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Cher Jérôme Bastianelli,
Je vous suis infiniment reconnaissante d’avoir réhabilité la mémoire de mon père Georges Vinteuil, connu pour avoir inspiré Marcel Proust par sa célèbre sonate. J’ai lu si souvent, et sous la plume de personnes apparemment très informées, qu’il avait été influencé par César Franck, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns ou même Schubert ou Wagner que je suis heureuse que vous ayez enfin rétabli la vérité, à savoir que ce sont Franck, Fauré et Saint-Saëns qui se sont inspirés de la musique de mon père. Cela crève les yeux, si j’ose dire, quand on a un peu d’oreille, mais il faut croire que notre pays est aveugle et sourd dès qu’il s’agit de musique.
J’ai trouvé brillant que vous attribuiez à Tchaïkovski une paternité sur la sonate. Mon père a bien assisté à une représentation du Lac des cygnes qui l’a enthousiasmé. Quant à savoir si cette émotion a influé sur la sonate, vous êtes peut-être vous-même trop marqué par votre livre sur Tchaïkovski. On a tendance à être musico-centré et c’est humain. La vérité sur la petite phrase, je vais vous la dire et vous allez être la première personne au monde à le savoir. Mon père, dont vous connaissez l’adoration qu’il avait pour ma personne, m’avait demandé d’improviser quelque chose sur le piano. Ce que j’ai fait n’était pas bien fameux, mais son amour pour moi a tout transformé et fait naître ce thème qui a fait couler tant d’encre.
Voilà, cher ami, faites ce que vous voudrez de cette confidence, révélez-la au monde ou gardez-la pour vous. Vous avez toute ma confiance.
Albertine Vinteuil
PS (Pauline est un pseudonyme que j’avais utilisé pour les Mémoires de mon père. Je livre le cadeau de mon véritable prénom au président des Amis de Marcel Proust avec amitié et gratitude.

Programme :
Bach, concerto pour deux violons, mouvement lent (si possible dans l’interprétation Stern/Perlman)

Haydn, Symphonie n° 6, le matin, finale (si possible dans l’interprétation d’Antal Dorati)

- les musiques que j’aime :

N’importe quel extrait du Lac des Cygnes, par exemple l’adage du 2e acte ou le finale du 4e acte ;

La cinquième danse des Chansons et danses de Federico Mompou (ou la cinquième “chanson et danse” si on a le temps de garder les deux). Par exemple par Mompou lui-même, ou par Jordi Maso.

Portrait : Sonate de Franck (1er mvt) Ferras/Barbizet

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Lettre à Jacques Weber

Le 19 mars 2019 à 22:28 par Olivier Bellamy

Cher Jacques Weber,
Dieu s’est amusé à tourner le film Amadeus. Il a donné le rôle de Mozart à Gérard Depardieu et à vous celui de Salieri.
Regardez : vous étiez l’acteur le plus doué de votre génération. Prix d’excellence au Conservatoire de Paris. La Comédie française vous accueille, vous refusez, scandale, le Théâtre populaire de Robert Hossein est à vous. Votre carrière est lancée.
C’était compter sans Dieu qu’on dit « Bon ». Bon peut-être, mais pas avec les prix d’excellence. Ça énerve le Bon Dieu, l’excellence.
Vous jouez Cyrano 500 fois, c’est le rôle de votre vie. Et à qui Jean-Paul Rappeneau donne le rôle à l’écran. Fallait-il manquer de nez ! A un ancien voyou. A un Grandgousier que Dieu a mis sur terre pour vous tourmenter. Et comme sa cruauté est sans limite, il vous donne le rôle de Guiche, pour assister au triomphe de l’imposteur dans le carré d’or. Et vous avez même eu un César. Quelle salade !
Et Monte-Cristo ! Vous parle-t-on encore de Monte-Cristo ? Non, Dieu vous a fait le coup du « Tu es monté Cristo, eh bien descends maintenant ». Et qui a-t-il mis à votre place dans le film de Josée Dayan ? Depardieu, pardi. Que vous avez surnommé « Depardiable ».
Vous avez fait ensuite Bel Ami de Maupassant. Et pour vous agacer, Dieu, toujours Lui, a soufflé à Claude Chabrol d’appeler son personnage Bellamy. Exprès pour vous rendre fou. Et qui met-il sur votre chemin, ce soir ? Un autre Bellamy, une mouche du coche, comme si l’autre cochon, ce n’était pas suffisant.
Pour vous venger, vous avez décidé de ne plus croire en Dieu. Vous appartenez au Diable et vous votez Mélenchon. Ah il a mis Mozart sur votre route, eh bien vous qui portez le nom de la femme de Mozart, Constance Weber, eh bien vous lui survivrez, vous hériterez de tout, et vous vous même paierez le luxe de réciter son panégyrique à son enterrement. La vengeance est un plat qui se mange froid. Et Monte-Cristo, ce jour-là, ce sera vous et rien que vous.

Programme :
1) quatuor à corde Beethoven n° 1
2) trio divertimento K 563 Mozart (1er mvt)
 
Madeleines :
1) orphelin à trente ans de Brassens par Maxime leForestier
2) île aux mimosas Barbara par Depardieu 

Air du Toréador
 

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Lettre à Alex Vizorek

Le 15 mars 2019 à 23:21 par Olivier Bellamy

Cher Alex Vizorek,
Pardonnez la liberté que je prends de vous écrire, alors que je ne sais pas parler le belge. Déjà que les Français ont une réputation d’arrogance, et que votre susceptibilité est très chatouilleuse, à juste titre, je tremble à l’idée que vous pensiez, en votre for intérieur : « Il aurait quand même pu faire l’effort d’apprendre le belge. » Je reconnais, c’est très mal élevé. Je ne sais que fumer du belge, mais je n’ai pas appris la langue. C’était en option à l’école. Et j’ai préféré apprendre le suisse. Honte à moi.
Je ne sais dire que : « encore des frites, une fois », mais sans l’accent, je ne suis pas sûr que vous me compreniez. Je dirais même plus, que vous me compreniez. Je connais aussi une contrepèterie belge : « Il fait beau et chaud », mais la traduction n’est pas bonne.
Alors je sens que cette lettre va vite tourner court. Mais pour ne pas ajouter l’impolitesse à l’arrogance, je vais quand même vous écrire une lettre…
La lettre A.
A comme Alex, A comme Art, parce que je sais que vous en connaissez un rayon, et puis A parce que c’est une lettre qui ressemble à la tour Eiffel, et si on ne fait un peu d’ethno-centrisme, vous allez être déçu. Vous allez penser que nous sommes devenus gentils, les Français, modestes, et presque fréquentables. Et du coup, qu’est-ce que vous allez bien pouvoir dire sur nous.
Pour vous venger d’être né dans un pays où les enfants apprennent la couleur bleue en regardant un ciel gris, un pays où on leur dit qu’une pipe n’est pas une pipe, et que si les Français viennent s’installer chez vous à cause de la qualité de vie.
Et puis je vais arrêter d’essayer d’être drôle, parce que vous êtes en train de vous dire : pour supporter une vie de m…, nous n’avons que l’humour, et même ça ils essaient de nous le piquer. Alors promis, j’arrête.

Programme :
Classique :
Pierre et le Loup Prokofiev  
Suites de Bach au violoncelle

Madeleines 
Vincent Delerm L’heure du thé
Hervé Vilard Nous

Hoffnung : Surprise Haydn

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Lettre à Clémentine Autain

Le 15 mars 2019 à 00:50 par Olivier Bellamy

Chère Clémentine Autain,
Comme beaucoup de gens, je l’avoue piteusement, j’ai oublié Dominique Laffin, votre mère, qui a eu une carrière d’actrice fulgurante dans les années soixante-dix et qui a tourné avec Claude Miller, Jacques Doillon ou Claude Sautet. Elle a incarné une époque avec son désir de liberté et ses excès. Elle nous rappelle aussi le mythe d’Icare, qu’à trop s’approcher du soleil, on finit par s’y brûler.
Et puis ce qui m’a passionné dans ce livre, c’est vous. La manière dont vous avez si longtemps fait une croix sur elle. Votre parcours sans elle, mais quand même avec elle. Et puis comment, petit à petit, vous partez à sa recherche. Vous menez votre enquête et vous ouvrez la boite de Pandore.
S’il est vrai qu’on devient adulte une fois qu’on a pardonné à ses parents, comme disait Goethe, c’est important de se dire qu’on peut continuer la relation avec quelqu’un qu’on a aimé malgré sa mort et à tout âge. C’est aussi bénéfique de se réconcilier avec l’enfant qu’on était pour mieux vivre avec l’enfant qu’on continue d’être.
Mais le plus touchant, c’est cette lettre d’amour que vous envoyez à votre mère. Cette drôle de maman, à la fois unique et ressemblant pourtant à toutes les mamans du monde, qui semble dire à vos lecteurs ce message qui est sur la couverture et qui vous est adressé : « Dites-lui que je l’aime ».

Programme :
Pour les classiques :
- Symphonie 39 de Mozart, adagio allegro
https://www.youtube.com/watch?v=Q5WOrSbJvy0
- Gonzales Chilly – Solo Piano 2 Gentle Threat
https://www.youtube.com/watch?v=16vEIga3NWo
 
Pour les madeleines :
- Aretha Franklin - Think
https://www.youtube.com/results?search_query=aretha+franklin+think
- Barbara – La Gare de Lyon
https://www.youtube.com/watch?v=2vABvrHgsps
 

 
Brahms : Requiem Ihr habt nun Traurigkeit (Janowitz ou Schwarzkopf)

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Lettre à Gaspard Proust

Le 14 mars 2019 à 00:39 par Olivier Bellamy

Cher Gaspard Proust,
Je me suis laissé dire qu’en tant que slovéno-suisse, vous parliez plusieurs langues. Peut-être faites-vous des spectacles en Allemagne sous le nom de Gaspard Goethe et en Italie sous le nom de Gaspardo Dante. Quoi qu’il en soit votre succès en France prouve que personne n’a eu peur que vous fassiez des phrases trop longues, ce qui prouve l’état d’inculture crasse dans laquelle est tombée notre pays. J’ose à peine dire que vous avez inventé « le petit pan de rire jaune » de peur que personne ne comprenne.
J’ai vu que vous défendiez la musique classique tout en comparant Arthur Rubinstein à Julie Lescault. Du coup, je vous ai apporté l’intégrale de Richard Clayderman. Ça peut vous amuser.
Vous faites quand même un beau métier. Vous dites tout ce qu’il est interdit de dire et au lieu de vous coller une amende, on vous paie.
Vous êtes méchant et l’on vous aime. Peut-être qu’Oscar Wilde a raison quand il dit que la méchanceté est un mythe inventé par les gentils pour expliquer le délicat attrait de certaines personnes.
Ah ! quelquefois vous vous contentez de décrire fidèlement la réalité. Le public rit. Et les journalistes disent que vous êtes réactionnaire. L’enchaînement de ces trois phrases paraît échapper à toute logique. Mais il faut reconnaître que la vie n’est pas très logique non plus. D’où votre succès.
Le jour où le public ne rira plus, soit nous serons devenus parfaits, soit ce sera la dictature. Alors que Dieu vous prête longue vie Gaspard Proust.

Programme :
Classique : 
liszt “vallée d’oberman” par horowitz ou arrau.  
Bach : kunst der fugue, contrapunctus 1 par Tatiana Nikolayeva.
ou passacaille (orgue)

Madeleines ; 
Dionne Warwick
Wagner isolde liebestod par Kirsten Flagstad / Furtwängler

Portrait
(ma) Sacre du printemps

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Lettre à Renaud Capuçon

Le 12 mars 2019 à 23:29 par Olivier Bellamy

Cher Renaud Capuçon,
Une étoile est faite pour briller. C’est sa mission, c’est sa beauté. Parfois elle éclaire comme l’étoile du Berger. Parfois encore elle réchauffe comme le soleil.
Et puis il y a les étoiles qui n’ont pas la patience d’attendre qu’un allumeur de réverbères les allume et les éteigne au gré de sa fantaisie. Ce sont aussi des étoiles qui n’ont pas envie de briller seules ou contre les autres. Qui n’ont pas de revanche à prendre sur la galaxie. Alors au lieu d’être un minuscule point dans l’immensité de la nuit et de se croire au centre de la voie lactée, autant affronter les astéroïdes et s’associer pour faire entendre la musique des sphères. Construire une Grande Ourse. Commencer par une Petite Ourse, avec un goût pour le miel. S’abreuver aux sources les plus pures. Attirer à soi la lumière des plus grands astres pour mieux faire briller son Chariot. Raviver des étoiles éteintes, remettre des planètes oubliées dans la lumière, et puis aider les jeunes étoiles à se faire connaître, les empêcher de sombrer dans un trou noir.
Sans oublier d’être responsable de sa rose, d’arroser ses volcans, d’apprivoiser les renards et de faire chanter les étoiles.
Je ne sais pas si vous avez compris quelque chose à ma petite fable, mais je crois que les auditeurs de Radio Classique qui ont lu Saint-Exupéry et qui ne voient bien qu’avec le cœur ont reconnu un petit prince de la musique.

Programme :
Musique Classique
Nelson Freire, mouvement lent du concerto pour piano n°2, Chopin
Peter Serkin, Variations Goldberg de Bach
 
Madeleines
Extraits de Cinéma Paradiso bande originale
Symphonie n’° 4 de Mahler, par Abbado (début)
 
Portrait
Octuor de Mendelssohn

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Lettre à Franck Ferrand

Le 12 mars 2019 à 11:46 par Olivier Bellamy

Cher Franck Ferrand,
Vous êtes né à Poitiers où un certain Charles Martel s’est distingué dans des hauts faits qui sont aujourd’hui controversés, si vous me passez l’expression. Est-ce cet événement qui a décidé de votre vocation de raconter les petites histoires de la grande Histoire, si j’ose dire ? Mystère et boule de gomme.
Mais peut-être est-ce un jour où, puni de n’avoir pas appris votre leçon et entendu votre instituteur vous dire : « Souviens-toi du vase de Soissons » que tout a commencé.
En entrant dans le terrain miné de l’Histoire, où les combats font rage entre historiens, vous vous êtes peut-être dit : « A cœur vaillant, rien d’impossible. » Ou paraphrasant Clemenceau : « L’histoire est une chose trop grave pour être confiée aux historiens. »
Quoi qu’il en soit, les Français se sont ralliés à votre panache blanc et vous avez longtemps fait la pluie et le beau temps, si vous me passez l’expression, sur une chaîne de radio concurrente.
Et puis un jour, ce fut la longue retraite de Russie. Avez-vous murmuré comme Louis XIII « C’est chose étrange que la légèreté des Français » ou comme François 1er : « Tout est perdu, fors l’honneur », vos biographes en discutent encore. Mais ce qui est sûr c’est que vous avez franchi notre Rubicon et lancé votre fameux « Qui m’aime me suive ». A ceux qui vous appellent ailleurs, vous répondez tel Mac Mahon : « J’y suis, j’y reste. »
Et bien à mon tour de vous dire : « Entre ici, Franck Ferrand et ton cortège de tragédies, de fuite à Varenne et de ferrets de la reine. » Et continuez à nous raconter toutes ces guerres de Troie avec talent. Talent d’Achille évidemment.

Programme :
- la sonate le Printemps de Beethoven 1er mvt
- Liebestod Wagner (J. Norman / Karajan)

Parmi les madeleines possibles : 
- l’adagio d’Albinoni (mon premier disque)
Madame de Barbara

Portrait : Menuet de Boccherini

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Lettre à Macha Méril

Le 09 mars 2019 à 01:02 par Olivier Bellamy

Mon amour chéri,
Le paradis est bien comme je l’imaginais. Formidable ! Lorsque je ne compose pas, je suis avec toi. Exactement comme sur terre, les embêtements et les impôts en moins.
J’ai croisé Aragon. Il me parle d’Elsa, je lui parle de toi. Ainsi il se remet à écrire et moi à composer. Quelle chance, j’ai eu de te rencontrer. Tu es mon autre moi-même. Mon amour, ma mère, ma sœur, mon frère.
Tu vas rire. J’ai croisé Prokofiev. Nous avons fait une partie d’échecs. Je lui ai demandé s’il avait vu Boulez. Il m’a dit : « Qui ça ? »
Ah, j’ai revu Nadia Boulanger. Elle m’a engueulé. Je lui ai dit : « Vous aussi, vous m’avez manqué. » Elle passe son temps à faire des fugues avec le père Bach. Ils sont inséparables.
J’ai fait un quatre mains avec Mozart. Il m’a dit : « Jouez-moi Les Demoiselles de Rochefort. Ah, si j’avais eu un livret comme ça, j’aurais écrit dix opéras. »
J’ai écouté ces beaux chants orthodoxes que tu as fait jouer pour moi. Quelle merveille ! Et pourtant, comme tu sais, je n’aime pas beaucoup les célébrations. La mort m’ennuie, je n’aime que la vie.
C’est d’ailleurs ce qui m’a plu en toi. Surtout ne sois pas triste. Ris, pleure, chante, fais l’amour, cours sous la pluie, joue, bois du vin, amuse-toi, mais vis, je t’en supplie, mon amour chéri, vis !
Tu remarqueras que je n’ai pas mis de « e » à amour et à chéri.
Le genre, on s’en fout, car tu es quelqu’un dans mon genre, comme disait Jouvet, en tout temps et en tout lieu. A toi. Michel

Programme :
Classiques: 
Requiem de Duruflé
Concerto piano de Ravel 2e mvt.

Madeleines : 
Trenet Mes jeunes années. 
Michel Legrand chante Dans le même instant (Drejac. Legrand) ds le coffret Universal. 

Portrait : Scène du Couronnement de Boris Godounov

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Lettre à Marc Jolivet

Le 07 mars 2019 à 23:52 par Olivier Bellamy

Cher Marc Jolivet,
Je suis musicien dans un orchestre parisien et je tiens à garder l’anonymat. Comme notre directeur musical est bientôt sur le départ et que j’ai vu dans la presse que vous aviez dirigé l’orchestre Comic Symphonic, je me suis dit que vous pourriez peut-être vous porter candidat chez nous.
Nous avons déjà eu quelques farceurs comme chefs invités, mais ils ne nous ont jamais fait beaucoup rire. Et comme la mode est à l’authentique, quitte à avoir un clown, autant en avoir un vrai.
Nous sommes assez motivés pour faire de la bonne musique, ce que nous cherchons c’est quelqu’un dont les gestes ne nous empêchent pas de jouer ensemble. Comme souvent la chorégraphie des chefs s’adresse plus à la salle et aux journalistes qu’à nous-mêmes, nous serions libérés d’un poids. Et vous au moins, vous nous feriez marrer pendant les répétitions.
Nous avons un pupitre de cordes où il n’y a pas que des joyeux drilles, mais vous saurez les dérider. Sinon vous devriez bien vous entendre avec les cuivres qui ne sont pas les derniers à faire des blagues. Notre hautbois solo les trouve un peu vulgaire, mais c’est un raffiné, vous voyez le genre. En tout cas, vous seriez surpris par notre trompettiste qui pourrait vous aider à écrire vos sketches. Et notre clarinettiste qui excelle dans les gammes montantes possède également une bonne descente. Lors des tournées, dans le car, c’est appréciable.
Bon il faut que je vous laisse, c’est bientôt le moment de mon solo. Je vous dis à bientôt, maestro.

Programme :
MADELEINE 
Freddy MERCURY Bohemian
Jacques BREL Fanette

CLASSIQUE 
Le concerto pour orchestre de Bela Bartok que j’ai découvert à l’âge de 10 ans 
Et le sacre du printemps que j’ai eu la chance de diriger pendant quatre minutes avec 80 musiciens de l’orchestre de Paris à Royan pour un violon sur le sable

Portrait
Sy du Nouveau Monde 4e mvt

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Lettre à Hugo Clément

Le 06 mars 2019 à 00:38 par Olivier Bellamy

Cher Hugo Clément,
Certains se demandent si c’est parce que vos dents ne peuvent plus manger de viande qu’elles en réduites à rayer le parquet. Ce que la jalousie peut faire dire !
D’autres encore prétendent que depuis que vous avez remplacé le bifteack par le jus de pastèque, vous avez le melon. Ne répondez pas. Méprisez.
D’autres encore murmurent qu’avec toutes les couleuvres qu’on vous fait avaler, vous avez largement votre dose de protéines. Ce sont des langues de vipère.
Il faut dire qu’avec un prénom qui évoque un grand écrivain et un nom qui fait penser à un pape, c’est difficile d’être modeste.
Pourtant il se dit que vous êtes plus accro à Instagram qu’à La Légende des siècles, et que vous fréquentez plus les soirées people que le Vatican. D’ailleurs, avec la belle gueule que vous avez, si vous vous rendez place Saint-Pierre, assurez vos arrières.
A part ça, j’aime beaucoup ce que vous faites. N’écoutez pas les mauvaises langues, et nous essaierons de ne plus les manger, même avec la délicieuse sauce gribiche.

Programme :
Deux choix de mon enfance :
- “La nuit je mens” de Bashung, que mon père écoutait tout le temps
- “The Seed” de The Roots (2002), en boucle dans le baladeur en allant au collège 
 
Deux choix de musique classique :
- Stabat Mater de Pergolèse, que mon prof d’éco m’a fait découvrir 
- Nocturne n3 de Chopin, seule mélodie qui me calme en toute circonstance
 
« I bought me a cat » Marilyn Horne

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ombre