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Lettre à Frédéric Mitterrand

Le 17 novembre 2018 à 23:18 par Olivier Bellamy

Cher Frédéric Mitterrand,
Il y a mille façons de vous aborder. En souvenir du créateur d’Etoiles et toiles, j’ai choisi les astres. Vous êtes né au point d’intersection du Lion et de la Vierge. Position d’équilibriste qui va bien au funambule que vous êtes, coincé entre le Soleil et l’ombre. La Vierge aime servir, avec précision et un sentimentalisme parfois pleurnichard, tandis que le Lion veut bâtir et briller, avec un orgueil teinté de kitsch qui le rend vulnérable.
Votre part de Vierge a défendu Bergman et Kurosawa au cinéma l’Olympic, mais le Lion avait besoin des paillettes de la télévision. Le Lion était fasciné par De Gaulle, quand la Vierge devait fidélité à un oncle promis à la Couronne.
La Vierge a travaillé pour des émissions de qualité, mais le Lion a posé royalement un Sept d’Or à terre, ulcéré qu’on l’ait chassé de la Cour et privé de lumière.
La Vierge sage a écrit, filmé, réalisé quand la Vierge folle est allée s’amuser sur Pink TV.
Le Lion a rugi de bonheur à la Villa Médicis. Mais « Rome, Rome, Rome unique objet de mon ressentiment » a pleuré la Vierge amoureuse.
Encore orphelin d’un vieux roi, l’Etat a eu besoin d’un sémillant marquis du même sang. Pas au château, mais rue de Valois ; pour un acrobate féru de culture, c’était parfait. La Vierge n’a pas démérité, mais le Lion promène encore sa mélancolie blessée dans la solitude des musées qui, sans lui, continuent inexplicablement d’exister.
Finalement le cœur d’un Lion associé à l’esprit d’une Vierge ne doit pas former tous les jours un mariage très gai, mais si l’on ajoute le talent et le sens de l’histoire, nul doute que cela dessine dans le ciel une sorte de comète à multiples facettes.

Programme :
Classiques : 

Montserrat Caballe : https://www.youtube.com/watch?v=vzgqVVrcc0Q
Al dolce (en public)
Martha Argerich : https://www.youtube.com/watch?v=trMkgvhuhlA

Madeleines  : 
Adriano Celentano preghero
L’amitié de Françoise Hardy

Portrait :
https://www.youtube.com/watch?v=rUuusqy50yk

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Lettre à Florian Zeller

Le 16 novembre 2018 à 01:24 par Olivier Bellamy

Cher Florian Zeller,
Au début vous aviez tout pour agacer la terre entière. Trop beau, trop doué, trop primé. Il n’y a pas que vos cheveux qui sont en bataille, les muses aussi se disputent vos faveurs. Et les théâtres s’arrachent vos œuvres, car vous êtes avec Yasmina Reza l’auteur français le plus joué à l’étranger.
Et puis loin de vous répéter (car si les acteurs répètent, les auteurs parfois hélas se répètent), vous n’avez cessé d’approfondir votre art. Il faut donc bien vous rendre la monnaie de vos pièces.
Et la dernière, Le Fils, c’est de l’or. La parole n’étant que d’argent, vos répliques rejoignent le silence à travers la musique des mots.
La cruauté brillante de vos premiers drames s’est enrichie d’une sensibilité, d’une vision, d’une conscience toujours plus juste.
« Je suis un mensonge qui dit la vérité », disait Cocteau, vous êtes l’enfant et le parent des deux, et vous en jouez en virtuose.
Vos personnages nous ressemblent. Ils sont si vrais qu’on se demande qui imite qui, d’eux ou de nous. Car vos thèmes sont éternels, la souffrance, la solitude, l’amour, autant dire la vie, mais racontée par un joueur d’échec invisible, mais de chair autant que d’esprit.
Votre théâtre attire les grands acteurs, Catherine Hiegel, Pierre Arditi, Luchini, Auteuil, Hirsch, mais il ne perd rien à être lu.
Seriez-vous déjà classique ? Donc bienvenue chez vous dans la radio du même nom.
Programme :
Adagio for Organ and Orchestra in G Minor (Albinoni). C’est une musique qui se retrouve dans le spectacle du FILS, dans la mise en scène de Ladislas Chollat.

- La Troisième leçon des ténèbres, de Couperin.

- Metamorphosis II, de Philip Glass, un de mes compositeurs contemporains préférés. Cette musique se retrouve dans LE FILS

- Paradis Perdus, Christine and the Queens - d’après Christophe.

Portrait

Vivaldi : Cun dederit (Bowman)

Mystère

https://www.youtube.com/watch?v=StXT0BQKwg0

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Lettre à Jonathan Lambert

Le 14 novembre 2018 à 23:47 par Olivier Bellamy

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Cher Jonathan Lambert,
Vos parents n’étaient pas d’accord sur le choix de votre prénom. Votre père voulait que vous vous appeliez comme lui : Rodolphe et votre mère préférait Jonathan. Et comme dit l’adage : ce que femme veut, Dieu le veut, donc vous vous appelez Jonathan. Mais au regard de l’Etat civil, vous portez les deux prénoms.
J’en ai cherché la signification. Rodolphe est d’origine germanique. Par exemple, au hasard : Rudolph Hess, l’adjoint d’un certain Adolphe, dont il est question dans la pièce Le Prénom. Nom associé : le loup (en allemand : Wolf). C’était le surnom donné dans l’intimité au même Adolphe de tout à l’heure. Hum, vous êtes sûr qu’on vous a choisi pour votre talent, Jonathan Lambert ?
Voyons l’autre prénom. Jonathan est d’origine hébraïque. Aïe. Vous êtes sûr que ça va ? D’autant que l’un se fête au solstice d’été et l’autre au solstice d’hiver.
Mais peut-être que l’humour, le sens de l’absurde, le goût de la parodie viennent à ceux qui portent un germe de tragédie en eux, un écartèlement existentiel qui a besoin du rire pour s’épanouir.
Parmi les Jonathan célèbres, j’en citerais un seul. Jonathan Livingstone le Goéland. Personnage imaginaire, symbole de liberté et dont le mantra pourrait être : « Deviens qui tu es ». Au lieu de répondre à l’injonction, c’est peut-être justement dans cette multiplicité de visages et de tempéraments que vous avez fini par vous réaliser.
Programme :
Classiques:
- Antonin Dvorak Symphonie numéro 6 Suite en La majeur “American suite” op98b mvt. 4 Andante
- Wiegenlied op41/1 de R Strauss par Montserrat Caballe

Madeleines:
Half a man par Randy Newman
Perfect Day de Lou Reed

Portrait : Till Eulenspiegel

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Lettre à Emmanuelle Bertrand

Le 14 novembre 2018 à 23:45 par Olivier Bellamy

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Chère Emmanuelle Bertrand,
On ne porter votre prénom sans se sentir investi d’une mission, d’une destinée messianique. Ce ne sont pas l’âme et la corde de votre violoncelle que vous caressez avec ferveur qui me contrediront : Dieu est avec nous quand résonne la musique.
Certains comme le compositeur Henri Dutilleux l’ont tout de suite saisi chez vous en parlant de « révélation » à prendre au sens biblique.
Et il suffit de vous regarder, chère Emmanuelle Bertrand, pour se souvenir immédiatement de sourire de madones peintes par Raphaël ou Leonard de Vinci. Avec votre violoncelle dans les bras, c’est soudain la Pieta de Michel Ange qui revient à la mémoire, ou celle du Tintoret, quand la Vierge s’évanouit de douleur au pied de la Croix.
Vous rendez vie à la musique qui vous traverse en une sorte d’Annonciation, comme vous avez retrouvé la voix du violoncelle de Maurice Maréchal, prophète de l’école française de violoncelle, en ressuscitant l’instrument construit par deux camarades de tranchées pour que brille l’espoir entre deux bombardements.
Chaque son émis par votre violoncelle est bien le fruit de vos entrailles et pardonnez ma fièvre allégorique si votre phrasé sans tache évoque une immaculée conception et si j’entends dans la façon dont votre mélodie monte au ciel une véritable Assomption.
Programme :
Maurice Maréchal (cf le violoncelle de guerre) Liebestraum de Liszt
- Pascal Amoyel dans un Nocturne de Chopin
- Tout un monde lointain » de Dutilleux par Rostropovitch
- une berceuse a capella (composée dans les camps) chantée par Marielle Rubens.

Portrait :
Stabat Mater de Vivaldi / MN Lemieux

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Lettre à Charles Consigny

Le 13 novembre 2018 à 09:44 par Olivier Bellamy

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Cher Charles Consigny,
Plus une personne a le pouvoir de juger autrui et moins il est facile pour cette personne d’accepter qu’autrui use de la réciproque.
Cet autrui est vraiment un cochon.
Il se débat quand il devrait souscrire. Il met les rieurs de son côté au lieu d’implorer grâce. Il joue sur la corde de l’émotion alors que la raison commande qu’il écoute sa juste condamnation avec respect et reconnaissance puisqu’on lui fait l’honneur de le traîner dans la boue.
Ainsi il n’existe pas d’arroseur patenté qui soit un arrosé fair play.
Vous ne manquez ni d’intelligence ni de courage, car il en faut pour dire son fait à n’importe qui. Mais ce pouvoir qu’on vous accorde est un leurre. C’est un piège à vanités.
Vous êtes assez avisé pour savoir que tout gladiateur est jeté dans l’arène pour amuser la foule, que la foule veut du sang et qu’elle finit toujours par vouloir la peau de celui qu’elle portait en triomphe.
Vous savez aussi que l’empereur jubile quand vous montrez les dents ou que vous vous faites mordre, car ce pompier pyromane aime à paraître comme un arbitre bienveillant dont vous seriez les créatures infernales.
Vous vous doutez bien que le prix de cette renommée qui vous est accordée va être exorbitant. C’est quand la facture se présentera et à votre manière de l’acquitter ou de laisser courir la dette que l’on saura si derrière un incontestable talent se cache, ce qui est plus rare, un caractère.
Programme :
2 classiques :

- BACH Le clavier bien tempéré, Livre I: Prélude et fugue in C Major, BWV 846, Sviatoslav RICHTER ;

- BRAHMS Symphony No. 3 In F Major, Op. 90: li. Andante, Orchestre philarmonique de NEW YORK, Dir. Bruno WALTER ;

2 madeleines :

- So Blessed, Mariah CAREY ;

- J’me suis fait tout petit, Georges BRASSENS.

Portrait :

Poulenc : Sonate pour hautbois

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Lettre à Luc Ferry

Le 12 novembre 2018 à 12:36 par Olivier Bellamy

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Cher Luc Ferry,
Pour la plupart des gens, la Grèce est une destination de vacances ou un pays qui a du mal à comprendre l’économie. Pour vous, c’est la maison d’Eros et de Thanatos, le temple d’Apollon, l’école de Dionysos. Prométhée et Icare sont vos voisins de palier, Tantale et Sisyphe vos collègues de bureau, et vous mangez de l’hybris chaque matin à votre petit déjeuner.
Vous avez le talent de faire comprendre aux pauvres ignorants que nous sommes les mythes fondateurs de notre société et les concepts les plus sophistiqués pour comprendre le monde dans lequel nous vivons et lui donner du sens.
Et vous le faites avec enthousiasme cette vertu suprême qui étymologiquement nous met en communication directe avec le divin.
Mais l’on se demande, cher Luc Ferry si à force de fréquenter Ulysse vous n’avez pas appliqué son intelligence rusée, sa mètis, avec un peu trop de talent. Car la philosophie n’est pas seulement votre bâton de pèlerin, c’est aussi une entreprise florissante.
Mais refusons de boire ce poison de la jalousie qui fait le lit de l’immobilisme et des passions tristes, car votre ambition est peut-être plus grande encore. A savoir : appliquer la méthode du Cheval de Troie pour introduire l’esprit là où règne l’obscurantisme. Immense dessein à votre mesure, quoique démesuré.
On vous rétorquera trois choses. Un, qu’à pariez sur l’intelligence, vous vous attaquez aux Ecuries d’Augias. Deux, que l’art d’avoir toujours raison (comme dit Schopenhauer) guette celui qui veut servir la raison. Et trois, qu’à vouloir tout expliquer on s’éloigne du silence source de sagesse pour ferrailler dans les bas quartiers sous l’œil ironique des dieux de l’Olympe et le mystérieux sourire de Bouddha.
Programme :
musiques classiques :

* G.Fauré : le requiem in Paradisum

* La troisième sonate de Brahms pour piano et violon

Madeleines :

*deuxième mouvement - septième symphonie de Beethoven

*La petite berceuse de Brahms

Portrait
Fugue de Prélude choral et fugue de C. Franck

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Lettre à Michael Schonwandt

Le 08 novembre 2018 à 14:14 par Olivier Bellamy

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Cher Michael Schonwandt,

S’il y avait quelque chose de pourri au royaume du Danemark selon ce bon vieux Hamlet, il y a bien quelque chose de béni à l’Orchestre de Montpellier Occitanie grâce à l’arrivée d’un chef danois : vous-même.
Comme dirait votre compatriote Andersen, vous avez remis la Petite Sirène sur ses jambes, rendu le sourire à la Petite Fille aux Allumettes et transformé un Canard en beau cygne occitan.
Chef d’orchestre lyrique et symphonique dans une maison qui affiche les deux ambitions, vous faites chanter les violons et cuivrer les voix.
Mais avant tout, vous avez rendu confiance à une institution financièrement fragile et, c’est un comble, apporté le soleil dans les cœurs, vous l’homme du Nord.
Dans la ville où Rabelais fut médecin, vous guérissez les oreilles et charmez les esprits.
Alors on peut dire, cher Michael Schonwandt, que le département de l’Hérault tient son nouveau héros et qu’autour de celui de l’Aude, c’est l’ode à la joie qui résonne chaque jour que fait le Dieu Musique.
Programme :
Léo Delibes Les Filles de Cadix avec Natalie Dessay - Berliner Sinfonie Orchester dirigé par lui-même (EMI Classics)
- Franz Schubert Symphonie n° 3 dernier mouvement (Presto vivace) avec le Wiener Philharmoniker dirigé par Carlos Kleiber

- Robert Schumann Concerto pour piano en la mineur opus 64 enregistré par Amalie Malling pour Chandos

Portrait / Mystère
Nielsen : Symphonie n° 4 “L’inextinguible”

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Lettre à Sheila

Le 07 novembre 2018 à 10:56 par Olivier Bellamy

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Chère Sheila,
Vous ne vous en souvenez probablement pas, mais la première fois que nous nous sommes rencontrés c’est à la clinique Bouchard de Marseille, car je suis né quand vous avez débuté. Pour vous, l’école était finie et pour moi la vie commençait. Ma grand-mère m’a raconté que je chantais « Le folklore américain », oh juste le refrain (ling ling ling) debout dans ma poussette, depuis le cours Puget jusqu’au boulevard Bompard. Les Marseillais savent que ça fait une sacrée trotte.
Vous avez rythmé ma vie. Ma première dent de lait, c’était Bang Bang, ma première communion Petite fille de Français moyen et nous avons quitté Marseille pour la région parisienne en chantant à tue-tête les Rois mages dans l’Ami 8.
Les années ont passé, je n’ai pas cessé de vous aimer. D’abord il faut vous dire que j’habitais dans un petit village d’Eure et Loir où les distractions étaient rares. J’ai suivi votre mariage sur le poste de télévision noir et blanc. Je n’étais pas forcément pour, mais comme vous ne m’aviez pas demandé mon avis, je n’ai rien dit. Mais j’ai continué à vous écouter, car vous mettiez des mots simples sur des mélodies entraînantes et vous parliez d’amour d’une façon qui me touchait. Je ne connaissais pas encore Proust et Aragon, je n’écoutais pas encore Schubert et Barbara, Maria Callas et Margot Fonteyn m’étaient encore inconnues, donc vos chansons m’allaient très bien. Et quand vous passiez chez Guy Lux ou Michel Drucker, je peux dire que le soleil entrait dans la maison, celui justement que nous avions perdu en déménageant.
Et quand je vous revois aujourd’hui, chère Sheila, je vois une artiste qui a traversé des joies et des malheurs, qui est resté quelqu’un d’authentique, et je revois aussi mon enfance, quand j’écoutais tout seul dans ma petite chambre dix fois, vingt fois, cent fois : « Tout me fait mal quand tu t’en vas / Je n’en veux pas d’autre que toi. » Moi qui ne connaissais encore rien à l’amour, mais qui grâce à vous l’a découvert de manière naïve et je crois profonde puisqu’au fond de mon cœur je n’ai rien oublié.
Programme :
J. S. BACH Concerto Brandebourgeois N°5 en ré majeur. 1er mouvement allegro.
Telemann : Flute concerto en Ré …. Mouvement andante Excellent le matin lorsqu’il fait beau avec le chant des oiseaux ..

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Lettre à Elie Semoun

Le 07 novembre 2018 à 10:54 par Olivier Bellamy

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Cher Elie Semoun,
Nous nous sommes croisés récemment à une représentation du Crépuscule des Vieux, pardon, du Crépuscule des dieux de Wagner, à la Philharmonie de Paris.
Vous aviez l’air heureux comme un enfant devant un jeu video, je me sentais, moi, fatigué et perdu comme un vieillard devant le même jeu video en version japonaise sous-titré en serbo-croate.
C’est quand même un comble. Moi le connaisseur, l’amateur : largué. Vous l’amuseur, vous délectant d’un chef-d’œuvre en face duquel, je le confesse, j’ai toujours trouvé porte close.
Tout ce qui m’apparait comme un salmigondis baroque de divinités antédiluviennes résonne en vous de manière aussi familière que des répliques des Tontons Flingueurs pour un président la république en exercice. Et en un mot comme en cent, ça m’agace, ça m’horripile, ça m’exaspère.
Il faut dire que vous étiez accompagné d’une présence féminine auprès de qui vous pouviez aisément confondre l’exaltation de la musique avec la passion de la chair. Et j’étais moi, seul, désespéré de ne pouvoir attraper ne serait-ce que des miettes du sublime dont vous vous goinfriez avec une ostentation proche de l’indécence, car vous étiez vautré dans le divin, affalé dans l’extase, avachi de béatitude, repus, ventru, landru. Alors dites-moi, Elie Semoun, qu’avez-vous fait, à part vendre du beurre aux Allemands, pour aimer ce que Yehudi Menuhin nommait un caoutchouc.
Programme :
Je te veux ( Erik satie)
Pavane pour une infante défunte (Ravel )

You must believe in spring ( Bill Evans)
Lettera ( Camelia Jordana)

Portrait :
Saint-Saëns : « Fossiles »

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Lettre à Samuel Le Bihan

Le 03 novembre 2018 à 10:57 par Olivier Bellamy

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Cher Samuel Le Bihan,
Vous avez toujours été engagé. Dans votre métier, dans vos rôles, mais également dans vos combats. Jean-Christophe Rufin se souvient de votre participation dans Action contre la faim, puis dans la lutte contre la pollution par les déchets plastiques, contre le noma, la maladie qui touche les enfants pauvres. Ou encore comme parrain du projet Moteur.
Aujourd’hui nous apprenons qu’un combat plus intime a mobilisé vos forces en élevant une enfant autiste dans un pays où les mentalités sont longues à bousculer.
C’est un parcours du combattant que vous racontez dans « Un Bonheur que je ne souhaite à personne », mais c’est d’abord un hymne à l’humanité.
D’autres l’ont dit avant moi : entre autiste et artiste il n’y a qu’une lettre de différence. C’est donc bien que d’une blessure peut naître la lumière. Et s’il y a des théâtres et des conservatoires pour que les seconds donnent le meilleur d’eux-mêmes, il est temps de comprendre ce que les autistes peuvent apporter au monde.
Et un artiste n’est pas le plus mal placé pour nous faire ressentir combien une société peut s’enrichir à soutenir les plus inadaptés d’entre nous.
Programme :
Classiques:
- Pavarotti Nessun Dorma
- Stabat Mater Pergolesi

Madeleines :
- Milles Davis :  Ascenseur pour l’échafaud
- Chet Baker : My funny Valentine

Portrait
Cavaliera Rusticana « Intermezzo »

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