
Je m’attends à un déluge de commentaires furieux. “Quelle honte d’inviter un type pareil !” ai-je lu sur le moniteur des messages en direct. Et puis, au fur et à mesure de l’émission, il y a eu un revirement.A partir du Voyage d’hiver de Schubert. En tout, une trentaine de messages très contrastés. Certains auditeurs avaient l’impression que je souffrais face à ce personnage très décrié. “Courage, Olivier ! Il est odieux.” Pour moi, il ne s’agissait pas de lui servir la soupe, pas plus que de le condamner en me substituant aux juges. Il s’agissait simplement, comme pour tout invité, de trouver la vérité de cet homme vilipendé dans les journaux. On lui reproche d’avoir bénéficié des largesses de Liliane de Bettancourt. Un procès est en cours avec une plainte déposée par la fille de cette dernière. Nous ne sommes pas là pour juger ses actes, mais pour découvrir une personne humaine. Or cet homme est écrivain (Aragon a chanté ses louanges) et photographe. Ses photos sont intrigantes car il parvient à capter une vérité chez ses sujets. A voir ce qui échappe à l’oeil nu. Il parvient aussi à rendre beaux des personnages monstrueux. Bref, il vaut mieux que l’image détestable qu’il donne de lui-même. Cela me rappelle une phrase d’Oscar Wilde : “La méchanceté est un mythe inventé par les bons pour expliquer le délicat attrait d’autres personnes”. Il était intéressant de creuser ce qui fascinait François Mitterrand, Françoise Sagan, Nathalie Sarraute, Salvador Dali et tant d’autres. Attrait pour la canaille ? Peut-être, mais c’est insuffisant. On ne peut pas se contenter d’une formule à l’emporte-pièce quand on s’intéresse à l’Autre. Et puis François-Marie Banier a connu Horowitz. Qu’a-t-il retenu de sa rencontre avec ce géant ? Cela valait la peine de l’écouter. Non ?
Voici son programme musical :
Nocturne op. 55 n° 1 de Chopin par Horowitz
Barbara « Göttingen »
Marguerite au rouet de Schubert par Kathleen Ferrier
KLAVIERSTÜCKE n° 3 de Schubert “l’allegro” joué par Brendel 1946
L’air de la folie de Donizetti par la Callas « Spargi d’amaro pianto »
L’adagio du Trio n° 2 de Schubert (Menuhin)
L’Andante cantabile du 1er quatuor de Tchaïkovski
Le voyage d’hiver par Hans Hotter (dernier lied)
« Saverio Mercadante » « non piu fra i sassi algosi » de Simon Edwards (tenor) et Simon Levens (piano) disque « Amiamo cantiano » SR 0066
L’air de la Strada de Nino Rota
Mon cœur s’envole vers toi par Charles Trenet


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