Jean-Didier Vincent est neuro-biologiste, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine. Il est pourtant tout le contraire d’un savant hautain, qui se réfugie derrière des lois, des règles et du jargon scientifique. Il chante dans la chorale des Compères et aime passionnément la musique. Il nous a parlé de ses amours et de l’amour avec une humanité débordante, une compréhension profonde des passions et une sincérité désarmante. Cela volait très haut sur le plan du discours, mais c’était toujours humble, compréhensif, doux et plein d’empathie. Il connaît les mécanismes cérébraux, nerveux, physiologiques des passions, mais pour lui un homme n’est pas qu’une merveilleuse machine à la disposition du scientifique. Il parle aussi de l’âme, c’est si rare d’oser en parler à la radio lorsqu’on a ses diplômes et ses responsabilités. Il me fait penser à ce médecin humaniste, qui disait à ses patients atteints d’un cancer : “Nous sommes trois dans cette pièce. Il y a vous, moi et la maladie. Je ne confondrai aucun des trois.” Il est à l’écoute de l’essentiel. Dans une émission de radio, c’est la même chose. Il y a des micros, des fils, de la technologie, un programme, des interruptions publicitaires, un “timing” à respecter, mais il y a surtout l’âme du compositeur, de l’interprète, de l’invité qui parle de ses émotions, du journaliste qui les fait émerger, du réalisateur qui fait en sorte que le message passe et de l’auditeur qui les partage. L’essentiel est là. C’est cette émotion unique qui nous rapproche tous les soirs et c’est plus fort que tout. Récemment, j’ai reçu la lettre d’un monsieur qui me dit qu’il vient de perdre sa femme et que Radio Classique lui a permis d’adoucir sa peine qui est immense… C’est plus fort que tout.
Voici le programme de Jean-Didier Vincent :
Morceau préféré
1ere suite pour violoncelle de Bach par Paul Tortelier
Madeleines:
Muriel par Tom Waits
Lover man par Charlie Parker
Casta Diva par Montserrat Caballé
Programme classique:
Schönberg, La nuit transfigurée, Boulez
Barber, Adagio, Bernstein
Beethoven, 32e sonate opus 111 “arietta” Yves Nat
Mozart, Don Giovanni, sc 5 Acte II, A cenar teco (Giulini)
Poulenc, Les chemins de l’amour (Yvonne Printemps)
Brahms, Sextet opus 18, Stern, Casals (1er mvt)
Tags : Emotion, Jean-Didier Vincent
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