J’étais un peu nerveux en attendant Philippe Bouvard. Dans le métier de journaliste, c’est une sorte de mastodonte. Plusieurs journalistes de la rédaction m’ont demandé : “Il vient en direct ton invité, ce soir ?” Oui, comme la plupart. Mais pourquoi me le demander pour lui ? Il est arrivé un peu après dix-huit heures, à pied, comme un promeneur tranquille. Tout de suite, il a voulu voir le programme. En homme habitué à diriger, il a fait la moue sur un ou deux titres. Avait-on bien la bonne interprétation ? N’y avait-il pas un meilleur titre pour le Loussier. Avec un savant mélange de professionnalisme et de cabotinage, il s’est installé dans la cabine technique et a écouté les deux ou trois morceaux qui le titillaient. Attirées par l’odeur du sang, cinq ou six personnes sont restées debout à l’écouter dans la cabine. Il était comme un grand directeur de radio à qui l’on présente les prochains succès de la play list et qui regimbe d’un air dubitatif. En fait, il voulait écouter de la musique. “Je n’en écoute jamais, je viens ici pour me faire plaisir”. Amusant de savoir qu’il a horreur de la chanson et que les élèves qui défilaient chez sa mère, professeur de piano de son état, l’ont dégoûté à jamais de la Marche Turque de Mozart (sa première Madeleine).
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Aldo Ciccolini est athée. Son unique religion est la musique. Une religion polythéiste puisqu’elle adore des dieux aussi divers que Bach, Mozart, Beethoven ou Wagner. Mais Ciccolini va plus loin encore. Son âme musicale est sans limites. « Il n’y a pas de « petits » compositeurs français » a-t-il dit au cours de l’émission. Ils sont tous grands. » Voilà qui fait plaisir à entendre. Mais il faut que ce soit un pianiste né à Naples, qui nous le dise. En France, on a le complexe de ses compositeurs. A part Debussy et Ravel, on doute. Berlioz pose problème chez nous, pas en Angleterre où il est vénéré… Chabrier, on le mentionne en riant. Satie, on ajoute un rien de condescendance. Quant à Saint-Saëns, il subit encore la loi des listes noires comme Anatole France en littérature (lire le livre de Milan Kundera qui sort en librairie). Le fameux esprit critique français s’applique toujours à ployer dans le sens du vent.
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Tags : , Ciccolini, France, Naples, religion
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En art, on dit qu’il faut « avoir du style ». C’est la moindre des choses ! Posséder un style, est beaucoup plus rare. En littérature, deux par siècle, disait Céline, qui était sévère. Au violon, les élus sont à peine plus nombreux (Kreisler, Heifetz ?) Enfin, avoir « son » style est un privilège accordé aux fortes personnalités. On pense à Gitlis, Kremer… Lire l’article en entier
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J’ai un souvenir très vif du premier passage de Nadine Trintignant dans Musiques de Stars (qui était diffusée le vendredi matin). Elle nous offrait un moment d’exception et de vérité très différent de ses passages très virulents à la télévision suite à la disparition tragique (et comme on la comprend) de sa fille Marie.
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Ce qui est merveilleux avec Jean-Marie Pelt, c’est qu’il nous donne une leçon d’humanisme à travers quelques notions de biologie « éclairée ». Ah, ce brin d’herbe qu’il faut laisser (nous implore presque ce savant écolo) entre les pierres d’un mur ou les pavés d’un trottoir. « Il ne fait de mal à personne » ajoute-t-il.
Jean-Marie Pelt adoucit la vision dure et implacable de Darwin. Il nous prouve que la nature réagit tout autant par solidarité que par souci de compétitivité. Du coup, la fameuse « loi de la jungle » devient moins inhumaine. Lire l’article en entier
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La voix chaude et grave de Catherine Lara attire l’attention de l’auditeur. La douceur de ses inflexions alliée à l’intelligence de ses observations maintiennent son intérêt en éveil. Tandis que son humour et l’attachement profond qu’elle ressent pour la musique ont fait de son passage dans « L’invité classique » un moment d’exception.
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1. Connu pour sa participation en tant que répétiteur et professeur de musique à la Star Académie de TF1, Mathieu Gonet est un personnage atypique. Elève d’Yvonne Loriod au Conservatoire de Paris, il a joué pour Olivier Messiaen avant d’accompagner au piano Hélène Delavault, Hannah Schygulla et bien d’autres… Arrangeur, compositeur, chef d’orchestre, il est aussi l’ami de musiciens tels que Frank Braley ou Gautier Capuçon.
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1. Qui n’a jamais rêvé flâner seul dans l’antre d’un collectionneur au milieu d’objets rares, de tableaux de maîtres, d’un dessin de Courbet, de la tabatière d’Alexandre Dumas, de l’éventail de Maria Callas et… du perroquet de Flaubert ? C’est la vie de Guillaume Cerruti, PDG de Sotheby’s, la plus ancienne maison de vente aux enchères du monde, qui a donné son premier coup de marteau en 1744 pour vendre la bibliothèque de Napoléon Bonaparte à Londres.
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Tags : Maria Callas
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Sempé se dit fou. Qu’il le reste puisqu’il nous apporte une vision du monde à nulle autre pareille. Mais c’est nous qui sommes fous. De lui !
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Tags : salon du livre
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Retour au Salon du Livre. J’ai été touché de rencontrer plusieurs auditeurs, qui sont venus me témoigner leur amitié. Un homme charmant (il se reconnaîtra) m’a dit qu’il écoutait l’émission chaque soir avec sa femme. Il me l’a même passée au téléphone. Elle est fleuriste et compose des bouquets magnifiques, paraît-il. Il m’a parlé de la manière dont il découvrait peu à peu la musique classique grâce à Radio Classique. Une dame, très émue, m’a dit : “Si vous arrêtez un jour, des gens vont se suicider”. Cela paraît excessif, mais il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. C’est une manière de dire : continuez à nous faire découvrir des gens passionnants et à débusquer leur part de vérité, de fragilité, de beauté. J’en ai parlé à Sempé, hier, qui m’a dit qu’il connaissait bien cette angoisse de la chose qui risque de s’arrêter. On a tous peur de perdre ce à quoi on est attaché. C’est de l’amour, tout simplement. Quand j’étais jeune, c’était la Tribune des Critiques de disques, que j’écoutais religieusement chaque dimanche. Quand Antoine Goléa est mort, j’ai pleuré.
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Tags : salon du livre
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