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La douceur de Nadine Trintignant

Le 27 mars 2009 à 00:03 par Olivier Bellamy

Nadine Trintignant avec Olivier Bellamy

J’ai un souvenir très vif du premier passage de Nadine Trintignant dans Musiques de Stars (qui était diffusée le vendredi matin). Elle nous offrait un moment d’exception et de vérité très différent de ses passages très virulents à la télévision suite à la disparition tragique (et comme on la comprend) de sa fille Marie.

Nadine Trintignant a beaucoup souffert. La vie ne l’a pas épargnée, mais grâce à la musique, elle pouvait aborder des sujets profonds sans colère.

J’ai retrouvé ce sentiment intact lors de son passage dans L’Invité Classique.

A la fin de l’émission, je lui ai posé la question fatidique : pourrait-elle un jour pardonner à Bertrand Cantat. Elle m’a dit : « Ne me posez pas cette question. Puis, après un silence : « Je vais répondre… Le seul pardon, c’est l’oubli. » Réponse magnifique, mais j’ai eu le sentiment que j’avais peut-être été trop loin. N’avais-je pas cédé au voyeurisme ? Avais-je le droit de poser une question aussi directe à quelqu’un qui s’était livrée en confiance au cours de l’émission. J’ai demandé à mes collaborateurs ce qu’ils en pensaient : Yann, Charlotte, Albina, Florent… Honnêtement, ils m’ont avoué que cela leur semblait bizarre.

Nadine Trintignant ne m’a fait aucune réflexion. Elle m’a laissé libre de diffuser tout l’entretien.  Mais j’ai pris la décision de retirer le passage en question. Cela ne cadrait pas avec le reste de la conversation, avec l’esprit, le ton. Et cela aurait pu laisser un sentiment désagréable à certains auditeurs.

Voici le programme de Nadine Trintignant :

Un morceau que j’aime particulièrement: 

Vivaldi, chanté par Gérard Lesnes : Nisi dominus. Numéro 20 : cum dederit.





Les madeleines: 

- Henri Salvador: “une chanson douce que me chantait ma maman…”

- “I can’t give you anything but love baby”, chanté par Marlene Dietrich.

- B.B. King: “The thrill is gone”

-

Les autres classiques :

- Avisahaï Cohen (bassiste jazz mais c’est classique!!) : Trio Avishaï Cohen : at home. “Remembering”

- Baptiste Trotignon (pianiste jazz mais idem….) : Share - Numéro 11 : “Vibe”

- Wagner : Ouverture de Lohengrin, dirigée par Rudolf Kempe

- Vivaldi : “Les quatre saisons” dirigé par Fabio Bondi (sinon non) - Numéro 10: hiver

- Bach : Cantatas, dirigé par Masaaki Suzuki - Numéro 6 : l’été

- Dvorak : Symphonie numéro 9 (du nouveau monde), dirigée par Vaklav Neumann - 4e mvmt : allegro con fuoco

- Lizt : “Dante” symphonie (pour la divine comédie): purgatoire

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Il y a 7 commentaires pour cet article :

1 Bourgeau, le 27 mars 2009 à 12:31 :

Vous avez bien fait de ne pas diffuser les propos concernant Cantat ; il n’y a pas d’oubli possible ; donc pas de pardon.
Docteur Bourgeau pédiatre

2 sandrine, le 27 mars 2009 à 16:59 :

Merci Olivier d’avoir retiré le “morceau en question” faute avouée à moitié pardonnée dit-on … en effet vos collaborateurs ont eu raison de vous conseiller sur le fait que cela leur semblait bizarre, j’ai passé un si bon moment en sa compagnie, Nadine Trintignant nous a offert à l’écoute une interprétation de Vivaldi par Fabio Bondi que je ne suis pas prête d’oublier et le sujet Cantat aurait tout fait basculer,je regrette même que vous ayez eu l’indélicatesse de lui poser cette question si personnelle et si pleine de souvenirs atroces qu’elle tâche je suppose très péniblement d’oublier!!
Mais bon c’est peut-être une déformation professionnelle, une pulsion de journaliste qui a pris le dessus à ce moment là.
Merci à vous pour votre sincérité et merci également à vos invités qui nous offrent le meilleur d’eux-mêmes! (j’espère)
cordialement
sandrine(84)

3 Renate, le 27 mars 2009 à 19:28 :

Nadine Trintignant m’a émue. Je la trouve totalement authentique. J’ai aimé ses choix musicaux. Effectivement, “la question” est peut-être mieux restée là où elle est.
Merci pour cette émission !

4 Françoise (40), le 27 mars 2009 à 20:34 :

La question d’Olivier ne m’a pas choquée. Probablement parce que j’ai un rapport “particulier” avec la mort, mais j’admets qu’il a eu raison de s’abstenir. S’attirer des foudres (compréhensibles) n’est pas le but de l’émission.
Nous devons saluer l’honnêteté d’Olivier qui aurait pu ne rien dire. A moins qu’il nous ait “testés” ?
Amicalement.
Françoise à Sanguinet

5 amelie, le 28 mars 2009 à 21:17 :

je suis entièrement d’accord avec sandrine mais mon cher Olivier ce qui fait votre générosité c’est aussi cette capacité tagéd’empathie et de remise en question …
quant à Nadine TRintignant, effectivement j’ai ressenti beaucoup de douceur dans ce moment partagé….donc merci car ce fut malgré ce léger dérapage une très belle émission

6 Nelly Bailly-Maître, le 30 mars 2009 à 15:54 :

Très sincèrement j’ai apprécié la douceur de Nadine Trintignant-si opposée à la douleur qu’elle exprimait- mais comment ne pas dire sa souffrance! Cependant c’est parfait d’avoir supprimé ce passage qui n’avait pas de ‘relation’ avec ce moment musical de détente. Pour votre franchise et votre intuition: merci Olivier!

7 Brunel, le 07 avril 2009 à 16:59 :

Je suis assez jeune et bien que j’apprécie toujours Wagner à la radio, je n’ai jamais approfondis car il y a toujours eu comme une retenue. Par contre j’adore Vivaldi, l’extrait était sublime et vous en avez parlé si justement… on a envie d’en entendre plus sur cette musique si brûlante d’amour.


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