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La mémoire sélective d’Alain Finkielkraut

Le 11 novembre 2009 à 10:52 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Alain Finkielkraut

Pas commode Alain Finkielkraut ! Je lui ai fait remarquer juste avant l’émission que l’une de ses Madeleines (une chanson de Paul McCartney) datait de 1997 et que cela ne pouvait constituer un souvenir d’enfance. Il s’en fichait mais s’est rendu compte qu’il s’était trompé de titre. Yann le lui a aimablement changé et lorsque je lui ai dit qu’on en diffusait que quelques secondes, il s’est montré contrarié et a insisté qu’on diffuse la chanson jusqu’au refrain. Gentiment, je lui ai signalé que ce n’était pas le principe de cette séquence. “Tant pis, vous avez invité un emm…, c’est comme ça !” Okay, allons-y comme ça. Pendant l’émission, il trouvait tous les morceaux trop longs et s’impatientait de ne pouvoir parler. Ah, ces philosophes !

Il a été sincère et a déclaré son peu d’attrait pour la musique, mais tous les morceaux qu’il avait choisis avaient un sens pour lui et c’était de grandes oeuvres. Alors !

A la fin de l’émission, je lui ai fait remarquer que les philosophes éprouvaient une certaine gêne vis-à-vis de la musique parce qu’elle exprimait quelque chose qu’ils ne pouvaient pas plier au gré de leurs concepts. “Chez moi, c’est surtout un manque d’éducation et de connaissance”, m’a-t-il répondu. Peut-être, mais l’on est en droit de ressentir sans forcément expliquer ou analyser, exercice auquel les intellectuels ont du mal à se livrer. La musique exprime ce que les mots ne peuvent dire. Face à elle, Alain Finkielkraut est parfois, pour reprendre une expression de Marcel Proust “comme une poule devant un couteau”.

Alors qu’il attendait son taxi, je lui ai demandé si la musique l’avait aidé lorsqu’il était malade car je savais qu’il avait traversé de douloureux moments. “Quand j’étais malade, non, mais, dès que j’ai été mieux, j’ai beaucoup écouté les concertos de Mozart”, m’a-t-il confié. Je lui ai fait remarquer que Mozart dans ses derniers concertos développait une idée de l’acceptation de la mort et que ce n’était pas un hasard, même si cela paraît paradoxal, qu’il n’ait eu envie de les écouter qu’une fois guéri ; que cela rejoignait le sens du tragique qu’il appelait de ses voeux. Il a eu l’air intéressé et j’ai regretté de ne pas avoir osé abordé ce sujet à micro ouvert.

Voici son programme :

Morceau préféré:

Schubert, trio pour piano, op 100, andante (Wanderer)

Madeleines:

Avec le temps, Ferré

Great Day de Mc Cartney sur l’album Flaming Pie

Nino Rota : Amarcord

Programme classique:

Debut de la Passion selon Saint Matthieu

Mozart, concerto n°20 pour piano et orchestre par Clara Haskil (2e mvt)

Grande sarabande de Haendel (Barry Lindon)

Debut du concerto pour piano en sol de Ravel

Symphonie n° 1 de Mahler – 3e mvt - Abbado

Debut du Stabat Mater de Pergolese (Abbado)

Variations Goldberg par Gould (générique de son émission sur France Culture)

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Il y a 17 commentaires pour cet article :

1 Itié, le 11 novembre 2009 à 12:19 :

Monsieur Finkelkraut est intarrissable ! Il est comme ça ! Il avait accepté un contrat d’émission avec Radio-Classique ,où on parle musique , c’est comme ça ! On doit s’y tenir !
Moi je l’aime bien , alors je l’accepte avec ses défauts . Et puis , il nous a proposé un excellent programme .
Il est vrai que lorsqu’on est au fond du trou , ce qui fut mon cas il y a quelques années , la musique n’est pas la première préoccupation.
Malgré la grande souffrance qu’elle a provoqué chez Olivier , pour moi ce fut une bonne émission .

2 Livadiotti Roberto, le 11 novembre 2009 à 12:43 :

J’ai beaucoup apprécié ce que Alain Finkielkraut a dit au sujet du Conseil Européen,lorsque ces “enfoirés” ont demandé à l’Italie d’enlever les crucifix des écoles. Il a été “horrifié” de cela,moi de meme! Quand on se rend compte que tout l’art italien ainsi que sa musique sacrée et son plus grand poète,Dante,sont profondément ancrés dans la culture chrétienne. Il en est de meme pour l’Allemagne,la France,l’Angleterre,l’Espagne et tous les pays d’Europe et la Russie! En quoi ça les dérange à ces enfoirés?

3 Estette, le 11 novembre 2009 à 14:51 :

Quand sera-t-elle disponible à la réécoute ?

4 admin, le 11 novembre 2009 à 15:57 :

bonjour, l’émission est à présent disponible en réécoute sur http://www.radioclassique.fr/votre-radio-classique/reecoutez-les-emissions.html
FL

5 Martine, le 11 novembre 2009 à 16:04 :

Mr Bellamy, allez-vous nous nous raconter les coulisses de la soirée de lundi ? j’avoue que je pensais pouvoir y assister, que cette soirée serait ouverte aux auditeurs, puisqu’ils avaient participé au vote… je me suis consolée en me rendant au spectacle musical donné place de la Concorde pour célébrer la chute du mur de Berlin…

6 Estette, le 11 novembre 2009 à 17:05 :

Merci pour le lien. Magnifique Finkielkraut, qui ne déçoit jamais.

7 mathurin, le 11 novembre 2009 à 17:45 :

Bravo! Mr Bellamy! Vous avez réussi une interview de Alain Finkelkraut, allant même jusqu’à le faire rire!Très très interessant!

8 renate honer, le 11 novembre 2009 à 20:45 :

Je n’ai pas encore pu ecouter A. Finckielkraut, malheueusement. Mais j’etais, comme Martine, rue Royale/Concorde, faute de pouvoir aller Salle Pleyel… Puis, dans les embouteillages, j’ai suivi une partie de la soiree ‘Pleyel’ dans la voiture. Pardon, j’ecris de mon Blackberry, suis a la campagne. Ne recois pas RC, sauf en voiture, bizarrement (Normandie). A bientôt. Renate

9 holdrinet claudette, le 12 novembre 2009 à 00:48 :

belle emission suivie en direct de Pleyel.
Agreablement rythmée d’interviews interessantes et drôles entre ces belles oeuvres pour piano.

Régal d’entendre A.Finkelkraut, et ce soir Natalie Dessay …admirable d’intelligence d’energie et de talent.
Nous sommes gâtés! Merci.

10 TG, le 12 novembre 2009 à 11:05 :

Si M.Finkelkraut, n’était pas là, ce serait un grand manque… qu’il n’aime ou pas la musique. Je m’amuse cependant de sa madeleine Mc Cartney qui fit les joies de mon adolescence aussi bien que les belles chansons de Françoise Hardy ; comme quoi… Parfois, peut être, mais parfois seulement ce genre de chanson peut éveiller des plaisirs comparables à la “grande musique”. Je sais il n’y a pas de “petite musique” c’est vrai mais du moins il y en a une grande.

11 Nicolas Maillart, le 12 novembre 2009 à 15:03 :

Rien à ajouter aux commentaires ci-dessus qui résument parfaitement ce moment exceptionnel à l’écoute de A.F. au micro de Passion Classique. Quel bonheur vous nous donnez, Cher Olivier Bellamy, avec ces émissions, véritables oasis d’intelligence et de beauté dans ce monde actuel un peu stérile.

12 Lafon Nicole, le 12 novembre 2009 à 21:25 :

Magnifique votre émission , A.F et vous nous avez fait passer un moment excellent et même passionant .A .F a beau reconnaître ne pas être aussi sensible que nous à la musique , il a d’ autres atouts . Merci pour touts ces moments que vous nous faites vivre , olivier Bellamy .

13 hadjani, le 16 novembre 2009 à 15:54 :

D’accord sur Polanski mais décevant au sujet du rap, F.trop réac; “désarroi déjà roi”; “mais il est temps que cela cesse, fasse place à l’allégresse”; ne sont pas des vomissures…

14 turounet, le 20 novembre 2009 à 20:50 :

bien évidemment qu’il s’agisse de glucksmann ou finkielkraut, ces gens-là ont un égo surdimensionné et ne sont pas venus parler musique mais nous infliger des pseudo-réflexions philosophiques

15 turounet, le 21 novembre 2009 à 23:30 :

Rien ne vous autorisait à publier mon nom associé au commentaire.Il faut etre sur radio-classique pour voir cela.Je vous demande donc de retirer mon nom et le commentaire afférent.Lucas

16 Martine, le 22 novembre 2009 à 16:44 :

Mr Lucas T…,
il suffisait d’observer les commentaires déjà postés pour s’apercevoir que c’est le nom indiqué qui apparait…tous les sites procèdent de la même manière. Et puis vous n’assumez pas vos propos ? ;-)

17 Françoise (40), le 02 mai 2010 à 15:48 :

Merci Erica. Grâce à vous, j’ai (enfin) pu écouter cette émission. Un délice. “Pas commode” écrit Olivier ! Je ne l’ai pas senti. En-dehors de ses propos auxquels je ne peux qu’adhérer, j’aime sa façon de parler. Rien à voir avec un autre philosophe entendu récemment … Monsieur Finkielkraut s’exprime très clairement et ne nous rebat pas les oreilles avec des termes incompréhensibles. Il se prétend “non mélomane”. Ne serait-ce pas de la modestie ? En tout cas, j’ai - aussi - aimé ses choix musicaux. Le concerto n° 20 de mon cher Mozart, je le connais bien sûr, mais j’ai toujours beaucoup de mal à me détacher des n° 21 et 23.
Contrairement à ce qui est écrit plus haut (TUROUNET), je n’ai pas décelé “d’ego surdimensionné” chez M. Finkielkraut. Le but de l’émission n’est bien entendu pas que de “partager les goûts musicaux”. Enfin, je crois.
Cher Olivier, vous avez dit à la fin de l’émission “c’est dommage, j’aurais bien aimé qu’on creuse … Il faudra revenir …”.
Ne l’oubliez pas dans vos prochaines “rediffusions” ni dans les invités que vous …ré-invitez.
Bonne fin de dimanche chez amis.
Très amicalement.
Françoise


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