Accueil  >  Après les mots bleus, la note indigo
Flux RSS

Après les mots bleus, la note indigo

Le 04 novembre 2009 à 09:39 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Christophe

La première fois que Christophe s’est manifesté, c’était sur ce blog. Il défendait je crois Alain Souchon ou Françoise Hardy, dont la prestation avait été égratignée par un auditeur. Je l’ai aussitôt prié de prendre le micro à son tour, ce qui a pris un certain temps, car Christophe est un animal sauvage, un dandy émotif et surtout un perfectionniste. Deux rendez-vous ont été pris puis décommandés, mais je savais qu’il viendrait un jour.

Il est un créateur de chansons qui ne ressemblent à rien de ce qui existe déjà sans être un instrumentiste aguerri et sans avoir appris la musique au conservatoire, mais son intuition, sa culture et son bouillonnement créatif compensent largement ses limites qu’il utilise comme un chemin de sa liberté. On pense à cette phrase de Mark Twain : “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait”.

C’est un OVNI comme l’était Jan Sibelius dans le domaine de la musique écrite, savante et classique. Cela ne m’étonne pas qu’il ait choisi ce grand créateur finlandais solitaire pour ouvrir son programme. Le très formaté René Leibowitz parlait de Sibelius comme du “plus mauvais compositeur du monde”. Depuis, d’autres compositeurs, plus ouverts et plus généreux, comme Eric Tanguy par exemple ont clamé leur admiration éperdue pour ce géant du Grand Nord. Gustav Mahler a aussi eu du mal à s’imposer. “Mon temps viendra”, assurait-il tranquillement à ses proches. Il ne s’est pas trompé.

On a longtemps cru que Christophe était un chanteur pour midinettes avant de reconnaître en lui (Les Inrock, Libé…) un créateur original et unique dans le domaine de la chanson populaire.

Voici son programme :

1/Sibelius, 5e symphonie in E flat opus 82 allegro molto (Herbert von Karajan)

Madeleines

1/duo Pavarotti/Lou Reed : Perfect Day

2/Diego Carrasco : Latero

3/ Zerkalo : When I was sick

Programme

2/Mahler, 9e symphonie : I.andante comodo (Nott)

3/Glück : Don Juan (finale) Allegro non troppo

4/Adagio de Barber, version Elephant Man (Previn)

5/Bellini : Norma Casta Diva (Anna Netrebko)

6/Schubert : Impromptu n° 3 op. 90 (Krystian Zimerman)

7/La Callas, La Wally, « ne andro lontano ebben »

8/Rachmaninov : piano concerto n°2 en si mineur opus 18

Tags : , ,
Lien permanent | Rétrolien

Il y a 11 commentaires pour cet article :

1 rosazza jean yves, le 04 novembre 2009 à 10:34 :

ce petit message n’a rien à voir avec le sujet,mais il me vient l’idée,cher Olivier,de vous suggérer l’idée de convier à lun de vos rendez-vous le talentueux,subtil et modeste jean-pierre drouet,que j’admire et connais. Voila.Et merci pour ce que vous faites pour nous…avec talent,subtilité et modestie.

2 barberino, le 05 novembre 2009 à 14:53 :

c sher Olivier, vous etes très sensible et cela se sent. merci pour vos émissions. MF

3 Renate, le 05 novembre 2009 à 16:59 :

Vrai. Joli compliment.
Christophe : j’ai adoré lorsqu’il a dit: „Tous les jours je m’améliore“, à la recherche du petit miracle. C’est génial. Emission surprenante, émouvant Christophe. Parfois, il cherche ses mots. Mais j’ai aimé tout ce qu’il a dit (surtout lorsqu’il réclamait des commentaires méchants). La Madeleine particulière - „Perfect Day“ est une de mes chansons préférées de Lou Reed. Quel duo avec Pavarotti !
Cela m’a fait penser à „Heroes“ de David Bowie („Dann sind wir Helden für einen Tag“ -version allemande- / „Then we’ll be Heroes just for one Day“), ce qui me permet de faire la transition *:
Je voudrais remercier Olivier et Radio Classique pour la semaine consacrée à Berlin. J’ai trouvé le témoignage de Christine Ockrent très percutant. Elle a rendu compte du mélange de joie et de stupeur (ce que André Glucksmann appelle „l’angoisse de la liberté“). Pratiquement toutes les familles allemandes de l’Ouest avaient des proches à l’Est. C’est vrai, on basculait dans un autre monde. J’ai fait l’expérience du passage à l’Est plusieurs fois dans les années 70 et 80 : c’était angoissant, étouffant. Un de mes oncles s’était enfui peu de temps avant la fermeture de la frontière, avec tous ses camarades de classe. Ils avaient 17 ans. A Berlin-Ouest, on leur a trouvé un professeur russe, pour qu’ils puissent obtenir leur „Abitur“ : ils n’avaient évidemment pas appris ni l’anglais ni le latin.
Merci, bien sûr, pour tous ces très beaux choix de musique, classiques d’abord (Elisabeth Schwarzkopf, par exemple) mais aussi Marlene Dietrich et Lale Andersen - et même les „Scorpions“. Sacrée surprise de les entendre, mais puisque le contexte était là… Le groupe vient du Nord de l’Allemagne. J’ai même partagé les bancs d’école avec l’un d’eux :-)
* Bowie a vécu à Berlin entre 1976 et 1978.

4 Françoise (40), le 05 novembre 2009 à 17:21 :

Ma chère Rénate,
Sur la route, je n’ai pu écouter Christophe. C’est à la fois un régal et très instructif de vous lire. Merci.
Je vous embrasse amicalement.
Françoise à Sanguinet

5 Renate, le 05 novembre 2009 à 19:25 :

C’est très gentil, Françoise mais je n’ai pas de mérite. Je vais me calmer un peu…
A très bientôt, chère Françoise. Je vous embrasse. Peut-être que vous pourrez écouter Christophe via le blog.

6 Nelly Bailly-Maître, le 06 novembre 2009 à 16:47 :

J’avais un peu perdu de vue Christhophe. Et si j’aime la musique classique je sais aussi que toutes ces chansons qui jalonnent notre vie sont comme des photos: une période, un instant, des couleurs, un souvenir. J’ai aimé réecouter Barber. Finalement j’ai découvert un Christophe moins connu et très pro.
Faire partir 2 messages de suite: dur-dur! impossible!
Parfois j’abandonne.
Je vais réessayer pour Dominique de la Garanderie
Très belle journée à vous . Nelly.

7 Isabelle Thomas, le 08 novembre 2009 à 19:23 :

ALTENWYL. - “À mes yeux,la conversation est un art que plus personne aujourd’hui ne connaît -celui de ne pas pérorer soi-même en répandant un torrent de paroles, mais de donner la réplique aux autres. De mon temps, on disait : il faut mener la conversation avec le visiteur qui vient chez moi de telle façon que, lorsqu’il aura la main sur la poignée de la porte pour repartir, il se sente intelligent ; et quand il redescendra l’escalier, il se dira que je suis intelligent, moi aussi.”

Hugo von Hoffmannsthal – Der Schwierige - Acte II

L’art de la conversation à la française tel que l’Europe entière apprit à la pratiquer.

8 Isabelle Thomas, le 08 novembre 2009 à 22:24 :

Eloge de l’invité et de son interviewer : certains états de grâce quand donner le meilleur de soi-même est un art difficile, subtil et courageux bien souvent

9 Renate, le 09 novembre 2009 à 16:04 :

Est-ce l’éloge d’Oliver en général et de Christophe en particulier ? Hugo von Hofmannsthal (son nom s’écrit avec un seul “f”) a écrit “Der Schwierige” (”L’homme difficile”) vers 1920, donc une dizaine d’années après le livret du “Chevalier de la Rose”. Pièce de théâtre qui traite, entre autres, de la perte des bonnes manières (après la chute de la monarchie autrichienne). C’est bien le comte Altenwyl qui prononce ces mots. Et c’est sa fille Hélène qui finit par épouser “l’homme difficile”, sensible, introverti et plein de tact, qui n’ose pas avouer son amour, ni à soi-même ni à l’objet de son désir.
C’est une belle citation, en tout cas. J’espère que vous m’en voulez pas, Isabelle, d’avoir apporté cette précision au sujet de votre citation, même si elle est éloquente.

10 Livadiotti Roberto, le 09 novembre 2009 à 18:22 :

Chère Renate,Françoise a raison de dire que c’est instructif de vous écouter,pas seulement lorsque vous parlez de musique(naturel chez les allemands),mais aussi quand vous parlez de littérature.Je savais que Hugo von Hofmannstahl était le librettiste favori de Richard Strauss,mais je ne connaissais pas autant de détails que vous.

11 Renate, le 09 novembre 2009 à 19:37 :

Cher Roberto, chère Françoise - j’ai vécu en Allemagne jusqu’à l’âge de 27 ans, j’ai fait mes études là-bas, linguistiques et littéraires. Cela ne serait pas normal si je ne connaissais pas quelques détails. Et comme pour vous, la musique m’est essentielle. Des lacunes, j’en ai quand même, croyez-moi. Mais comme disait Olivier, c’est aimer qui compte. C’est pourquoi cette phrase de Christophe était si jolie : “Tous les jours je m’améliore”. Vous saviez que H. von Hofmannsthal était le librettiste favori de Richard Strauss - je ne peux que vous rendre le compliment donc, Roberto, et redis à tout le monde que votre site “Histoire de la musique classique” est un travail formidable.


Donnez votre avis !






ombre