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Jane B. sur Radio C.

Le 27 novembre 2008 à 02:29 par Olivier Bellamy

Jane Birkin, l’invitée classique d’Olivier Bellamy

Quand Jane est arrivée au studio vers 18 h, elle m’a demandé très gentiment si elle pouvait répondre à une brève interview par téléphone. J’ai évidemment dit oui et l’ai conduite vers un studio pour qu’elle soit tranquille. Vers 18 h 20, elle s’est allongée sur un canapé pour prendre cinq minutes de repos comme le font (de manière moins sensuelle) les hommes d’affaires japonais dans le métro de Tokyo. La journée de promo avait clairement été éprouvante. J’ai appris par son attachée de presse, l’adorable Françoise Deschamps, qu’après l’émission elle devait se rendre pour un ultime interview à Radio France vers 22 h. 

Bref, je n’ai pas échangé deux mots avec Jane avant l’émission. A 18 h 27, je l’ai priée de me suivre vers le studio. Elle s’est installée à sa place et là, comment dire, l’atmosphère était magique. Gérard Pangon terminait son émission, Béatrice Mouédine s’apprêtait à commencer son flash. Ils étaient tous deux dans leurs petits souliers. Jane Birkin est une légende - “que veux-tu, on est mythologiques !” lui disait Gainsbourg d’un ton désabusé et ça la faisait rire à l’époque - et cela se sentait parce qu’on n’osait rien dire… Elle ne faisait rien de spécial, elle était tout simplement pensive, mais d’une manière tellement aiguë et lointaine à la fois, concentrée sur quelque chose d’apparemment si douloureux que cela nous donnait la bouche sèche, et lorsque, se rendant compte soudain peut-être qu’on l’observait, elle nous gratifiait alors d’un sourire si naturel et si tendre que nous en étions confus, bouleversés. Ensuite l’émission. Dès que le bonjour est dit, on ne maîtrise plus rien, c’est fini, il faut se laisser aller, sans jamais vraiment s’abandonner tout de même. Ce qui fait qu’on est avec une star, c’est qu’on a beau avoir préparé, c’est elle qui vous conduit pendant une heure et demie, tout en vous laissant l’illusion qu’elle vous suit très docilement. On ne sait pas ce qui se passe. C’est à la fois intimidant et très naturel, ça va tout seul et au bout de très peu de temps, on s’aperçoit que l’émission est déjà finie. Pendant le Mahler, Jane a vraiment pleuré. Ça aussi, c’était fort. Voilà, difficile d’expliquer. J’espère que je ne parais pas trop nounouille et que les auditeurs ont ressenti la même chose. Un grand moment de radio et de générosité. J’espère que l’émotion était palpable à l’antenne. Une grande star, c’est aussi qu’à aucun moment l’attachée de presse vient vous voir pour vous dire : n’oubliez de parler de l’album. Il est évident qu’on est au-delà de toute promotion et pourtant, après, on a qu’une envie c’est de prolonger ce moment avec Jane en écoutant ses chansons. 

Jane Birkin : Période bleue (Enfants d’hiver)

Madeleines

Baby alone in Babylone

Jane B

Lemon Incest

Chopin Nocture opus 9 n° 2 Rubinstein

-       Chostakovitch (hamlet de Grigori Kozintsev) Bal au château (Chailly)

-       Satie Gymnopedie N° 1 piano

-       Ravel Pavane par Fujiko Hemming

-       Messiaen : Turangalila (Chung)

-       Malher : Adagietto de la 5e (Dudamel)

-       Serge gainsbourg « Melody nelson »

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Il y a 5 commentaires pour cet article :

1 kdelph, le 27 novembre 2008 à 04:56 :

Mais Monsieur Bellamy !!
J’adore Jane Birkin comme vous l’aimez vous, je crois, et je vous aime beaucoup aussi, au passage !
Mais qu’y a t’il de plus éprouvant ? Une journée de promo, ou une journée à se dire qu’on aura jamais de promo ? Et ce quelque soit l’œuvre qu’on veut défendre !!

Mais acceptez tout de même mes encouragements :o)

2 Lise Warusfel, le 27 novembre 2008 à 18:10 :

Non, pas nounouille, simplement touché comme je l’ai été également par la sincérité et la justesse des mots de Jane Birkin;nous étions à l’opposé d’un discours sur la musique,à l’écoute et dans la confidence de sa réception intime, profonde de la musique.
Cette proximité donnait une valeur inaccoutumée aux superlatifs que l’on ose rarement utilisé.
Quant à rêver que la Turangalila puisse être écoutée et appréciée par des jeunes de milieux dits non favorisés,Jane a raison,
il suffit juste d’un contexte favorable;
Olivier Messiaen avait lui-même eût, il me semble cette expérience d’avoir ému jusqu’aux larmes un couple de personnes âgés d’un village reculé, ayant eu pour la première fois l’occasion d’entendre de la
“grande” musique.
Ce qui était palpable hier dans cet entretien avec Jane Birkin, c’était l’ancrage culturel de sa juste sensibilité.
Il y avait là une invitation pour tous ceux
qui ont une responsabilité dans la transmission de la culture à ne pas baisser les bras, à dépasser les barrières sociologiques et à tenter d’inventer des moyens de contrer les effets néfastes des politiques culturelles et éducatives trop timorées.
Cette approche de la musique hier, renvoyait également aux travers d’une pédagogie musicale trop
souvent axée sur les connaissances techniques et ne laissant pas assez de place à l’écoute
sensible.
Hier,si l’intention était d’émouvoir, cette émotion n’a sûrement pas été vaine elle a fait naître un trouble , quelque chose de vague mais qui met réellement en mouvement,
qui vous déplace.
Merci!

3 solomon, le 28 novembre 2008 à 01:22 :

trop de complaisance et de banalite .Dommage

4 laetitia, le 01 décembre 2008 à 12:02 :

Merci à Jane !
POur ceux qui comme elle aime Messiaen, je vous signale que l’église de la Trinité termine bientôt son hommage au grand Olivier Messiaen par des concerts les 4 & 9 décembre et une grande messe le 10 !

5 matray, le 04 décembre 2008 à 09:40 :

j’aime beaucoup votre émission et apprecie d’entendre votre voix qui est apaisante
j’ai écouté avec beaucoup d’émotion l’entretien que vous avez eu avec Jane birkin je l’ai trouvee sublime sa passion etait palpante merci a tous les deux


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