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Prince sans rire

Le 10 février 2009 à 01:50 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy et Daniel Prévost

L’Espagne est l’un des grands amours de la vie de Daniel Prévost. Il a aimé ce pays de la plus belle manière qui soit : par la poésie, la musique et le rêve. Pas par le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens ou par la sangria au camping des Flots bleus. Il n’a rien contre la sangria, notez bien. Il a des goûts simples, des origines modestes et ne doit pas être le dernier à rigoler, mais ce sont les mots, le rythme et les couleurs de Federico Garcia Lorca, qui ont frappé son coeur en premier, ne laissant plus aucune place à la vulgarité.

Sa femme, qu’il a rencontré au Danemark et qui lui a donné trois beaux fils aux prénoms fleurant bon le poisson fumé et le chewing-gum rafraîchissant, a partagé sa passion pour le pays de Cervantès. Ils avaient souvent projeté de faire le voyage, mais, comme la réalité est souvent si inférieure à ce qu’on imagine - Regardez Don Quichotte et Dulcinée ! - la vie, pour leur épargner une possible déception, s’est ingéniée à les en écarter.

Il y a deux ans, sa femme est allée rejoindre Andersen et la Petite Sirène sans avoir pu respirer l’air d’Albeniz, de Falla et se chauffer au soleil de Garcia Lorca. C’est en souvenir d’elle et pour rester parmi les vivants que Daniel Prévost a probablement imaginé ce spectacle avec son benjamin, Erling. Un cri d’amour pour l’Espagne ! Pays envoûtant, obsession des artistes français de la fin du XIXe et du début du XXe (Chabrier, Mérimée, Debussy, Ravel…) comme l’Italie était celle des artistes allemands, de Goethe à Kempff en passant par Wagner.

Ce soir, au micro, Daniel Prévost baissait le masque. Ce n’est pas facile d’exprimer ses sentiments quand on s’est toujours caché derrière le rire et les grimaces. Mais ça doit faire du bien d’être aimé pour soi-même, pas forcément parce qu’on amuse la galerie.

* (le spectacle s’appelle “Federico, l’Espagne et moi”, il se joue au studio de la Comédie des Champs-Elysées). voilà, au fait, voici son programme :

Jeux interdits (Narcisso Yepes)

Madeleines

Le troisième homme

Gainsbourg : La chanson de Prévert

Brel : Fanette

Programme

Prévost : chante (Miguel Hernandez/Paco Ibanez)

Hymne à la joie (9e de Beethoven, 4e mouvement)

Stéphane Blet : Variations Carmen (Bizet/Horowitz)

Grieg : Concerto pour piano (1er mvt) (Argerich)

Danse du Meunier (Falla) /

Sonate Clair de Lune (Gilels)

Flûte enchantée : Air de Papageno

Les poètes (Léo Ferré)

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Il y a 8 commentaires pour cet article :

1 Christine, le 10 février 2009 à 11:27 :

Merci Olivier pour cette belle émission, colorée, pleine de re-découvertes, encore une fois ! Vos émissions valent bien des voyages, par la richesse et la sincérité des personnes que l’on peut y écouter…

2 Christine, le 10 février 2009 à 12:21 :

dans ma hâte, j’ai oublié de remercier aussi Daniel Prévost. Il était resté dans ma mémoire l’image d’un humoriste qui me faisait rire le dimanche midi lorsque j’étais petite ! Très belle voix, et une belle approche de la poésie espagnole qui me donne envie de rechercher ces textes et ces chansons…

3 Vousavezqui, le 10 février 2009 à 15:38 :

Heureusement que je suis là pour tempérer toute cette dithyrambe… :o)
Prévot n’a jamais fait de rôles de composition au cinéma ; il a toujours utilisé les mêmes mimiques, les mêmes mécanismes de comique, les mêmes grimaces et postures.
Ce n’est ni un grand acteur ni un grand comique : on s’en souviendrait. Il est tout au plus un saltimbanque moyen qui a fait son boulot sans plus.
Il a comme beaucoup d’autres éprouvé le besoin de se “mettre à nu” il y a quelques années, comme si le déballage de sa vie nous était utile.

Méchant, Mr le Comique, (j’en vois rire dans le fond de la salle :o) ; je me souviens il y a une quinzaine d’années, lors d’une émission de Roland Curiez, un midi à Eu1, où il avait mis à bas Gustave Parking, un autre comique, qui commençait tout juste dans le spectacle chansonnier,. Il lui dit tout nettement et en direct que ce qu’il faisait n’était pas comique du tout et que ça ne le faisait pas rire…
Gustave Parking eut beaucoup de mal à faire face à ce coup bas et même Roland Curiez qui vint à son secours dû beaucoup ramer pour laisser passer l’ange !
Quelques belles pages musicales quand même.
L’homme a du goût.

4 Renate, le 10 février 2009 à 18:46 :

Chères Françoise, Sandrine et Nelly -
Je découvre vos “mails” à l’instant. D’abord, j’espère que le département 40 n’a pas trop souffert, cette nuit.
Sandrine, j’espère également que votre fille va bien. C’est ça qui compte.
L’invité d’hier soir : Daniel Prévost, je l’ai un peu „découvert“. Comme quoi… et le beau, le très beau commentaire d’Olivier – tout est dit !
“Pour le reste” et “qui vous savez” – : vous êtes adorables de m’en parler, c’est extrêmement gentil. Bien sûr que c’est un piège (il suffit de la savoir). Mais les grands esprits se rencontrent  : j’avais laissé le dernier mot de notre ami sans réponse : il ne faut pas polluer ce joli blog. Bref, je crois que sommes d’accord !
P.S.: Air France Magazine a publié une interview d’Olivier Bellamy avec Renée Fleming ! Voilà qui vole haut, merci !

5 Pierric LE FUR, le 10 février 2009 à 21:32 :

Une erreur de date sur votre site. Je me raccroche à la programmation de Daniel Prevost Qui a eu lieu hier 9 Février pour vous écrire aujourd’hui, 10 Février sur l’invité Jean Louis Fournier qui tout en faisant des commentaires très intéressants sur la musique, et sur la façon dont il l’a découverte et aimée, nous a également fait découvrir avec beaucoup de pudeur, de sensibilité, et parfois d’humour, les joies et drames de sa vie et de celle de sa famille. Il nous a aussi réconciliés avec les salsifis.
Encore plein de merci à lui et à vous qui l’avez invité.

6 Nelly Bailly-Maitre, le 11 février 2009 à 15:43 :

Le bonheur vraiment, c’est d’avoir entendu Daniel Prévost et de le découvrir autre qu’un comédien très drôle. Près de l’humoriste nous avons rencontré un homme profondément sensible,aimant la guitare et l’Espagne: et cela je ne savais pas! J’ai aimé ses choix musicaux : le 3ème homme, la chanson de Prévert et.. la 9ème de Beethoven qui, pour des raisons personnelles me touche énormément.Merci Daniel Prévost. Dommage que pour nous fidèles blogeurs, vous ne nous mettiez pas juste un petit mot! un tout petit mot…comme un autographe.Pas à chacun mais pour l’ensemble. Bonsoir Françoise Sandrine et Renate. A très bientôt. J’espère Françoise que cette seconde tempète sera restée ‘légère’. et j’espère aussi que mon message va passer. Nelly. Bx.33

7 tores.albert, le 12 février 2009 à 17:28 :

Une façon élégante d’allier humour et souffrance

8 LECONTE, le 18 février 2009 à 20:42 :

Comme il est étonnant de découvrir une toute autre facette de personnalités connues et d’entrer dans leur univers (poétique pour Daniel Prévost - époustouflante tirage !!!)
Merci Olivier B. pour ce rendez-vous de chaque jour, que vous menez avec talent et érudition, accompagnant votre invité sur ses chemins intimes


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