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Julliard cool

Le 21 novembre 2008 à 13:37 par Olivier Bellamy

Jacques Julliard, l’invité classique d’Olivier Bellamy

1. Pour répondre à Sandrine, je précise que Fabrice Luchini m’a communiqué ses choix de musique. Je n’ai ajouté que le finale de Don Giovanni pour le faire réagir. Concernant les concertos de Mozart, il m’avait simplement indiqué “les 22, 23 et 24″ en me laissant libre sur le choix du mouvement et de l’interprétation. Il a eu effectivement l’air de découvrir ce mouvement. Je pense qu’il y a avait une petite part de jeu (il voulait jouer auprès de moi le rôle du béotien) et une grande part de sincérité. D’abord, c’est beaucoup plus sympathique qu’il joue franc jeu plutôt que de feindre n’écouter que ça tous les jours. Il a été sincèrement emballé par le mouvement parce qu’on l’a écouté avec beaucoup d’attention. En sortant de l’émission, il voulait le disque et sa femme, la metteur en scène Cathy  Debeauvais, lui a dit : “Mais Fabrice, on l’a à la maison”. Le mouvement lent du 24e n’est pas si facile à mémoriser et à identifier quand on ne baigne pas dans la musique classique du matin jusqu’au soir. Moi-même, il m’arrive de le confondre. A chaque fois que je l’écoute, je me dis : “Ah, c’est mon préféré ! C’est lequel déjà ?” Voilà, chère Sandrine, j’espère avoir répondu à votre interrogation.

2. Jacques Julliard m’a fait peur. Il était coincé dans les embouteillages. Charlotte, mon assistante, qui l’avait joint par téléphone, m’a dit d’un ton qui tentait de camoufler une légère inquiétude : “Il m’a demandé si c’était en direct…” J’avais prévu de commencer seul jusqu’à la première coupure de pub, mais finalement il est arrivé à l’heure. Ce petit stress passé, l’émission, de mon point de vue, s’est passée très agréablement. Jacques Julliard est un fameux débatteur, qui aime confronter ses opinions avec celles d’autrui. En musique aussi ! A la fin de l’émission, il m’a dit : “Vous m’avez bien aidé !” C’était modeste de sa part car il s’en est très bien sorti sans moi, je trouve. Mais les intellectuels ont toujours peur de paraître moins informés qu’ils devraient l’être à leurs yeux. Ce qui compte en premier lieu, pour les auditeurs, me semble-t-il, c’est moins d’avoir un cours sur telle oeuvre que d’entrer dans l’univers sensible et artistique d’une personnalité. De connaître son goût, ce qui est, comme le pense le distingué membre du Collège de France, Marc Fumarolli, la part la plus essentielle d’un être humain, beaucoup plus que ses idées. J’ai été très touché quand Jacques Juliard a parlé de son enfance et qu’il a dit : “J’étais plus “respectable” (est-ce le mot exact ?) à 10 ans qu’aujourd’hui. Je n’avais pas mon misérable tas de secrets, comme disait Malraux.” C’était une confidence à la fois profonde et candide, parce qu’évidemment un enfant a moins de choses à se reprocher qu’un adulte. Voici son programme, tel qu’il me l’a envoyé par e-mail. Vous serez sensible au soin qu’il a apporté à sa mise en forme. Je laisse les musiques que nous n’avons pas eu le temps d’entendre : Nessun dorma, l’Ode à Sainte-Cécile de Purcell et Grieg…

L’INVITE CLASSIQUE

Jacques JULLIARD

(20 novembre 2008) 

I. Un morceau privilégié :

« Sempra libera », 1er acte de La Traviata de Verdi, par Maria Callas

II. Trois madeleines :

¨     La « romance de Nadir » dans les Pêcheurs de perles de Bizet, de préférence par Vanzo

¨     « Ella giammai m’amo ! », à l’acte IV de Don Carlos de Verdi (précédé par le solo de violoncelle) par Ruggero Raimondi

¨     Adagio ( dernier mouvement) de la symphonie n° 3 de Mahler

III. Morceaux choisis :

¨     Schubert : quintette à corde op. 143, pour deux violoncelles : 1er mouvement allegro ma non troppo

¨     Chopin : sonate n°2 en si bémol mineur : 1er mouvement, par Hélène Grimaud

¨     Ravel : quatuor en sol mineur : 1er mouvement, allegro moderato

¨     Puccini

-       Turandot : « Signore, ascolta ! » (Liu) par Mirella Freni

-       Turandot : « Nessun dorma ! » (Calaf) par Lucciano Pavarotti

¨     Chopin : Barcarolle en fa dièse majeur op. 60 (Yves Nat)

¨     Fauré : Requiem : « Pie Jesu » par Cecilia Bartoli

¨     Edouard Grieg : Peer Gynt. Suite d’orchestre n°2 op. 55. Retour de Peer Gynt et complainte de Solveig. 

¨     Henry Purcell : Ode à sainte Cécile (1692) : acclamation et chœur

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