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T’es à la radio, papa ?

Le 11 février 2009 à 10:48 par Olivier Bellamy

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En mourant, Pierre Desproges n’a pas pris le soin de demander à son ami Jean-Louis Fournier de prendre sa suite en allégeant les misères de ses contemporains. Pas la peine ! les humoristes savent transformer une grande douleur en éclat de rire et rapprocher les hommes sans qu’on le leur demande. C’est même le seul moyen qu’ils ont trouvé pour répondre aux mauvais coups du destin et leur seule façon de vivre. 

Jean-Louis Fournier a écrit plein de livres indispensables pour comprendre la poésie du monde et se moquer de tout le reste. Dans “L’arithmétique impertinente”, il se demande combien de voitures on pourrait mettre à l’intérieur de Notre Dame si on la transformait en parking. Dans “Le CV de Dieu”, il imaginait le Créateur cherchant un nouveau boulot.

Avec “Où on va papa ?” (Prix Fémina 2008), Jean-Louis Fournier franchit un degré supplémentaire. Les soties philosophiques ont cédé la place à une chronique d’une rare humanité, dans laquelle le rire se mêle aux larmes. D’Erik Satie, nous sommes passés à Schubert…  

Jean-Louis Fournier a eu la déveine d’être le papa, non pas d’un, mais de deux enfants handicapés. D’autres se déversent à la télévision pour moins que ça. Lui a attendu plus de trente ans pour raconter son histoire. Ça valait la peine car son livre est une sorte de “Petit Prince” moderne. Jean-Louis Fournier a parlé de sa littérature avec des mots simples et touchants. Son humour, sa force morale donnent du courage à ceux qui l’écoutent et donnent une valeur universelle à son histoire.

Comme disait je ne sais plus qui : “J’aime bien les fêlés car à travers eux on voit la lumière”. Merci à Matthieu et Thomas d’avoir éclairé notre existence, puisque désormais ils en font partie. 

Voici son programme :

Trio de Schubert n°2 en mi b “Andante con motto” par les Beaux Arts Trio
”

Madeleines
Luis Mariano “Rossignol de mes amours”


Trenet “La folle complainte”


Brel “Quand on n’a que l”amour”



Programme 
Les Variations Goldberg (le début) par Simone Dinnerstein


Concerto pour violon de Mendelssohn (le début par Menuhin)

Adagio K.540 de Mozart par Claudio Arrau


Concerto pour piano de Schumann (1er mvt) par Wilhem Kempff

Symphonie inachevée de Schubert (Furtwängler/Berlin) 2e mvt

Nocturne op. 27 n° 1 par Alfred Cortot

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Il y a 16 commentaires pour cet article :

1 Du-miel, le 11 février 2009 à 15:24 :

J’aime bien cet homme, j’ai même parfois bu du petit lait en l’écoutant… pas vous les filles ? :o)
J’ai même senti comme une osmose devant cet aria de bach.
Je l’avais vu présenter son livre à la TV : quelle différence avec l’indécence de ces petits artistes à l’égo démesuré !

Une remarque à l’encontre d’Olivier ;
je l’ai quand même trouvé culotté pour ne pas dire infâme quand il dit “au fond, n’est-ce pas une chance que vous avez eue d’avoir deux enfants anormaux” ?
J’ai senti d’abord une pause d’étonnement, puis un éclair d’intelligence dans la réponse de Jean-Louis Fournier : il a été très gentil avec vous Olivier je pense que Pierre, lui, l’eût été bien moins.

2 clau, le 11 février 2009 à 16:00 :

Irrévérencieux mais tellement juste !

Maman d’un ado “différent”, je ne trouve pas que la question d’ O Bellami était déplacée, car malgré les difficultés évidentes cette expérience est un modérateur de bêtise, de vacuité, de narcissisme et permet surtout un recentrage sur l’essentiel.

Désolée Du-miel, je suis une femme épanouie, heureuse et légère, ma recette… la prise de hauteur et … aucune complaisance à l’égard mes soucis.

En revanche, Du-miel votre “anormaux”… êtes-vous à ce point conventionnel ???

3 Nelly Bailly-Maitre, le 11 février 2009 à 16:56 :

Quel homme et quel Père courageux Jean Louis Fournier et quel don il a reçu également pour donner cet amour et accueillir deux êtres, deux enfants fragilesmais à qui il a donné beaucoup de force. J’aime quant il dit: je leur ai tricotés des mots doux. Ah! Du-miel, je voulais ajouter que je n’ai pas entendu dans le ton d’Olivier pour la phrase ‘n’est-ce pas une chance’? la même chose que vous.Il faudrait en débattre. Personnellement, je trouve qu’il y a une pointe d’arsenic dans votre miel mais bon..parfois, les mots, comme cela, glissent involontairement. Bravo Jean Louis Fournier pour votre Amour donné et restons dans le rire et la joie. Excellent fin de journée. Nelly. Bx.33

4 Livadiotti Roberto, le 11 février 2009 à 18:15 :

Très intéressant tout ce qu’a dit J.L.Fournier, mais vous ne parlez pas du tout de ses choix musicaux qui sont bons. Enfin, depuis plus d’une semaine, voilà quelqu’un dont tous les morceaux choisis étaient intéressants.

5 Françoise (40), le 11 février 2009 à 23:45 :

Moi aussi, Roberto, j’ai trouvé ses choix musicaux intéressants.
Clau : votre “témoignage” est à la fois bouleversant et si sage !
Chère Nelly, je pense comme vous …
Très amicalement.
Françoise à Sanguinet

6 sandrine, le 12 février 2009 à 01:36 :

J’ai eu le sentiment bizarre que ce merveilleux monsieur se cachait derrière cette volonté de vouloir faire rire, la gaieté et la joie revenaient sans cesse dans son dialogue voulant éviter qu’on éprouve pour lui de la tristesse ou qu’on le plaigne (ce que je conçois tout à fait); pourtant son programme était complètement paradoxal avec ses pensées; j’ai trouvé certes son pogramme très beau mais très mélancolique et peu enclin à la jovialité (madeleines comprises).
Non monsieur, ne dites surtout pas que vous avez “loupé” vos enfants, j’ai senti dans ces mots atroces un profond sentiment de culpabilité que vous comptiez si bien dissimuler ce soir, apparemment vous n’êtes pas guéri de cette terrible épreuve, qu’On vous a envoyé.
Je sais que vous n’avez rien à faire de ma compassion, et que vous répugnez de sentir mes mains moites posées sur votre épaule, mais sachez que grâce à votre témoignage, je me sens aujourd’hui un peu plus forte et courageuse pour “tricoter” moi aussi des mots doux pour ma fille.
Alors pour égayer tout cela écoutons quelques valses de Strauss et puis revenons de nos jours écouter Astor Piazzola qui nous fait vibrer sur des tangos argentins endiablés!
cordialement,
sandrine(84)

7 Damiel, le 12 février 2009 à 02:12 :

Mais non, Clau, j’utilise les mots avec leur sens commun, mais pour vous faire plaisir je veux bien remplacer « anormal » par « différent », bien que ceci me paraisse plus un euphémisme qu’un mot mieux adapté.
Je sais que les mots sont parfois lourds à porter et que les alléger un peu, soulage parfois la peine…
Je comprend bien ce que vous voulez dire, et Boris Cyrulnik l’a bien décrit dans son livre « Un merveilleux malheur « .
Mais ceci ne peut qu’être une réflexion personnelle sur son propre cas ; personne à mon sens, n’a le droit de proposer de tels raccourcis à quelqu’un qui a vécu le drame ; c’est une façon de le déposséder de son histoire et d’y apposer irrespectueusement une conclusion à priori.
Enfin, c’est l’oxymore qui me coince : on ne peut pas avoir de la chance d’avoir du mal quand on est sain d’esprit…

8 mion, le 12 février 2009 à 09:54 :

O. Bellamy, vous portez bien votre nom et en recevant J.L.Fournier, nous étions, comme les autres jours, heureux d’être à l’écoute. Je n’ai pas été choquée par vos réactions et je ne pense que votre invité le fut. Son livre n’est pas complaisant, même s’il est un peu rude parfois. C’est Michel Audiard qui a dit : ” J’aime bien….”, trouvé sur le net !

9 Nelly Bailly-Maitre, le 12 février 2009 à 14:38 :

Merci à vous Clau pour votre réponse. J’ai souvent dans mon enfance vécu près d’handicapés chez une grand’ tante que je ne peux oublier et à qui je rends hommage: ma grand’tante Marcelle Bailly-Maître qui s’est dévouée pour ces enfants ‘trisomie 21 entre autre’ je me suis occupée d’hancapés adultes et.. j’ai une nièce lourdement handicapée. Alors, Daniel, Damiel, Du-miel employez des mots plus simples et si l’oxymore vous coince cela m’ennuie pour vous mais ce n’est pas une maladie irrémédiable. Vous rappelez-vou? nous sommes sur Radio Classique! adaptez-vous et parlons rire , bonheur et musique.Nelly. Bx.33

10 Damiel, le 12 février 2009 à 15:24 :

Je suis occi, mort même… Des chauves-souris noires tournoient au-dessus de ma tête dans un air de Walkyrie, elles vont plonger leurs grands ongles dans mes chairs et s’en repaître voracement.
Deux talons hauts rouges sang, une longue robe noire, une ombre cambrée…un bandoléon. Mon cauchemar devient félicité.

11 M. JACQUES, le 12 février 2009 à 16:28 :

Monsieur Bellamy,
Merci de bien vouloir me donner le nom de l’interprète de la cantate de Bach : ich habe genung - de votre emission du 11/02/09;
avec mes remerciements
Bonne réception
cordialement

12 SORDET Yves, le 12 février 2009 à 21:13 :

Cher Monsieur BELLAMY, je suis un auditeur très assidu de votre émission; je l’écoute pratiquement tous les jours. Quels bonheurs!!! Si je me reporte aux émissions précédentes Madame Renata SCOTTO m’ a particulièrement marqué. Elle est d’abord une très grande dame de l’Opéra;quelle voix,quelle présence. Ce fû^t vraiment une tres grande artiste parmi les très grandes.Je la préfère mille fois à la Callas dont on nous rebat les oreilles à longueur d’ ondes.Et puis quelle leçon de vie, de moralité, de courage et de foi en l’avenir. Un véritable exemple pour les jeunes générations. Je dois être de la sienne. Je voudrais aussi vous féliciter et vous remercier d’ avoir reçu Jean-Louis FOURNIER. Alors en ce qui le concerne je ne trouve pas demots suffisamment forts pour exprimer ce que j’ai ressenti en l’écoutant; je connais un peu le problème des enfants handicapés, ayant une belle-soeur trisomique; je peux manifester ladouleur, parfois de ces enfants et de leurs parents. Votre invité nous a donné une véritable leçon de vie; très pudique mais très présente et très réelle.Chapeau MonsieurFournier.
Monsieur Bellamy continuez votre émission; qu’elle nous donne longtemps plein d’émotions vraies, plein de découvertes musicales( malgré ma discothèque déjà bien fournie); et aussi que votre émission nous permette de connaitre des personnalités publiques dans leur intime; on fait de sacrées découvertes. Merci mille fois, bon courage et peut-être à bientôt. Recevez mes amitiés les meilleures. Yves SORDET à LYON.

13 Françoise (40), le 12 février 2009 à 23:46 :

A M. JACQUES. La cantate de Bach : ich habe genung.
N’était-ce pas Hans Hotter ?
Cordialement
Françoise à Sanguinet

14 tores.albert, le 13 février 2009 à 10:34 :

L’humour soulage ceux qui écoutent mais pas celui qui le fait
phrase du philosophe Taurus

15 attali!!!, le 21 février 2009 à 20:20 :

j’adore radio classique mais attali!!!
insupportable:toujours entre propagande et je ne sais quoi ,le discours de cet homme dépasse l’entendement:poésie ,autre chose?
avatar : la civilisation occidentale repose sur le judaisme…mais aussi les grecs…
jésus n’est pas autre chose qu’un rabbin !
il a tout compris du message du christ!en rupture totale avec le judaisme (qui serait une religion altruiste??):aimez vous les uns les autres….etc…svp prévenez à l’avance quand vous invitez Attali et consorts …ça me gache ma soirée..
bien à vous et continuez .
LB

16 Livadiotti Roberto, le 27 février 2009 à 00:07 :

Il y a du vrai dans ce que vous dites LB.


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