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Le mur a des oreilles

Le 29 octobre 2009 à 19:02 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et André Glucksmann

André Glucksmann est un homme passionné et passionnant, mais qui me semble toujours appuyer sur la balance avec son doigt lorsqu’il analyse le poids des événements. Il souffle dans le sens qui l’arrange. Ce qui n’empêche pas de passer un excellent moment avec lui tellement il est cultivé et habile en rhétorique.

J’ai sursauté lorsqu’il a dit que “la musique n’est pas innocente”. La musique ne développe pas d’arrières-pensées car elle est pure. Même si Woody Allen prétend qu’entendre Wagner lui donne envie d’envahir la Pologne, c’est l’utilisation qui a été faite de cette musique qui lui inspire ce sentiment (et cet excellent mot). On peut faire dire ce qu’on veut à la musique. La preuve, c’est que Le Pen a repris le Choeur des Hébreux du Nabucco de Verdi pour ses meetings !

De même, je ne pense pas que l’on puisse dire que Richter, Oïstrakh et même Rostropovitch étaient des “dissidents”. Richter se mettait en colère lorsqu’on essayait de l’inclure dans cette catégorie. Quant à Oïstrakh, le pauvre, il tremblait d’être arrêté parce qu’en Union soviétique on pouvait être un héros le lundi et un paria le mardi. Certes, Rostropovitch a hébergé Soljenitsine, il a pris des risques et il en a payé le prix fort. Mais il n’a pas pu rester dans son pays car on ne lui permettait plus d’y travailler.

C’étaient des génies, qui faisaient ce qu’on leur disait de faire. Dissidents ? De l’intelligence, de l’art élevé et raffiné, oui. Mais alors, il faut également accorder ce titre à Wilhelm Furtwängler qui est resté en Allemagne nazie en démissionnant de toutes ses fonctions.

Voici le programme d’André Glucksmann :

Morceau préféré :

Don Giovanni, Mozart, Scène 5, Finale, 9 : la statue, Don Giovanni, Leporello « Don Giovanni… » jusqu’à la mort. 7’30. version de Fritz Busch, Festival de Glynderbourne 1936*****

 Madeleines :

-  Triple Concerto, 2ème mouvement (Oistrakh, Rostropovitch, Richter, Karajan) ****

- Marlène Dietrich : Lili Marlène, indispensable en allemand.

- Yves Montand : « à bicyclette »

 - Rostropovitch (mur de Berlin) joue la sarabande de la 2ème suite de Bach pour violoncelle

Morceaux :

Bach,Cantate BWV 51 ? « Jauchzet Gott in… » Elisabeth Schwarzkopf  - Harold Jackson, Philarmonie orchestra, Peter Gelho (version violente et rapide). (4’6)

Bach, Messe en B minor, BWV 232,  Agnus dei, Kathleen Ferrier 7’

 Mozart, La Flûte enchantée, 2ème air de la reine de la nuit« Der hölle Rache… » Lucia Popp, Bernard Haitink, Bayerische Rundfunks. (ou si vous trouvez plus en colère) 3’

Cecilia Bartoli, Sacrificium, Haendel « ombra mai fiu » 3’

 Requiem, Mozart, « Recordare » Leonard Bernstein 5’ ou Karajan

 Wagner, Ring, Crépuscule des dieux : marche funêbre : Boulez-Chéreau (Bayreuth).

 Haydn, Die Schöpnung, 3 et 4 (2ème jour) « Und Gott machte das Firmament » et « Mit Staunen sieht das Wunderwerk », Karajan, Philarmonique de Berlin. Christa Ludwig, Fischer- Diskau… (le tout environ 4’)

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Il y a 2 commentaires pour cet article :

1 Livadiotti Roberto, le 30 octobre 2009 à 01:05 :

Un beau programme avec une prédominance de Bach et Mozart,un choix de morceaux intéressants,mais vous avez omis le nom de Beethoven auprès du Triple Concerto pour piano,violon et violoncelle. Cela vous arrive parfois.

2 TG, le 04 novembre 2009 à 17:20 :

J’ajoute que notre ami Gluscksmann a lui même une très belle voix ; et de plus une voix courageuse parfois!


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