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Bach avec mention pour Bertrand Dermoncourt

Le 04 février 2010 à 14:28 par Olivier Bellamy

Comment devient-on journaliste musical ? Rédacteur en chef de Classica, chroniqueur à L’Express, Bertrand Dermoncourt a donné sa réponse. Lorsqu’il a découvert la Symphonie n° 40 de Mozart (après avoir écouté The Cure en boucle), il a cherché à se procurer toutes les versions discographiques pour les comparer. Un critique était né. Un musicien aurait cherché des partitions des sonates pour les jouer. Un journaliste préfère écouter. On peut arriver à une connaissance aussi vaste de la musique, aussi fine, aussi juste en l’écoutant à travers différentes interprétations qu’en la jouant. C’est un autre chemin. Parallèle. Certains instrumentistes se moquent des critiques en disant : “Qu’ils jouent et ils pourront juger” (surtout lorsqu’ils ont reçu une mauvaise critique). Alors qu’ils ont parfois une vision moins large de l’étendue des possibilités d’une oeuvre qu’un critique qui a tout écouté. Mais jamais un critique n’aura une vision aussi profonde d’une oeuvre s’il n’est pas entré dedans avec son corps, sa chair et son esprit.  Certains critiques sont trop péremptoires et s’imaginent détenir la vérité. D’ailleurs, moins ils sont compétents, plus ils sont péremptoires. Il faut bien cacher son ignorance par de l’arrogance. Or il n’y a pas une vérité en musique, mais plusieurs. Et si aucune interprétation ne peut prétendre à y accéder, un avis extérieur encore moins.

Le but d’un journaliste musical, Bertrand Dermoncourt nous l’a dit, n’est pas tant de juger et de distribuer bons et mauvais points que de faire partager sa passion. Dès qu’il s’agit de “passion”, on peut se tromper, être injuste, aveugle, mais on aime et c’est là l’essentiel.

Certains musiciens ne voient le critique que de manière égocentrique. Si ce dernier reconnaît leur valeur, il sera paré de toutes les qualités, mais s’il l’ignore, il sera forcément mauvais, vendu, voire un imposteur.

C’est qu’ils ignorent que le but d’un journaliste n’est pas de les encenser ou de les châtier, mais d’entretenir avec ses lecteurs une relation intime, non d’idées, mais de goût. Car la valeur du critique réside dans son goût, sa sensibilité, ses connaissances aussi, et la manière dont il les fait partager.

En une heure et demie, Bertrand Dermoncourt nous a fait partager sa passion de Bach avec des interprétations de styles et d’écoles très divers. Son Tout Bach publié dans la collection Bouquins est à mettre entre toutes les mains.

Voici son programme :

début de la Partita n°2 par Perahia/Sony

- Miles Davis : album Kind of blue (morceau So What) / Sony

- The Cure : album 17 Seconds (morceau Play for today)/Universal

- Mozart : Symphonie n°40 par Karajan (version 1960) / Decca

Programme

- début de la Passion selon St Jean (chœur d’ouverture) par Harnoncourt/Teldec (version 1994)

- Concerto brandebourgeois n°5, 1er mouvement par J. Savall/Naïve

- Cantate BWV 82 “Ich habe genung” (1er mouvement) par Dietrich Fischer-Dieskau et Karl Richter/Arkhiv

- Variations Golberg par Hantaï/Mirare

- Suites pour violoncelle par Fournier/DG

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Il y a 14 commentaires pour cet article :

1 Samuel Rosenfeld, le 04 février 2010 à 17:49 :

superbe emission! Ce monsieur avait vraiment à dire des choses passionantes, de facon volubile, enjouée et parfois profonde. Merci pour ce bon moment.

2 Livadiotti Roberto, le 04 février 2010 à 20:41 :

Effectivement,cette émission presque entièrement consacrée au grand Jean Sébastien Bach avait de quoi nous intéresser par le choix des morceaux où il n’y avait pas que les suites pour violoncelle seul ou les Variations Goldberg toujours demandées par la plupart de vos invités,mais aussi des Cantates,des Passions,etc…

3 marie-france, le 04 février 2010 à 22:46 :

J’ai beaucoup apprécié votre émission avec
M.DERMANCOURT; il apporte une vision un peu transverse sur la musique classique nnourrie d’autres inspirations musicales comme en attestaient ses choix musicaux pendant l’émission. Il me semble que vous devriez ouvrir plus souvent votre émission à ce type d’invité. Merci encore

4 Ulis Le Burnold., le 05 février 2010 à 09:17 :

Beaucoup trop de Bach! Faites, vous appeler Radio Baroqueux!

5 doublet, le 05 février 2010 à 17:01 :

Tout à fait d’accord Ulis, trop du grand jean-Sébastien, mais radio classic c’est super !

6 Hugues, le 05 février 2010 à 18:00 :

Bonjour Olivier,

J’écoute la rediffusion de votre émission la nuit avec plaisir.
Je ne connais pas beaucoup la musique classique.
Mais je vous remercie pour votre émission. Je la trouve trés intéressante quand vous recevez une personnalité qui n’appartient pas forcément au monde classique.
Je pense que ce dernier est parfois trop fermé sur lui même. Vous avez l’intelligence de l’ouvrir et de faire partager dans la grande qualité.

Merci et bonne continuation !

7 helene pinault, le 06 février 2010 à 11:12 :

Il y a un bel équilibre entre les différentes périodes musicales que vous proposez .Grâce à vous, moi qui était devenue presqu’exclusivement une amatrice de musique baroque, je redécouvre la musique romantique et moderne.
Et grâce à l’année chopin, je me nourris avec bonheur de son oeuvre !un grand merci aux équipes de radio classique!
Un mot spécial pour eve ruggieri(si Olivier Bellamy veut bien lui faire passer ce petit mot) dont je n’ai pas trouvé le blog ni l’email:il y a des musées dans Paris qui auraient bien besoin d’ être réveillés par la musique : si entre vos festivals, vos émissions, vous avez un peu de temps à y consacrer…

8 Pangloss, le 06 février 2010 à 17:49 :

Un grand merci à Bertrand Dermoncourt! Passionné et connaisseur enthousiaste. Il m’a permis d’entendre enfin une oeuvre écrite pour clavecin jouée… au clavecin!! En plus de trois mois d’écoute (certes non continue) de RC j’avais entendu 62 oeuvres pour clavecin (Bach, Haendel, Rameau, Couperin, Scarlatti et autres), toutes jouées au piano. A tel point que je me demande si le clavecin est interdit d’antenne. J’ai apprécié aussi son avis sur Glenn Gould, qui se départissait de l’adoration dithyrambique qui semble devenue le discours de convenance sur les radios. Un peu de sens critique, enfin! Mais même si je ne l’aime pas, je ne dirai jamais “trop de Glenn Gould”, ceux qui en sont accros, et ils semblent nombreux, ont bien le droit de l’entendre. Je dirai seulement “pas assez de clavecin”. Heureusement pour ses inconditionnels, les deux invités suivants sont revenus au passage obligé par les Variations Goldberg par Glenn Gould, la vie reprend son cours. Une remarque telle que “Trop de” n’a pas sa place ici. “Trop de Bach, faites-vous appeler Radio Baroqueux” dit un internaute. D’autres pourraient dire “Trop d’Opéra, faites-vous appeler Radio Lyrique” ou “trop de Wagner, faites-vous appeler radio-Bayreuth”, etc. Respectons le goût des autres même si nous ne le partageons pas. Et rien n’oblige à écouter l’émission si on n’aime pas la programmation de l’invité!

9 Itié, le 06 février 2010 à 18:03 :

C’est si facile de fermer le poste !
Pour moi ,la dernière foi , c’était J-M Bannier,après 30mn,pour étre bien sùre !

10 Françoise (40), le 06 février 2010 à 18:40 :

Même si Bach n’est pas dans mon “trio” préféré, je l’aime suffisamment pour avoir apprécié cette émission.
Un peu de “trop”, un peu de “pas assez”, on mixe le tout et cela donne une belle radio que nous sommes de plus en plus nombreux à aimer ! Alors ?
Bonne soirée à tous.
Amicalement.
Françoise à Sanguinet
P.S. Quant à dire “faites-vous appeler “Radio Baroqueux”, c’est un peu exagéré. Est-ce vraiment Bach que nous entendons le plus ?

11 Ulis Le Burnold., le 06 février 2010 à 22:13 :

J’explique mes propos: sur Radio Classique, l’année dernière, on fêtait beaucoup Haendel, mort en 1859, et l’on a pas parlé du “romantique” Mendelssohn né en 1809. Et puis leur soi-disant collection Radio Classique: 2 Bach, Vivaldi, Haendel, plus un CD Musique Baroque…. Et rien de Wagner! Sectarisme baroqueux! Terrorisme intellectuel!

12 Livadiotti Roberto, le 07 février 2010 à 09:32 :

Ulis a en partie raison de dire que dans cette collection RC,il y a des lacunes,peut-etre n’est-elle pas définitive.En effet,il n’y a pas de CD sur Mendelssohn et Schumann,Wagner,Verdi(pt etre avec celui sur l’opera italien)ni sur les romantiques français(Berlioz,Saint-Saens)alors qu’il y en a un entier sur Rachmaninov que je trouve moins important.

13 Pangloss, le 07 février 2010 à 19:12 :

On comprend mieux les réactions brutales d’Ulis, elles visent en fait la collection RC plus que l’émission avec Bertrand Darmoncourt. C’est vrai, compte tenu des anniversaires, Mendelssohn aurait mérité un effort, mais il passe assez souvent à l’antenne. Quant à Wagner son oeuvre se prête mal aux courtes séquences de diffusion de cette radio, mais il y a d’autres chaînes qui lui font la part belle. Si on est fan de Wagner, il f

14 Suzanne, le 10 février 2010 à 12:37 :

J’ai écouté avec grand intérêt la conception du métier de journaliste musical, plus prompt à faire découvrir qu’à critiquer,de Bertrand Dermoncourt,et je suis très satisfaite de pouvoir faire lire le texte à ceux qui rangent tous les critiques dans le même sac!


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