Les musiciens sont toujours passionnants lorsqu’ils parlent de leur instrument. Ils entretiennent un rapport tellement intime avec lui qu’ils nous en dévoilent tous les secrets sans pudeur.
Antoine Tamestit joue sur un alto stradivarius de 1672. Le luthier de Crémone avait vingt-huit ans, il était jeune, audacieux et cherchait à se démarquer des préceptes de son maître Amati. L’instrument en a gardé un caractère rebelle, une forte personnalité. Antoine Tamestit avait aussi vingt-huit ans lorsqu’il l’a eu entre les mains pour la première fois. Les responsables de la fondation suisse de Zurich qui se sont décidés à le lui prêter y ont vu un signe.
Antoine Tamestit a failli le rendre tellement la période d’adaptation a été longue, difficile, ingrate pour le musicien. Son confrère Yuri Bashmet a tenté de l’en dissuader : “Un alto, c’est comme une femme. Sois patient, il va bientôt révéler tous ses charmes”. Le jeune altiste français l’a écouté.
Aujourd’hui, il est heureux avec son instrument parce qu’il a compris une chose. Sur scène, ils sont deux et chacun doit s’exprimer. Une belle parabole musicale.
Voici son programme :
“Madeleines”:
- Maurice Ravel Bolero
- Pergolesi Stabat Mater (version avec Christophe Rousset, Barbara Bonney,
Andreas Scholl…)
- Dave Brubeck Take Five
Morceau préféré:
- Mozart 2eme mouvement Sinfonia Concertante (Augustin Dumay, Veronika
Hagen, Camerata Salzburg pour Deutsche Gramophon)
6 morceaux:
- Joseph Achron Hebrew Melody with J.Hassid (Collection Testament SBT 1010)
- Debussy Les Papillons (Sandrine Piau/Van Immerseel pour Naïve)
- Richard Strauss Frühling, 1er des 4 derniers Lieder (Renée
Fleming/Thielemann pour Decca)
- Robert Schumann 1ere Romance avec François Leleux et Eric Le Sage (Alpha
121)
- Robert Schumann Adagio & Allegro avec Tabea Zimmermann & Hartmut Holl,
Capriccio 67123.
Nouveau disque d’Antoine Tamestit : Schubert (Sonate Arpeggione et lieder) chez Naïve.



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