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Bouvard de la Madeleine

Le 31 mars 2009 à 10:22 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Philippe Bouvard

J’étais un peu nerveux en attendant Philippe Bouvard. Dans le métier de journaliste, c’est une sorte de mastodonte. Plusieurs journalistes de la rédaction m’ont demandé : “Il vient en direct ton invité, ce soir ?” Oui, comme la plupart. Mais pourquoi me le demander pour lui ? Il est arrivé un peu après dix-huit heures, à pied, comme un promeneur tranquille. Tout de suite, il a voulu voir le programme. En homme habitué à diriger, il a fait la moue sur un ou deux titres. Avait-on bien la bonne interprétation ? N’y avait-il pas un meilleur titre pour le Loussier. Avec un savant mélange de professionnalisme et de cabotinage, il s’est installé dans la cabine technique et a écouté les deux ou trois morceaux qui le titillaient. Attirées par l’odeur du sang, cinq ou six personnes sont restées debout à l’écouter dans la cabine. Il était comme un grand directeur de radio à qui l’on présente les prochains succès de la play list et qui regimbe d’un air dubitatif. En fait, il voulait écouter de la musique. “Je n’en écoute jamais, je viens ici pour me faire plaisir”. Amusant de savoir qu’il a horreur de la chanson et que les élèves qui défilaient chez sa mère, professeur de piano de son état, l’ont dégoûté à jamais de la Marche Turque de Mozart (sa première Madeleine). 

Quand l’émission a commencé, il y avait un monde fou dans la cabine technique. Ne faîtes pas trop monter la pression, les gars ! Yann a trouvé une pastille sonore amusante sur Internet : le violoniste André Rieu jouant le carillon de RTL, le fameux jingle qui annonce les infos. On l’a passé à Philippe Bouvard, qui a pris l’air perplexe avant de décréter d’un air professionnel : “Il s’agit de mon générique des Grosses Têtes interprété par Jean-Pierre Rampal !” Flûte alors ! Le bide. Les interviewers ont parfois du mal de se mettre dans la peau de l’interviewé. Mais Philippe Bouvard a bien joué le jeu. Il a écouté chaque titre avec beaucoup d’intérêt, insistant pour en écouter d’avantage (contrairement à certains invités qui s’impatientent si jamais Beethoven ou Mozart leur retirent du temps de parole). Au moment du jazz, son oeil s’est allumé, ses doigts se sont déliés sur la table et il avait l’air confusément ravi de celui qui passe rue Saint-Denis en rentrant de la Comédie Française. C’était sa récréation.

J’ai eu un moment de trouble lorsque je lui ai demandé : “qui vous appelait Ginette Bouchon ?” Il a répondu “Dutronc ?” Non, c’était Chazot (j’ai vérifié à nouveau dans son livre après l’émission). Il avait oublié. Bouvardounnet, c’était Sapritch, il s’en souvenait bien, mais Ginette était passée à l’as. Pour ce joueur de poker invétéré, on le comprend aisément. 

Au moment de partir, je l’ai senti ravi et un peu ému. J’étais, moi, soulagé que tout se soit bien passé. Il m’a tendu la main pour prendre congé et j’ai cru sentir sa tête pencher légèrement vers moi. Comme je doute qu’il ait voulu s’incliner devant ma modeste personne, j’ai pris cela pour une marque d’affection subite (l’épisode Chazot lui était-il revenu à la mémoire ?) et je l’ai embrassé comme du bon pain sur les deux joues. Il n’a pas eu l’air ni gêné ni spécialement ravi pour autant, et nous nous sommes quittés comme de vieux camarades. 

Voici son programme :

Le morceau de musique classique préféré :
- La « Symphonie des Adieux » de Joseph Haydn

Les madeleines :
- La « Marche turque » de Mozart

 La « Danse macabre » de Saint-Saëns
-

« Madeleine » de Jacques Brel
-

« L’Opéra d’Aran » de Gilbert Bécaud



La programmation :
Classique:
- « Rhapsodie N° 2 » de Franz Liszt (I. Fischer) orchestre

« Prélude, choral et fugue » de César Franck par Cortot

-       « Symphonie N° 41 “Jupiter” » de Mozart – 2e mvt par Bruno Walter
-

-       « Concerto brandebourgeois N° 3 » de Jean-Sébastien Bach – 1er mvt Marriner-

-       « Danse hongroise N° 5 » de Brahms (Dorati)

-       « Play Bach » de Jacques Loussier (?)
-

-       Quelque chose d’Errol Garner
- Quelque chose de Michel Petrucciani (je propose « Brazilian like»)

Voici son programme  

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Il y a 7 commentaires pour cet article :

1 Françoise (40), le 31 mars 2009 à 11:49 :

L’appréhension ! Le trac ! Peut-on toujours lutter contre eux … même quand on est un excellent professionnel ? La preuve que oui ; vous avez réussi cher Olivier. Nous n’avons rien deviné.
Le programme de Philippe Bouvard était plutôt à mon goût ; sauf, évidemment ce “Play Bach”(*). Etait-ce l’humour de P. Bouvard qui lui a fait choisir ce morceau. Je l’espère.
Bonne journée à tous.
Très amicalement.
Françoise à Sanguinet
(*) pour en revenir à un précédent billet … dans quelle catégorie classer ce morceau ? “grands” ou “petits” ? Ni l’un ni l’autre ; je crée un “médiocre”.

2 Guillemette, le 31 mars 2009 à 16:31 :

Première fois que je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, Françoise, si vous me permettez… J’apprécie beaucoup Jacques Louissier et son Play Bach car je trouve qu’il ne dénature en rien l’oeuvre de Bach. Sans doute que l’extrait d’hier soir n’était pas le meilleur !
Très belle journée à vous également !

3 barberino, le 31 mars 2009 à 20:06 :

olivier Bellami est SUPER. En plus de sa grade culture musicale c’est un être reposant et réconfortant par sa voix et sa douceur. C’est une chance pour nous les auditeurs.

4 sandrine, le 31 mars 2009 à 22:15 :

Très chère Françoise
J’aurai tant aimé vous voir apprécier Jacques Loussier!!Mais peut-être est-ce parce que vous ne le connaissez pas assez bien. Je vous conseille d’écouter l’interprétation qu’il fait du concerto pour piano N°23 de Mozart, vous savez celui qui nous émeut tant vous et moi!
D’ailleurs un jour vous proposiez que chacun de nous présente son programme comme le font les invités d’Oivier et bien dans le mien qui est fin prêt mais que je n’ose afficher, il y a ce Loussier jouant Mozart cette fois et non Bach (qui est tout autant formidable).
Allez courage, vous verrez vous aimerez!
cordialement
sandrine(84)

5 Françoise (40), le 31 mars 2009 à 22:59 :

Chère Sandrine, chère Guillemette,
A vous lire, j’ai presque honte … de ne pas mieux connaître ce J. Loussier. Du coup, votre expertise à toutes les deux m’amène à souhaiter l’entendre de nouveau, surtout comme vous le dites Sandrine, son interprétation du Concerto n° 23 que nous aimons tant. Je vous fais confiance… et lancez-vous, faites nous partager votre beau programme puisquil est fin prêt.
Très amicalement.
Françoise à Sanguinet

6 Bailly-Maître, le 18 avril 2009 à 22:15 :

J’ai vraimentaprrécié Philippe Bouvard et j’ai aimé presque tout ses choix musicaux, découvrant aussi que sa maman était professeur de piano.
Redouble, Philippe Bouvard mais si plein de culture et d’humour. Je ne connaissais pas Jacques Loussier non plus. Je suis en retard mais j’avais pris 2 ou 3 notes heureusement. Ce qui m’a beaucoup amusée c’est l’épisode du chien au restaurant avec Henri Salvador. (c’est bien Henri Salvador n’est-ce pas?). Cela m’a rappelée un adorable chien que j’avais lorsque je vivais en Avignon (clin d’oeuil à Sandrine) dans une ruelle près de la rue de la République. En sortant donc mon chien (un lévrier assez aristo et distrait), un voisin prenait l’air sur le pas de sa porte. Et Pégase -pour ne pas le nommer- a pris sa jambe vétue de noir pour le pied d’un arbre. Heureusement, nous ne nous sommes pas fachés pour autant.
Voilà Monsieur Bouvard vous m’avez encorre fait rire beaucoup en soulevant des souvenirs; et lorsque vous riez vou-même je vous trouve ‘confortable’. Cela se dit non?. Je vous écoute parfois. Nelly.Bx.33

7 dauty, le 04 septembre 2009 à 09:16 :

Bonjour,auriez-vous la gentillesse de m’indiquer les références de l’adaptation faite par MAURANE DE jean sébastien Bach (non pas le fameux prélude) que vous avez fait écouter lorsque vous avez reçu celle-ci,merci beaucoup et merci pour vos émissions!


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