission suscite.
Très cordialement. AF.

8 Alain F, le 16 mars 2010 à 21:58 :

ERRATA:
que nous USAGERS et non usagés(quoique?)
CELA devient et non cala devient.

9 Jelka ARNAL, le 16 mars 2010 à 22:23 :

Cher Olivier,
Mais que ferait-on sans radio classique? sans Passion classique? sans VOUS ? C’est un réel bonheur (quotidien quand je le peux) de vous écouter dialoguer si aimablement avec vos invités toujours de qualité. J’ai l’impression d’être avec des amis, d’être sur la même longueur d’ondes!
J’ai été touchée par le moment passé en compagnie de Lorraine Fouchet car j’ai également cotoyé le monde médical pédiatrique, et je partage à fond cette envie d’essayer d’améliorer le monde, de rêver de l’améliorer. Il faut oser, il faut avancer, ne jamais avoir peur. C’est la musique (entre autre) qui m’a inspirée dans la création de mon association, et c’est dans la musique que je me ressource pour affronter les conflits que l’on retrouve MEME dans une association où les valeurs fondatrices sont si pleine d’humanisme… Si un jour je pouvais venir en parler avec vous? Mais je ne suis que Jelka, et je ne dois pas prétendre à cette chance. Mais, qui n’essaye rien, n’a rien,, n’est-ce-pas?
Encore merci pour ces moments au paradis, et peut être à bientôt.

10 TG, le 17 mars 2010 à 09:55 :

Alain F, je vous ai reconnu Alain F comme Finkelkrault… Ah ah!! vous êtes fait! Cela dit j’aime bien Finkelkrault, c’est un grand homme.
Juste une chose quand même, Elle est belle Sandrine Bonnaire

11 Zouhour Ben Salah, le 17 mars 2010 à 17:05 :

Je voudrais m’associer à ces témoignages pour exprimer toute ma sympathie à Sandrine Bonnaire à qui je souhaite une très belle continuation dans sa route d’amour et de lumière.
Merci encore à Olivier et à toute son équipe :
Un petit poème de remerciements :)

“Radio Classique, Radio Classique
Merci pour ta richesse et ta musique
Grâce à toi la vie moderne devient sereinement dynamique
Radio Classique, Radio Classique
Bravo à toi l’authentique
Radio Classique, grand merci à toute ton équipe !”

Zouhour Ben Salah

12 Alain F, le 17 mars 2010 à 17:21 :

T.G,
A mon tour je vous ai reconnu derrière votre grand nuage.
T comme THEOPHILE, G comme GAUTIER.
Vous êtes refait.
Cela dit, je vous adore en tant que critique d’art français.
Juste une précision: je n’ai jamais écris que Sandrine n’était pas belle et encore moins je ne l’ai fugacement imaginé.
ELLE EST TRES BELLE SANDRINE !
De ma part, de l’écrire eut été un pléonasme de ma pensée profonde……
A bientôt T.G.

13 Françoise (40), le 01 avril 2010 à 19:04 :

Sacré Alain … F ! Et moi qui ai osé vous dire “je vous adore”. Me pardonnerez-vous cette familiarité ? e vous lirai avec encore plus d’intérêt.
Excellente soirée à tous.
Très amicalement.
Françoise

14 Alain F, le 01 avril 2010 à 19:57 :

Francesca da Sanguineti,vous pouvez!vous pouvez!
Sachez que l’adoration est réciproque.


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