Jérôme Garcin : l’homme qui chante à l’oreille des chevaux

A 17 ans, Jérôme Garcin a perdu son père, victime d’une chute de cheval. C’est l’âge auquel il a commencé à écrire. Cet événement tragique a réveillé le souvenir de la disparition de son frère jumeau à six ans. Son premier vrai roman, La chute de cheval, exorcise ce double deuil et inaugure une série littéraire centré principalement sur son amour de la plus belle conquête de l’homme. Il pense que c’est en montant à cheval qu’il a appris à écrire. La fusion avec l’animal, le rythme du pas, du trot et du galop ont guidé sa main. L’imagination a fait le reste.
Son dernier livre, L’écuyer mirobolant, réinvente la vie d’Etienne Beudant, le Mozart de l’équitation, auteur de deux traités sur son art, capitaine sous Lyautey en Afrique du Nord, qui recherchait la légèreté absolue. Comme un musicien face à son instrument. D’ailleurs, Franz Liszt, l’un des plus grands virtuoses de l’histoire du piano, comparait son grand Erard à un pur sang.
Tout grand art est une mystique. Ce n’est donc pas par hasard que Jérôme Garcin parle d’”acte de foi” à propos d’Etienne Beudant, qui reconnaissait vivre comme un moine cistercien. Le XVIIe siècle fascine particulièrement l’écrivain français. C’est le siècle de Louis XIV qui a porté l’art équestre sur les fonts baptismaux. C’est aussi celui de Don Quichotte indissociable de sa fidèle monture qui portait le nom très musical de Rossinante.
Voici son programme :
1 morceau qu’il aime par dessus tout :
« Leçons de ténèbres » de Couperin (Alfred Deller)
3 madeleines musicales :
« Ombra mai fu », Haendel (Gérard Lesne)
Une « Suite pour violoncelle » de Bach (Rostropovitch)
Une « Sonate en trio pour orgue » de Bach
6 morceaux
Largo du « concerto pour piano n° 5 en fa mineur » de Bach (Gould)
« Orphée et Eurydice » de Gluck (air « j’ai perdu mon Eurydice) Callas
« Stabat Mater » de Vivaldi (Lesne)
« Soul of the World », Henry Purcell
Nathalie Dessay dans un air de « La flûte enchantée » de Mozart
Sonate La tempête de Beethoven par Zoltan Kocsis


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