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Les “indulgences” sectaires de Pierre de Lagarde

Le 03 février 2010 à 11:35 par Olivier Bellamy

Pierre de Lagarde et Olivier Bellamy sur Radio Classique
Pierre de Lagarde a été durant trente ans le réalisateur et producteur de l’émission télévisée Chefs-d’oeuvre en péril. Ce rendez-vous a permis aux Français de prendre conscience de leur patrimoine en danger et contribué à sauver cent cinquante monuments d’une ruine annoncée.

Il vient d’écrire un Dictionnaire inattendu des témoins de l’Invisible et cherche la trace du divin dans l’oeuvre ou les actions de personnages historiques, d’écrivains ou d’artistes. C’est ainsi que l’on trouve Einstein pour sa fameuse phrase “Dieu ne joue pas aux dés”, qui signifie que la création du monde ne peut être le fruit du hasard. Se prenant au jeu, il distribue bons et mauvais points. L’éternité assurée pour Claudel qui a écrit L’annonce faite à Marie bien qu’il n’ait pas été très charitable avec sa soeur Camille. Une volée de bois vert pour De Gaulle, coupable de “rancune”, mais sauvé par sa tendresse pour sa fille handicapée. Quelques années de purgatoire pour Molière, qui a osé raillé l’Eglise avec son Tartuffe : “un esprit malfaisant”, dit-il, oubliant que faire rire des générations sur nos travers humains devrait lui assurer, sinon l’immortalité artistique que Lagarde ne conteste pas, une place de choix au Paradis. Il rend grâce à Haendel pour ses oratorios anglais oubliant que dans l’esprit du génial et opportuniste compositeur, il s’agissait avant tout de contourner la loi qui interdisait l’opéra pendant la période du Carême.

La thèse est contestable donc et les choix sont discutables, mais tout se qui se discute est intéressant, à condition d’avoir l’esprit ouvert et de ne pas trop se prendre au sérieux.

Pierre de Lagarde a semblé ému lorsqu’il a entendu un extrait de son émission culte. Du coup, son masque d’inquisiteur de l’Eternel est tombé et il s’est radouci.

Voici son programme :

-morceau “préféré”: BACH choeur final de la Passion selon Saint Matthieu

-3 madeleines: BEETHOVEN Pastorale Andante

            VIVALDI Gloria (début)

            MAHLER Symphonie n5 Adagietto (Mort à Venise-Visconti)

-autres morceaux:

CHARPENTIER 9 leçons des ténèbres

                PERGOLESE Stabat Mater (début)

                MOZART Dom Juan (extrait de la Statue du Commandeur)

                VERDI Requiem Libera me

                WAGNER Parsifal Ouverture

                MESSIAEN Vingt regards sur l’Enfant-Jésus

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Il y a 6 commentaires pour cet article :

1 Livadiotti Roberto, le 03 février 2010 à 19:37 :

Autant dans les echanges de reflexions sur la musique et la spiritualité avec Olivier,que dans les choix musicaux,j’ai beaucoup aimé cette émission et je pense que le livre de Lagarde,qui traite aussi des autres arts et de la littérature doit etre intéressant.

2 Cicolella, le 04 février 2010 à 00:32 :

J’avais oublié qui était Pierre de Lagarde et son grand rôle dans la sauvegarde des chefs d’oeuvre en péril. Je n’ai pas du tout aimé ses choix très contestables : Nietzsch mais pas Molière ! J’ai aimé ses choix musicaux et ses explications. J’ai apprécié la patience d’Olivier Bellamy, dont j’ai découvert l’émission en voiture, car on ne capte pas hélas, “Radio Classique” dans l’agglomération de Lens - Liévin. François Cicolella, professeur de Géographie honoraire, qui a bien du mal à écouter autre chose que de la musique classique.

3 luc, le 06 février 2010 à 23:13 :

Merci m. Bellamy pour l’admirable émission que vous nous avez concoctée avec Jordi Savall, émission qui m’a heureusement presque fait oublier celle avec M. De Lagarde. En effet, en l’écoutant j’avais l’impression d’entendre un adolescent boutonneux près à remettre en cause « LA » vérité universelle la plus élémentaire au profit de « SA » vérité désastreuse.
Emission donc bien difficile à écouter que vous avez su sauver par votre délicatesse. Lors d’un débat télévisé qu’évoquait votre invité entre Guy Beart et Gainsbourg, ce dernier ne parlait pas de culture mais d’art. Eh oui M. Delagarde lorsque l’on ne sait pas on se tait (a moins que cela soit aussi sa vérité).
Grace à votre émission je sais maintenant quel livre je ne dois absolument pas acheter.
En conclusion, M.Bellamy si un jour il vous arrivait l’idée saugrenue d’inviter a nouveau M.Delagarde, s’il vous plait faite moi signe afin que je change pour une fois de station l’espace de quelques heures !!!

4 christine guibert, le 10 février 2010 à 15:57 :

J’avoue avoir souffert pendant le discours de Pierre de Lagarde, malgré tout ce qu’il y a de bon en lui. Vous aussi semble-t-il, donc bravo pour votre self-control. Certes nous lui devons Chefs-d’Oeuvre… et ses bienfaits. Et je confirme que vous avez une voix de Radio…

5 Livadiotti Roberto, le 11 février 2010 à 18:04 :

…quant à l’adagietto de la 5e symphonie de Mahler,ça suffit,on l’a déjà assez entendu!

6 Martine, le 12 février 2010 à 17:32 :

C’est le genre d’invité qui nous fait apprécier encore plus les autres ! :-)


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